‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 79 sur 356 · XIII AOUT · texte numérisé non relu

XIII AOUT

Le treizième jour d'août, lisons-nous dans une ancienne traduction du Ménologe de la Compagnie, « mourut le très innocent Jean Berchmans, flamand de nation, ange pour ses mœurs, illustre par la pureté singulière qu'il reçut du ciel et qu'il conserva jusqu'au dernier soupir de sa vie, par la garde étroite de ses sens, par sa religieuse exactitude à tous ses devoirs, son afl'ection sensible pour toutes les choses de Dieu, et en particulier sa tendresse de fils envers la Mère des vierges. Il passa de la terre au ciel au Collège Romain l'an 1621, avec la réputation d'une perfection consommée et chargé de mérites. Il voulut en mourant tenir le crucifix, le chapelet et le livre des règles, pour nous montrer ce qui avait fait ses délices pendant sa vie, et ce qui est la consolation d'un véritable religieux de la Compagnie ». Béatifié par le Souverain Pontife Pie IX, Jean Berchmans a été quelques années plus tard solennellement inscrit par Léon XIII au catalogue des saints.

Vies de saint Jean Berchmans, Cf. Carayon, Biblioth. histor. S. J. n. 1549-1572, p. 220. — Cordar.v, Histor. Societ. Jesu, part. 6^ , lib. 6, n. 11, p. 283. — Nadasi, Ann. dier. memor., 13* aug., p. 100. — Drews, Fasti..., 13* aug., p. 310. — d'Oultreman, Tableaux des personnages si-

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gnalez..., p. 384. — Imago prinii saeculi, p. 38, 171, 594, 881. — Ménologe de la Compagnie..., traduct. ms., 1747 (Arch. dom.). — Divers Ménol.

* Le treizième jour d'août de l'an 1629, mourut à Anvers en se dévouant au service des pestiférés le P. Adrien De la Croix, né à Gand. Il aspirait depuis long-temps à cette fin glorieuse. Aussi toutes les fois qu\in mal contagieux venait à se déclarer, il s'empressait de courir au secours des malades, dans l'espérance de cueillir la palme saintement désirée. En attendant, il s'exerçait au lent martyre de la pénitence et de l'abnégation. Souvent, quand il se flagellait, on l'entendait s'animer lui-même à frapper sans miséricorde par le souvenir des souffrances du Sauveur : Adriane, disait-il, sanguineni pro sanguine. Il n'allait au confessionnal que revêtu d'un rude cilice ; et quand il voyait à ses pieds quelque pécheur insigne, il le traitait avec toute la mansuétude du bon Pasteur, et se chargeait ensuite lui-même en grande partie de la satisfaction du coupable.

Le P. De la Croix avait une dévotion très tendre à la bienheureuse Vierge. Une de ses pratiques de mortification en son honneur était de se priver toute l'année d'une certaine espèce de fruit plus agréable à son goût. Ce bon serviteur de Dieu et de sa sainte Mère mourut très pieusement à l'âge de cinquante-deux ans, dont il avait passé trente-deux dans la Compagnie.

Summar. vîtes defunct. Prov. flandr.-helg. (Arch. Rom.}. — Cordara, Histor. Soc, part. 6*, lib. 14, n. 106, p. 302. — Nadasi, Ann. dier., 13* aug., p. 101. — Drews, Fasti, 13* aug., p. 310. — Patrignani, MenoL, 13 agost., p. 110.

* Le treizième jour d'août de l'an 1636, le P. Jourdain Wencom mourut à Amersfoorst en Hollande. Il était né dans cette même ville trente-sept ans auparavant ; à dix-sept ans, malgré les larmes et les supplications de sa mère, hérétique ardente, il était entré au noviciat. Ce fut seulement après son sacerdoce qu'il fléchit l'irritation de cette pauvre égarée, en qui s'unissaient et la douleur d'avoir perdu son fils et le dépit de le voir sous une livrée odieuse. Il la convertit à la vraie foi et, lorsqu'elle fut près de sa fin, l'assista lui-même et la remit entre les mains de Dieu non seulement résignée, mais heureuse du sacrifice que lui avait demandé Notre-Seigneur.

L'apostolat du P. Wencom auprès de ses compatriotes catholiques ou protestants ne fut pas moins fructueux. Sa douceur, sa charité, l'aftabilité de ses manières, jointes à l'oraison et à de très rigoureuses pénitences, étaient les armes auxquelles il devait ses conquêtes. Il se flagellait avec une sorte de cruauté, jusqu'à marquer de son sang le pavé de sa chambre. Furieux des pertes qu'il leur faisait subir, les hérétiques l'accusèrent de trahison. Le P. Wencom fut arrêté et emprisonné ; mais dans sa captivité et devant ses juges, il fit paraître tant de calme, de patience et de magnanimité qu'il n'eut presque pas besoin d'autre preuve pour démantrer son innocence, et obtenir sa mise en liberté. Le prince d'Orange était dans l'admiration de son courage : « Cet homme, disait-il, est fait pour commander aux troupes, plutôt que pour s'occuper des mômeries catholiques ». Une mort héroïque termina cette belle vie. La peste s'étant déclarée à Amersfoort, le

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