‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 95 sur 356 · XIX AOUT · texte numérisé non relu

XIX AOUT

Le dix-neuvième jour d'août de l'an 1653, mourut saintement au milieu des pestiférés de Vilna le Frère Goadjuteur François Gra- BOWSKI, dont les vingt-huit années de vie religieuse avaient été presque entièrement consacrées au soin des malades et des mourants. Il s'appliquait à les soulager, comme il aurait voulu soulager les souffrances mêmes de Notre-Seigneur, avec toutes les délicatesses de la charité, n'épargnant ni fatigues, ni veilles durant les nuits entières. Quand il était h bout de forces, il ne connaissait point de soulagement et de remède plus infaillible, disait-il, que la récitation de son chapelet ; pieuse et douce pratique qu'il répandit, non seulement parmi les malades, mais encore parmi les habitants des campagnes occupés aux durs travaux de la terre ou à la garde des troupeaux. Le F. Grabowski mourut à l'âge de cinquante-deux ans.

Summar. vitac defunct. Provinc. Lithuan. [Archiv. Rom.). — PoszakowsKi, Societ. Jesu lithuan., p. 239. — Alegambe, Heroes et Victim., p. 490.

* Le dix-neuvième jour d'août de l'an 1710, mourut à la maison professe de Vilna, en se dévouant au service des pestiférés, le P. Thomas Jassudowicz, au nom duquel il convient d'ajouter ceux de plusieurs religieux de la même maison, émules de son héroïsme et moissonnés dans l'espace de peu de jours, les PP. Jean JuDZ, Balthasar Jaworski, André Molski, et les Frères Coadjuteurs Stanislas Dowgin, Georges Mardewald et Martin Nieczay. La peste s'était abattue sur la Litliuanie et en particulier sur Vilna, avec une violence extrême, et y faisait de tels ravages qu'en peu de temps la ville parut comme déserte, tant était grand le nombre des fugitifs et des morts. Dans ces tristes circonstances, les Nôtres firent vaillamment leur devoir et, sans égard au danger, prodiguèrent aux malades les secours spirituels et corporels.

Le P. Jassudovs'icz succomba le premier ; il était petit de taille, mais portait un grand cœur, consumé de l'amour de Dieu et des hommes. Ses compagnons étaient dignes de lui. Pour n'en citer que deux, le P. André Molski s'animait à ne s'épargner en rien par l'exemple du divin Maître : « Si Dieu Notre-Seigneur, disait-il souvent, a souffert de la part de ceux qu'il avait comblés de bienfaits, que ne souffrirons-nous pas pour son amour » ? Le F. Martin Nieczay fît paraître une joie incroyable quand il fut désigné pour accompagner les Pères auprès des malades. Il courut aussitôt se jeter au pied de l'autel et remercia Notre-Seigneur de cette grâce insigne depuis longtemps désirée, dans laquelle il saluait un gage assuré de son éternelle prédestination.

Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. (Archiv. Rom.}. — Posza.- KoviSKx. Societas Jesu lithuana^ p. 329.

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