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TROIS VAUDEVILLISTES. — VAUDEVILLE

J'ai lu un ouvrage d'un chimiste distingué , M. Payen, sur les" substances alimentaires. — On y trouve de singuliers détails sur ce que certains de nos compatriotes s'amusent à nous faire manger et boire sous d'honnéles dénominations. Il y a plus de quinze ans que je fais celte guerre, dix ans tout seul et avec de médiocres succès, depuis quatre ou cinq ans avec quelques alliés et avec un peu plus de résultats.

On a pris pour des imaginations et des plaisanteries certains faits que j'ai relatés à diverses époques. Plusieurs de ces faits sont confirmés par

M. Pàyen, et on sait que les chimistes ne plaisantent pas.

Il confirme, entre autres, le café de terre glaise en grains, fait dans des moules eUmelé au café véritable, que j'ai dénoncé autrefois.

Il confirme que la chicorée n'a aucune des qualités du café et ne possède d'autres rapports avec la fève d'Arabie que la couleur brune qu'elle donne à l'eau.

Il confirme les falsifications de la chicorée. Laissons-le parler lui-même.

« Ces falsifications sont nombreuses ; elles s'effectuent surtout en torréfiant avec les racines de la chicorée une quantité notable des épluchures, des radicelles chargées de terre, divers débris ligneux, du tan épuisé (mottes à brûler), de la sciure de bois, de l'orge brûlé, du cinabre et de l'ocre rouge. ■>

Il s'est formé à Londres une société véritablement philanthropique. Cette société, qui possède un journal, — The Lancet, — recherche dévoile et poursuit toutes les fraudes commerciales commises sur les substances alimentaires, Un do ses membres achète dans un magasin, fait vérifier le poids <lo La

marchandise, et la livre ensuite à examiner à des chimistes, membres delà société; puis, s'il y a déficit sur la quantité ou tromperie sur la qualité, l'acquéreur poursuit le marchand aux frais de la société.

Une société semblable, établie à Paris au moyen d'une faible cotisation de chacun de ses membres, rendrait d'immenses services à la population ; des sociétés succursales s'établiraient en province, et on ne tarderait pas à voir disparaître les dois et les empoisonnements qui forment l'industrie criminelle de certains marchands et qui sont la ruine du commerce honnête.

Dans le rapport de l'administration des douanes, il est établi que l'entrée du café en France, qui était les années dernières de 350,000 kilogrammes, est descendue cette année à 280,000 kilogrammes.

L'entrée du poivre a diminué dans les mêmes proportions.

C'est avec intention que je dis entrée et non consommation.

Il s'agit de la consommation du vrai café et du vrai poivre.

Nous savons par quoi on remplace le café : par de la racine de chicorée, par des épluchures, par de la terre, par du cinabre, par de l'ocre rouge, par de la sciure de bois et des mottes à brûler.

Je ne suis pas sans inquiétude sur les éléments nouveaux avec lesquels on fabrique le poivre. — Je ne les connais pas. Il est probable qu'on se sert de tout ce qui est d'un gris sale, comme on se sert pour la cbicorée de tout ce qui est brun.

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