L. — Moi , j'ai donné mes idées, je ne peux pas tout faire
D. — - Une autre idée ! on habillera mademoiselle *** en page, de façon qu'on voie ses jambes.
S. —Eh! tout Paris les connaît, les jambes de mademoiselle ***.
D. — Elle les montrera plus qu'elle ne les a jamais montrées.
S. — C'est difficile. . . la dernière fois on les voyait tout entières sous des bas de soie couleur de chair, et d'ailleurs, elles sont loin d'être bien faites, les jambes de mademoiselle ***.
D. — On trouvera moyen de les montrer encore davantage ; les jambes , ça va plus loin qu'on ne croit... voilà pour "la première objection. Pour la seconde, voici ma réponse : Le bourgeois ne s'y connaît pas ; quand une actrice montre résolument ses jambes, le bourgeois se dit : « Si elle n'avait pas les jambes très-bien faites, elle ne les montrerait pas comme ça: donc c'est qu'elle a les jambes trèsbien faites, » — et le bourgeois applaudit les jambes.
S. et L., en chœur :
Air : Du vieux drapeau.
Vivat ! vivat ! qu'il a d'esprit, Qu'il a d'esprit lorsqu'il cause ; Quel malheur que quand il écrit, (le ne soit plus la même chose.
D. aperçoit un rouleau qui sort de la poche de S. ; il passe adroitement derrière lui , tire prestement le rouleau et s'écrie : Un manuscrit !
Ain : J'ai du bon tabac.
S. — (/«'st. un manuscrit, oui la chose est claire,
\i.ii < 'est pa ■ pour rou -, car l 'cal du oanan ; j.- fus très souvent couronné rosière Par l' académie e1 pour du roman •
Je veux voir encor mon front couronné ; Ça c'est en français, c'est propre, soigné... J'ai du manuscrit, mais pour le libraire ; J'ai du manuscrit, mais pas pour votr' nez.
Ah çà, et un sujet ?
D. et L. font tourner leurs pouces.
S. ne tarde pas à les imiter.
Enfin S.— Nous ne trouverons rien aujourd'hui; ajournons-nous à huitaine , — je vais relire un peu Paul de Musset.