‹ Menus propos sur les sciencesChapitre 18 sur 43 · II. — Avk QOin dvi feu · texte numérisé non relu

II. — Avk QOin dvi feu

On ne saurait assez dire aux gens que de tous les moyens de se tenir chaudement le meilleur est un bon vêtement. C'est une vérité que nous allons démontrer tout à l'heure.

Rarement, les procédés de chauffage ordinairement employés remplissent convenablement leur but.

S'agit-il de la cheminée? Chacun a fait cette expérience qu'on s'y chauife trop ou trop peu, trop d'un côté du corps et pas assez de l'autre. *

En outre, la plus grande partie de la chaleur du foyer s'en va par le tuyau de la cheminée, et c'est à peine si dans la chambre on en recueille les six pour cent quand on brûle du bois^ et de douze à quinze

pour cent avec le charbon. Nous parlons, bien entendu, des cheminées ordinaires.

Ajoutons, en passant, que la flamme rayonné moins de chaleur que la braise, et, par conséquent, qu'il est bon de mettre la braise à découvert. Ceux qui brûlent du coke peuvent observer combien ce charbon sans flamme a de pouvoir rayonnant.

81 le chauffage à la cheminée ne constitue pas un procédé économique, en revanche, il est excellent pour ventiler les appartements et pour s'entretenir les pieds chauds tout en laissant la tête ffaiche. Enfin> on peut voir la flamme pétillante et vive qui anime le foyer. D'où il suit que le chauffage par la cheminée est tout à lu fois sairi et agréable,

A propos de chauffage, il nous revient en mémoire ce passage de Saint-Bimon, où il raconte que pour travailler à son aise pendant les grands froids, Louis XIV faisait monter une boite de carrosse dans son cabinet et s'enfermait dans cette boite qui lui servait de cabinet plus intime. * Le grand roi, dans ses im- » menses salons souffrait du froid et s'enveloppait de » paravents au coin d'une cheminée dans laquelle » disparaissait le bois d'une forêt. Madame de Main- » tenon, assise â l'autre coin, devait se couvrir de ») fourrures et s'abriter dans une petite niche porta- » tive qui ressemblait assez âu tonneau des reven- » denses. »

Il y a toute une leçon de physique à faite au coin delà cheminée. Ce qu'on nomme le tirage est le ré* sultat de la dilatation de Tair par, la chaleur. En effet, la couche d'air placée au-dessus du foyer s'é* chauffe, se dilate, devient ainsi plus légère et s'élève,

une autre la remplace et s'élève à son tour. Un véritable ruisseau ou courant d'air, coule du foyer vers le haut de la cheminée. Ainsi, l'air de la chambre s'en va peu à peu, et s'il ne vient pas d'air du dehors pour combler le vide, le courant s'arrête et remonte vers sa source : en un mot, la cheminée fume.

— Mais comment faire arriver de l'air dans la chambre? On ne saurait compter sur les ouvertures accidentelles, sur les croisées ou sur les portes qui ferment mal.

Il faut donc amener l'air à l'aide d'un tuyau qui, par un bout, communique avec le dehors, et par l'autre bout avec la chambre. Ayez soin seulement que le tuyau circule autour du foyer, afin que l'air du dehors s'échauffe avant de vous arriver.

Ce n'est pas un vain ornement que l'encadrement en laiton ou en porcelaine de la cheminée, mais bien un moyen de renvoyer par rayonnement une partie de la chaleur dans la pièce. Les corps réfléchissent d'autant mieux la chaleur quUls sont plus blancs et plus polis.

Quand, placé en face du feu, vous vous servez d'un écran pour garantir votre visage du rayonnement, vous démontrez que la chaleur rayonnante se propage en ligne droite; car le feu, l'écran et le visage sont dans une même direction rectiligne.

Si vous vous éloignez du feu, vous sentez que son intensité diminue à mesure que la distance augmente. A deux mètres^ la chaleur est quatre fois moins intense qu'à un mètre, à trois mètres, neuf fois moins, etc.

La chaleur est-elle trop forte en face? Mettez-vous

sur les côtés de la cheminée ; plus les ' rayons sont obliques, moins ils sont chauds. Cela explique comment un boulet rouge ne chauffe pas plus qu'un disque rouge de même grandeur, et le soleil pas plus que s'il était plat, bien qu'il soit sphérique.

Nous ne vanterons pas la gaîté du chauffage au poêle, chauffage obscur, feu sans flamme, plus économique, il est vrai, que celui de la cheminée. On peut, en effet, utiliser toute ou à peu près toute la chaleur du foyer avec des tuyaux assez longs; on ne laissera ainsi sortir la fumée qu'après qu'elle aura vidé aux trois quarts son sac de chaleur; mais à quel prix! — Restez quelque temps dans une pièce où il y a un poêle de fonte, et vous aurez le mal de tête et la gorge en feu. — Le mal de tête vient du défaut d'air, de la chaleur excessive et des odeurs que dégagent la fonte ou la tôle. — La gorge est desséchée, parce que Vair absorbe d'autant plus de vapeur quHl est plus chaud.

Chaque bouffée d'air que vous respirez dessèche vos poumons, votre gorge et votre palais au moins en partie. Aussi a-t-on la bonne précaution de mettre sur les poêles un vase plein d'eau, pour fournir de la vapeur à l'air de la pièce. Il y aurait une précaution bfen meilleure à prendre, ce serait de supprimer ce mode de chauffage.

Ce qui séduit dans le poêle, c'est la quantité de chaleur produite à peu de frais. C'est là ce qu^on voit ; mais ce qu'on ne voit pas^ c'est ce qu'on dépense chez le pharmacien et le médecin pour combattre les rhumes et les autres affections de poitrine causées par le poêle. D'où il résulte que ce qu'on éco-

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nomise en charbon on le dépense en remèdes.

. Les poêles revêtus de faïence sont préférables aux poêles de fonte; ils chauffent moins, mais ils chauffent mieux. La chaleur passe péniblement à travers la faïence et la quitte difficilement; les corps émettent d'autant moins de chaleur que leur couleur est plus claire^ leur sur face plus polie*

Aussi met-on le thé, le café, le chocolat dans des vases blancs et brillants, tantôt en argent, tantôt en porcelaine, tantôt en métal dit anglais. Si la cafetière ou la théière était de couleur sombre" et si la surface en était rugueuse, le café et le thé ne resteraient pas longtemps chauds. Ajoutons que la porcelaine est rangée parmi les mauvais conducteurs de la chaleur, c*est-à-dire ceux que la chaleur traverse difficilement. On voit par là que' le poêle de faïence a cela de bon, qu*il laisse passer peu de chaleur à la fois et se refroidit lentement. Le poêle de fonte, au contraire, laisse passer tout d'un coup une grande quantité de chaleur et se refroidit rapidement.

Un grand nombre de poêles présentent d*heureuses modifications à la forme primitive, qui permettent d'éviter, au moins en partie, les fâcheux effets dont nous venons de parler. Les cheminéespoêles ou cheminées à la prussienne sont une sorte de moyen terme entre la cheminée et le poêle.

Lorsqu'il s'agit du chauffage de vastes établissements publics ou particuliers, on emploie avec avantage les calorifères à air chaud. On établit dans les caves des sortes de poêles ou plutôt de fourneaux où l'air, venu de l'extérieur, s*échauffe,

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puis se répand dans les diverses parties de l^éta* blissement. Enfin, Teau chaude et la vapeur d*eau sont utilisées dans des circonstances analogues avec plus ou moins d'avantages; mais nous ne saurions insister sur ce point sans nous écarter de notre but, qui est de prouver qu*un bon vêtement vaut mieux qu'un bon foyer, qu*il rend plus dé services et qu'il est plus sain.

Qu'est-ce, d'ailleurs, que notre corps, sinon un foyer, un fourneau où l'on brûle le charbon des ^ .^liments et où se produit une température sensiblement uniforme de 36°?

Il est facile de vérifier que les aliments renferment du charbon ou du carbone^ c'est-à-dire du charbon pur. — Si on laisse brûler le rôti, qu'obtient-on? du cliarbon. — Les fruits, le pain brûlés laissent un résidu charbonneux. — Tout ce qui a une origine végétale, renferme tout naturellement du charbon, puisque le charbon vient du bois. — L'esprit de vin ou l'alcool, qui vient du vin, lequel vient du raisin, a évidemment une origine végétale et se décompose, pendant la combustion, en gaz carbonés.

Mangez du pain, de la chair, des fruits, des légumes, buvez du vin ou de Teau-de-vie, vous introduirez dans votre corps une certaine quantité de carbone; tantôt plus, tantôt moins, suivant les aliments. Le vin, les liqueurs peuvent être considérés comme plus carbonés que les autres aliments.

C'est là le carbone qui, en brûlant, produit la plus grande partie de la chaleur de notre corps.

Aussi les habitants des pays chauds sont-ils natu*

rellement sobres et absorbent-ils peu d'aliments carbonés, tandis que les septentrionaux mangent beaucoup et boivent encore mieux pour entretenir leur feu et résister- aux intempéries.

Pour brûler ce carbone, Tair du dehors pénètre dans le corps par la bouche, la trachée, les bronches et les pounions. De là vient que plus la respiration est active, plus la chaleur est grande et plus le sang est fiche ; plus la circulation du sang est rafpide dans une partie du corps y plus la chaleur y est grande. Ainsi, le tronc est plus chaud que les membres ; ceux-ci plus chauds dans le voisinage du tronc qu'à leurs extrémités ; aussi le froid se fait-il sentir d'abord aux extrémités des membres.

Enfin, si le carbone est ingéré en quantité trop grande, il se combine avec Thydrogène et forme la graisse qui constitue, à cet état, un véritable entrepôt de combustible.

Nous avons surtout parlé du carbone à propos de îa combustion qui s'opère dans le corps, parce que nous voulions continuer notre comparaison du corps à un fourneau. Pour rester dans la vérité, hâtons-nous de dire qu'une certaine quantité de vapeur d'eau est produite dans l'acte de la respiration, comme le prouve le petit nuage qui sort de la bouche à chaque expiration. Enfin, les nerfs jouent un rôle dans la production de la chaleur chez les animaux supérieurs.

C'est par la chaleur produite en notre corps d'une manière continue, que nous pouvons conserver notre température intérieure constante pendant l'hiver. Aussi, sommes -nous rangés parmi les ani- %

LE CHAUD ET LE FAOID 14i

maux à sang chaud. Si, au lieu de. 36°, notre corps se trouvait à une température notablement inférieure, notre température varierait avec les saisons, et en hiver nous serions plongés dans une sorte de léthargie, comme les marmottes.

Maintenant qu'il est établi que nous avons en^ nous de la chaleur, que cette chaleur n'est ni troD forte ni faible, mais juste ce qu'elle doit être, i\ importe, non d'emprunter une chaleur artificielle, mais de conserver précieusement celle que nous possédons.

m. •— Les Vêtements.

On est souvent étopné d'apprendre que les habitants des pays chauds sont ,yêtus de tissus de laine, comme les habitants des pays froids. En y regardant de près, on voit que la laine est tout simplement un obstacle au passage de la chaleur.

Tandis qu'autour de l'Arabe, la tempérjature est beaucoup plus élevée que celle de son corps, autour de nous elle est plus basse. De sorte qu'il s'enveloppe de laine pour empêcher la chaleur extérieure d'entrer, comme nous pour empêcher la nôtre de sortir. La chaleur marche difficilement dans la laine ou, dans laf langue des physiciens, la laine est un mauvais conducteur de la chaleur. Ajoutez que le vêtement de l'Arabe est blanc, et que la blancheur s'oppose à l'entrée des rayons solaires.

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Lorsque, pendant Tété, on entoure la glace de flanelle pour qu'elle ne fonde pas, on ne fait qu'arrêter la chaleur extérieure et Tempêcher d'arriver jusqu'à la glace. C'est dans le même but qu'on recouvre les glacières de toitures de chaume; — qu'on enveloppe de paille les végétaux que l'on veut préserver des rigueurs de Thiver; ^ qu'on recouvre de paille la pompe et la fontaine pour que Peau ne gèle pas.

Toutes les substances tirées du règne végétal et du règne animal conduisent mal la chaleur, et c'est un point à signaler dans Tordre et l'économie du monde. Que seraient devenus les animaux et les végétaux sans cette précaution ? Que la cl^Jeur solaire pénètre facilement dans les corps animés, et la température du sang et de la sève se trouve . élevée. Au lieu de la température de 36° chez rhonime, la voilà tout à coup à 45 ou 50o. On voit le désordre produit dans notre organisation.

Sans doute, Thomm^ ne traverse pas impunément les régions tropicales, mais combien les accidents seraient plus graves sans la mauvaise conductibilité de ses chairs et le salutaire refroidissement produit par Tévaporation d'une sueur abondante ! Quelles moissons ferait la mort en hiver fi notre chaleur intérieure se transmettait facilement au dehors! Une petite portion de la terre serait seule habitable et l'activité humaine considérablement amoindrie.

Or, tous les tissus dont Thomme se couvre sont d'origine végétale et animale ; partant ils sont mauvais conducteurs de la chaleur, mais à des degrés divers. Ainsi, la laine est le plus mauvais; après

viennent la soie, puis le coton et enfin le fil. Donc^ plus particulièrement^ les vêtements d'hiver doivent être en laine, et ceux d*été en coton ou en fil.

Ce n'est pas assez de spécifier la nature du tissu, il faut encore en indiquer la couleur, car, nous l'avons déjà dit : les couleurs sombres favorisent l'absorption des rayons ^solaires. Il en résulte qu'en été les couleurs claires sont préférables, si Ton va au soleil. Mais comme les couleurs sombres facilitent la déperdition de la chaleur, il faut opter pour les couleurs sombres, si Ton va à l'ombre. Or, en été^ il y a plus d'occasions d'être au soleil qu'à l'ombre : donc ['avantage reste en définitive aux vêtements de couleurs claires.

Observons encore l'état de la surface du tissn. Est'il uni, comme la soie, la chaleur pénétrera moins facilement que s*il est rugueux, comme le drap.

Enfin, la confection du vêtement a son importance, et, s'il est ouaté, la chaleur traverse difficilement la ouate; les fourrures jouent un rôle analogue. Les plumes nous offrent le même avantage : voyez plutôt Tédredon : aussi léger qu'il est chaud. Il n'a pourtant pas de chaleur à lui ; et nous croyons qu'il nous donne de la chaleur, tandis qu'il nous empêche de perdre la nôtre. // y «, en effet, deux manières de s'enrichir : augmenter ses recettes ou diminuer ses dépenses.

En résumé : le vêtement d'hiver doit être en laine, blanc^ à surface rugueuse et ouaté ; celui d'été, en fil ou en laine, blanc, à surface polie. Enfin ^ tout vêtement doit être aussi léger que possible.

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