‹ Mercadet comedie en trois actes et en proseChapitre 30 sur 80 · ACTE II, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE H

MKRCADHT, à sa Tille.

Gourmande ! (a Minard.) Monsieur, j’ai sur l’amour entre jeunes gens, les idées positives que l’on reproche aux vieillards... Ma défiance est d’autant plus légitime, que je ne suis pas de ces pères aveuglés par la paternité. Je vois Julie comme elle est; sans être laide, elle ne possède pas cette beauté qui fait crier... Ah!... Elle n’est ni bien ni mal.

Vous vous trompez, monsieur, j’ose vous dire que vous ne connaissez pas votre fille.

Permettez!.,

MINARD

Vous ne la connaissez pas, monsieur !

Mais si fait! Parfaitement! je la connais... comme si... enfin je la connais.

MINARD

Non, monsieur.

Ah I encore!

•* MINARD

Vous connaissez la Julie que tout le monde voit : mais l’amour l’a transfigurée ! La tendresse, le dévouement lui communiquent une beauté ravissante, que moi seul ai créée.

JULIE

Mon père, je suis honteuse. .

Dis donc heureuse... Et si vous lui répétez ces choses-là...

MINARD

Cent fois, mille fois, et jamais assez ! Il n’y a pas de crime à les dire devant un père! >

Vous me flattez! je me croyais son père ; mais vous ôtes le père d’une Julie avec laquelle je voudrais faire connaissance.

MEB CADET-

MINARD

Mais vous n’avez donc pas aimé ?

MER CADET

Beaucoup ! J’ai, comme tous les hommes, tratné ce boule t d’or! ' v

MINARD

Autrefois, mais aujourd’hui nous aimons mieux.

Que faites-vous donc?

MINARD

Nous nous attachons à l’âme ! à l’idéal !

C’est ce que nous appelions, sous l’empire, avoir le bandeau sur les yeux.

C’est l’amour, le saint et pur amour, qui suffit pour charmer toutes les heures de la vie.

Oui, toutes!... excepté les heures des repas...

JULIE

Mon père, ne vous moquez pas de deux enfants qui s’aiment d’une passion vraie, pure, parce qu’elle est appuyée sur la connaissance des caractères, sur la certitude d’une mutuelle ardeur à combattre les difficultés de la vie, enfin deux enfants qui vous aimeront bien.

MINARD, A Mercadet.

Quel ange!.. Monsieur!

MERCADET, à part.

Je vais l’en donner de l’ange !.. (te* prenant sou» le» bras.) Heureux enfants.... Vous vous aimez donc, quel joli roman... (AMinard.) Vous la voulez pour femme !

- MINARD

Oui, monsieur.

Malgré tous les obstacles !

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