SCÈNE IV
M m ® MERCADET, DE LA BRIVE.
Madame?...
DE LA BRIVE
M me MERCADET.
Pardon, monsieur...
DE LA BRIVE
Veuillez m’excuser, madame, il faut que j’aille...
M m0 MERCADET.
Vous n’irez pas...
Mais vous ignorez...
Je sais tout...
DE LA BRIVE
M mc MERCADET.
DE LA BRIVE
Comment ?
M m< MERCADET.
Vous méditez, vous et mon mari, de vieux moyens de comé-
die, j’en ai employé un plus vieux encore... je sais tout, vous dis-je...
DE LA BRIVE, à part.
Elle écoutait...
M“® MERCADET, descendant en scène.
Monsieur, le rôle qu’on veut vous faire jouer est un rôle blâmable, honteux, vous y renoncerez...
DE LA BRIVE
Mais enfin, madame.
M“ e MERCADET.
Oh ! je sais à qui je parle, monsieur, il n’y a que quelques heures que je vous ai vu pour la première fois, et cependant.., je crois vous connaître.
DE LA BRIVE
En vérité?... je ne sais plus trop alors quelle opinion vous avez de moi.
Un jour m’a suffi pour vous bien juger... et en même temps que mon mari cherchait peut-être ce qu’il y avait en vous de folie à exploiter ou de mauvaises passions h faire éclore, moi, je devinais votre cœur et tout ce qu’il renfermait encore de bons sentiments qui pussent vous sauver...
DE LA BRIVE
Me sauver... permettez, madame.
M“® MERCADET
Oui, monsieur, vous sauver, vous et mon mari... car vous allez vous perdre l’un par l’autre... mais vous comprendrez que des dettes ne déshonorent personne quand on les avoue, quand on travaille à les payer... vous avez devant vous toute votre vie, et vous avez trop d’esprit pour la vouloir flétrir à jamais pour une entreprise que la justice punirait.
DE LA BRIVE
La justice! ahl vous avez raison, madame... et je ne me prêterais certes pas à cette dangereuse comédie, si votre mari n'avait contre moi des titres...