‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 133 sur 168 · LA THÉORIE ALCHIMISTE · texte numérisé non relu

LA THÉORIE ALCHIMISTE

AU .XIX me SIÈCLE- "

j»9 e u- era Une « raVe erreur de é roi re qu'il n'y a plus d alchimistes -au XIX« e siècle. Les habitués^ de nos bibliothèques publiques y connaissent d'acharnés lecteurs des ouvrages laissés par les adeptes du Granduiuvre, et il ne faut guère s'occuper de sciences occultes pour savoir qu a Paris seulement une cinquantaine de pnilosopb.es hermétiques recherchent la pierre qui transmue en. or tous les métaux. . -.:■

Avant dé traiter ces gens-là de fous, il est bon d'y regarder a deux fois. Ceux qui ont la moindre connaissance en alchimie perdent bientôt l'envié de les tourner en ndicule, et finissent parfois par étudier les vieux alchimistes avec passion. Quant aux savants, plusieurs , et non des moins illustres, en sont arrivés , de nos jours , à trouver une telle importance aux sciences hermétiques , . qu ils leur ont consacré des ouvrages mûrement Réfléchis En. Allemagne, M. Schmieder, professeur dé philosophie a Gasseh a publié, à Halle, en i8 ?2i Une Histoire de 1 alchimie (Oeschiclite âer Alchetnie). et, en 1844,

fà .7? r T, nn 7 K °^? a df^é une Histoire d e : la chimie \\jLScinclite der.Chemie) remplie de documents précieux sur les opérations exécutées pour la recherche de la pierre philosophai. Eh France, M. Berthélot a ajouté de remarquables travaux personnels à ceux de ses deux consciencieux devanciers, et M. Louis Figuier a écrit sur l alchimie le meilleur, c'est-à-dire le moins vulgarisateur de ses ouvrages. Il en tire cette conclusion, admise d'ailleurs par M. Berthélot : «. Ilrésulte'des données sciéntifî- » ques récemment acquises et de l'esprit actuel de la chi- » mie que la transformation d'un métal en un autre pour * rait s exécuter. » Il ajoute, il est vrai : «■ Mais Thtstoire » nmts montré que, jusqu'à ce jour t personne n'a réa- » lise le phénomène de la transmutation méiatti- > que. ». ..

Ce correctif semble avoir été dicté par un respect exagère de l'opinion publique. . ..

En effet, M. Louis Figuier, accusé d'ajouter foi à l'existence de la pierre philosophale, a cru devoir s'en défen- .

drë par une note parue dans la deuxième édition de son ouvrage." ' \ ...'','■'■

Schrnïedér, lui, n'hésitait pas à déclarer que les preu-. ves historiques suffisaient à, elles seules pour établir la réalité de la science hermétique, et, Tan dernier, M.. Papus rassemblait victorieusement ces preuves en un solide faisceau. Ajoutons que notre ami et collaborateur Albert Aurier, dans le Pandèmonium philosophai du XX me siècle, auquel il travaille depuis plusieurs années, citera des exemples encore inconnus et authentiques de transmutations. :

Quoi qu'il en soit , en dépit des. timorés ou des railleurs, lés études ^alchimiques sont si bien revenues à Tordre du jour qu'une bibliothèque s'est formée qui leur est spécialement dévolue (i)^ En quelques mois, elle a publié VOr et la Transmutation des Métaux, de M^ Tiffereau, et Conta \astral y de Jules Lermina. Encouragé par le succès de ces deux ouvrages , elle/ offre aujourd'hui à l'attention des curieux - et des initiés : Cinq traités (F Alchimie dés plus grands philosophes f excellemment traduits du latin en français par Albert Poisson^ ..."■; ; <

Les traités sont de Paracelse, Raymond Lulle, Roger Bacon, Albert le Grand , Arnauld de Villeneuve y les, nojnsles plus illustres de Thermétisme. Ils sont précédés . d'une notice biographique et d'un index bibliographique. . Un glossaire des plus explicatifs les suit; D'autre partj ils se recommandent par une impression elzévirienne et la reproduction de gravures rarissimes. ; ;

Les non initiés qui voudront ' ies parcourir y appren* . dront au moins que leurs auteurs notaient nî dés imposa teurs ni des charlatans, mais bien des hommes de travail et de science^ qui! ont 'sacrifié leur repos, leur fortune et jusqu'à leur liberté pour l'affirmation et lé triomphe de

. . leur croyance. Arnauld de Villeneuve voyage longtemps en Espagne et en Italie pour se perfectionner dans lés connaissances hermétiques, revient à Paris, d'où il est presque aussitôt obligé de s 7 enfuir peur la Sicile, et meurt a Gênés en 13 13, usé de fatigué et de chagrin. Rî^niorid Lulle est enfermé par le roi Edouard II dans la Tour de Londres, parvient à s'en échapper, et; la même année qu** Arnauld de Villeneuve, succombe lapidé sur la

.. côte d'Afrique. Roger Bacon, accusé de. sorcellerie et d'hérésie, est persécuté: puis -enfermé par Jérôme cPEs-

(1) Bibliothèque Cha.côniaç, ix, quaî St-MicheL

L e u î e rt r ! urope '1, uN ' or '" ; ^^iS*$Sïïf

S'" «54«,d.n. «a hôpital/à Salzbourg Albert le Grand est plus heureux : provincial de l'ordrf d« £» cwcains, étroitement lié avec St-Thomas dïduin ^ vient eveque de Ratisbonne. Mais ,3 "S dtSï '^ ^ charge pour adonner sans part" L aux e fS? /j V ™ jusqu'à sa rt , quieut ,P u a ^ ^ U ^ S I2 ^-

au^dïu^ s. ssL^-jssn ife ce r" ifes

çipe sur lequel est basé l'alchimie savoir T™"?"tton uniforme dé tous lesméS " ""#?"-

moderne ne peut rien contre lui. 4 * Im p,US

Une^fois admis, la transmutation des métaux c'est à

possible. Un br^™e^t^,T^ qi 5ai™

pose de nos jours, rétablira clairement * ' "

. i-a science officielle reconnaît que tous les coi™ A> n

X'SSETl.T f ? rmés de We snbs^cîs %tm:

llV* ' T 7S V h y dro 8èr>e, carbone et azote mais eUe

Cependant, « la nature agit toujours simulent™* ^ comme le remarque Roger lifcon isonSS ' chimie, et cette opinion, émise au XIIP siecfe nL«,t

encore vraisemblable aujourd'hui. N'eïï pas Toîique ae pense r que , quafre éIéments ffi P ^f ^f ^

™ '^'T 68 .* 68 «ÎPS organiques suffisent Salement aux combinaisons minérales rf nn'i «,. «gaiement

«tuent notre univers ? «ÏÏf'ch^.'ïîd^^^-,

thi^" n ,* 6 u- '? quW P^somption en faveur de la thèse des alchimistes. Voici, pour Tapouvei A* 'S. 2

Tn m tèn S? , PUiSëS danS l6S P 1 - «cent^Suvertes ClS . seSanî T P? ur ac q™ autrefois que deux corps pré- . sentant la même composition chimique sont nar S même identiques. Les alchimistes, dhs^vîn^Lu

se sont inscrits en faux contre cette proposition. Ils posaient en principe que plusieurs substances, tout en se confondant par leur composition, peuvent néanmoins difiérer entre elles extérieurement, par tout l'ensemble de leurs réactions*

Ceue isomèrie atteint-elle jusqu'aux corps prétendus simples, comme les métaux? ■ ' \ .

La solution affirmative d'une telle question justifierait le dogme alchimique, et la transformation moléculaire que la pierre philosophale doit opérer dans la transmutation d'un métal n'aurait plus rien que de naturel. Le fait vaut d'être étudié quelque peu. 1 ,

Afin d'établir Fisomérie de deux composés, on les soumet à l'analyse, chimique et l'on constate l'identité en nombre et en nature dé leurs parties constituantes. Pour ce qui est des métaux, réputés corps simples, en tant qu 'inanalysables, ce. moyen fait défaut, il est vrai, mais il en existe un autre. On peut comparer les propriétés générales dés corps reconnus isomériques aux propriétés des métaux, et rechercher si ceux-ci ne reproduiraient point quelques-uns des caractères appartenant à ceux-là* M. Dumas, dans sa Philosophie chimique et dans un mémoire lu devant Y Association Britannique , a «fait . la comparaison. Les résultats 'qu'il; en a obtenus sont tout à l'avantage de la thèse alchimique.

< On. remarque, conclut|il, que dans toutes les subs-

> tances présentant un casl d'isomérie, on trouve habituellement dés équivalents égaux ou bien des équiva- » lents multiples ou, sous-multiples les uns des autres.

* Or, ce caractère se retrouve dans plusieurs métaux,

* L'or et Fosnùum ont un équivalent presque identique.

> II est rigoureusement le même pour le platine et liri-

> dium, et Berzélius à trouvé que les quantités ponde- ■ ». râbles de ces deux métaux sont absolument les mêmes

» dans leurs composés correspondants pris à poids égaux*

> De plus, lorsque trois corps simples sont liés entre eux

> par de grandes analogies de propriétés, l'équivalent

> chimique du corps intermédiaire est toujours représenté par la moyenne, arithmétique entre les équivalents des deux autres. >

, Et. .M. Dumas cite bon nombre d'exemples qui

constituent une démonstration en faveur de Tisomérie

des corps réputés simples. Ils établissent suffisamment

. : que les métaux ne proviennent que d'une seule et même

, matière, différemment arrangée et condensée.

S'il est vrai que les. métaux sont isomères, c'est qu'il

™,. Hto M 7V - u °CTSur i^rout a remarqué que les émii-

comme unité l'équivalent de l'hyWne* £ pKfbhl

eïSde ° fo ? s S . S,mpIeS renfe ^«t celui-ci un nombre

N'est-ce point là une preuve que tous ies er*.-™ ^„„ mque, sont formés dune'seuîe substance qui se Kfte *£*&.? -^-spns et de, étatsVcoïEa!

Admettre une telle conclusion , ' c'est admotfr. -t.

— P. J i, • com ment s opérera cette transmutation >

Mais aSw Pl " l0S ? phal? ' dlsent les adeptes?' '

le ÎÏJ i Tu— que la P ierr ^ Philosophale ?

qu'Us' „ê îa C conn? S co f ntem P ora ™ doivent confesser

agir sur les métaux de la même mantrTqu^ t£* » Un «Mimée, blanche, ces! notîe Tern^»! ?i^

ï j-2 n",,''.'™,' ? 8 ""•«■»?• élevé à°ut s; ffe

* qui e?t i Amour des philosophes. » .

Un. résumé, l'alchimie moderne, partant du Drinri»»

des modifications moléculaires qui les transfo««.„ti

aeWde^o UtfeS ' .* ^ ** *" ^S^t^^l ae îaire de I or avec tout autre métal • ^

«. Jr 8c,ence ! a . P ,u « récente n'a rien à lui objecter sinnn cette proportion, contre laquelle s'élèvent les S gnage. historiques les plus authentiques** Oue amat

* EDOUARD DUBUS. 1

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