‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 135 sur 168 · LÉ BOURGEOIS · texte numérisé non relu

LÉ BOURGEOIS

vîJlîi q i m °i P res ? ue hors d'usage, du moins très wedlot Seuls, les cochers bons conducteurs l'emploient *™° r f.' dai « en « avec tant dMabilité qu'on croirait qtfils complimentent. Mais, demafn, As l'auront oublié, et lé mot sera mort. Pour avoir voulu trop dire, ïl ne dit plus nen. ^ mome n t, Monnier lui comptait une domaine. de sens. On finissait par ne plus s'entendre. Chassagnol n a-t-il point, dénonce avec amertume là màraifique avarice bourgeoise de l'art? 8 ^™ B

.Cependant, bien qu'aujourd'hui le mot s'en aille la chose reste, et. comment la nommer désormais, cette

frAW A^ <?nSleUr ' C ? tte d ,^è qui passent et nous frôlent? S etnquer, et se coller au muf en serrant les jambes, est mutile.. Ils attouchënt quand même -N'allé* pas dire, avec un petit air vaniteux : . ' "

môÏY* JC men "WV J e suis libre, je suit un artiste,

. Quelle jactance de babillard ! Si' peu que vous possédiez de famille, Monsteur en est, Madame en est. Si neu que vous respiriez d'air, il y a échange de souffle entre

—«rf" 8 "?* et . leS VÔtrés - . So 7 ez ' P ar boxeur, sourd, aveugle, et constamment pris <fe rhume, alors seulement vous aurez quelque chance de leur échapper. Sinon, il faut voir (quel horizon ! ), entendre (quel vacarme 1), sentir (quelle odeur 1); ■

v*«7~ ^ H &'"•*■ Monsieur, ^pant a V e C en traîn sur son ventre de fut neuf, gagnerez-vous bientôt de Tardent avec vos machines ? car, enfin, c'est là le but ! » '

*":# a / ai !° 1 n ^ Ce - Mons , ieur ; yo«s le reconnaissez, et vous faites tout de suite un livre afin qu'il l'achète. Mais il ne

a^c o Pa S", V ° US l «"P™** et le prête à tous ses anus. Quand il y en a pour un, etc. Toutes les écono- .

mies ont la taille réglementaire. Un marchand de. vin recommande volontiers à ses clients f épicier du coin. At-on jamais entendu Monsieur dire*:

— « Tenez : voilà lin livre que je trouve bien* Achetez-le. »

Non, le livre est le seul objef qu'on laisse traîner par- : ce qu'il ramasse la poussière mieux qu'un plumeau, qu'on se prête entre voisins parce que peut-être il reviendra relié, et qu'on se passe de mains en mains, gratuitement, à la fin d'un dîner de deux louis par tête.

Alors, poussah pansu à taille, de cigare, comment veux-tu que nous en gagnions, des sous ?

Son excuse, on. la trouverait dans sa tranquille assurance : ■

— « Pourquoi donc que vous n'écrivez pas dans, les grands journaux? A votre place, moi, j'y ferais des articles. »

Elle serait en outre dans son effroyable candeur d'ange. N'est-ce pas Madame (il faudrait donner.au rnoins\son petit nom de baptême, car elle. mérite la gloire) qui démandait à un jeune homme de lettres :

— « Est-ce que tous les livres de votre bibliothèque sont de vous ? > \-

11 en frissonne encore. -

Ils ont des goûts, des idées, dont la plus inattendue est de croire qu'ils ont des, idées et des goûts/

Monsieur pense qu'il existe un banal même pour lui. Dans une quincaillerie; il choisit des. bibelots de cheminée. Mais il veut un sujet bien. Les pendules ne se

Si Madame, invariablement, tressaille, sautillé, ouvre la bouche, comme pour prendre un bonbon, devant un coucher de soleil rouge sang de bqeuf ou de femme,

Je sais un . rouge . dont je meurs, Parce qu'il est dans le soleil

de son côté, monsieur s'avoue fort capable d'admirer la nature, quand elle ne monte pas trop;

Ils ont un pot à fleurs dans leur table de nuit* . Voilà pour les goûts*

— « Vous comprenez, mon cher ami, chacun ses idées. Vous avez les vôtres, et moi j'ai les miennes. >

C'est la phrase des desserts que Monsieur lance, sur le seuil d'une discussion, l'estomac, plein, tout en mangeant

NOVEMBRE 1890 ?g

encore des tas de choses «c pour finir son pain » Il asM

— « Etes-vous chrétien ? > ■■ — « Je Yeux «,e politique dïSairea (de bonne.*™.,..

— «Femme ne va pas me questionner sur ces resses-la. Tout ce qu'il m'est permis de te diref c'eît

qu elles sont vilaines, et qu'elles portent à la tête i»l!

qu'au cerveau. Craignons la folie » tôte, jus-

• Singulier! Est-ce indifférence/ épouvante? il n'a cas d idées sur la mort.C'est déjà gentil de mourir «m • Sr enl f ndre P ari - ^ ça : % mort n'est poîn/une

Voyons, sérieusement, Monsieur et Madame, a anoi ' pouvez-vous bien servir? Votre destinée n'est pas S ver a comprendre un jour l'univers, à . connaître Via cause mouvante *. Le bon Dieu ferait'alors l'effeï d*un homme de ettres qu écrit un livre artiste et le remrt entre les mains de tout le monde. Ayez-vous été "reés pour fcure^ nombre, figurer dans les statistiques^ les agglomérations diverses, pour justifier toute cSonhe etcomposer la bouillie des guerres, ou sim^lenS Jour nous agacer,, nous tanner. comme cuir. Si. au mohÏÏ nous en devenions imputrescibles à votrl contact ! ^ ' se mSi- 6 ' *' eSt le châtiine «t de l'artiste : il doit £mTT- <h Pas *"* s°™* nt > n'est-ce pas?) à votre table, trinquer, avec vous, serrer vos doijts à nœuds

feçonnes aux angles des comptoirs. Il; „ e serait, 3 riellement, vivre sans vous. C'est son supplice • il lui arrive qu'on vous rencontre ensemble. • ", P " "

'iJ? q>e * tY Sii Ce qÙi te fait J° uir > Monsieur. Fierd'être '

cu£ P ^ bIe C ° mme èé Chacun sait, solide sur tes .

S J 5TT' Ct t0 , Ul he , Ureux d '^4érer qui f in- ♦» 'r , dandln es, solennel, argenté; sûr que ta shnia-

Si S / IOn C f aU < trS mQt de : Chasàagnol) vaut cinqif nte W ^^ raèt < e caïTé > tu t'engrtisses,, fourré, humi! ISS T.' ° Ur % aV f * 6S P ardeSS1,s -^ coute - D ^naAt,don- ïr^A ÏK-!"? ^ n OS ou tes os - Si tu *« veux pas ïa„ îfe ?* — I e P ^ r ^^ c 0™ptant, au poids de Por^ : sans distinction .m cho«(on ne te demande pas ton avis)' tout ce qui est unprimé ; si tu ne veux pas considérer nn

îM MERCVRE DE FRANCE

cda tf^SSî '*"** bo «°iOU mauvaise («t-ce eue

file d'oie, ^t^^^^^tr^^^ nous avalerons, pour nous nn,S ^ e Ra y nïud ) * mise. efw^P 9 °^^^

Serait-ce donc si étonnant^ Tu n'a. ;-«, • j «'•

c.. M C,™"d« CL""»'»" "S*?' •"H**-^ »

doux cœur dé lice nui A^*+ i u * via ?«7» a cette dame au

un taureauLl a „t q d s h^es" Z^Sif^ COnime mépris des lettres t>I..« .„— ' ?• immobile, dans son

«. !»jJSS JS dS^2SLS ea Jî™ï re

trage et nous enchante? «formais, qm les ou-

Jules Renard

SONNET

O pouvoir .n'affranchir de l'amour fou qM j « Qes corps charmant» évoluant dan. leur aoupl««e| Tout «on coeur n'eat qnémoi fragile et que faibles Dea beaux yeux et dès belle* «.in. «UÏ tf^' "*'

* tw f * a, ' ' "

Entre toutes du moins le souvenir me blesse D Une qne j'ai connue en un bois d'orangers Cependant qu'affluait 1 mon cœur la molles^ Des feuillages, de l'eau bleue et du ciel léger

Certains soirs, accoudé, j'ai fait mille beaux rêves. J en suis sorti pins désolé .qu'auparavant.

Je ne veux plus de ces mensonges décevants!

Sybarite, place! â ce m«ne qni se lève

Et passe, ayant muré tout son corps an dehors

Avec, aux yeux, la seule image de la Mort! '

■.'■'"'.' Eknest Raynaod

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