‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 30 sur 168 · GRIEFS · texte numérisé non relu

GRIEFS

Parfois ma lèvre s'abandonne et Lui murmure Des aveux, et, sans plus les réserves qu'il faut!. C'est tout nu que je m'offre àses yeux de gerfaut : Telle une ileury des que s'écarte la ramure.'.

Elle sait ma douleur cuisante, et qu'il est faux ! Cet air d'indifférence où je me claquemure ; Et si parfois l'Orgueil me vêt de son armure, Sa malice sourit d'en nombrerles défauts!

Plus Elle s'ingénie à percer mon mystère,.

Moins — naïf que je suis !.— j'observe de me taire,

Mais souvent je frissonne à songer que, demain,

Ces secrets échappés -dans l'amoureuse, ivresse, Pour mon cœur, des qu'exorcisé de Sa caresse, Seront peut-être autant de flèches dans Sa main !

J'arrive épris de calme et paisible entretien; Et voici qu'Elle laisse aller la file d'oies De gros rires à me, conter les vaines joies De Sa vie où mon sentiment n'entre; pour rien.

Son cœur ! Je ne puis pas deviner s'il, est mien; Sous les baisers indifférents qu'Elle m'octroie, Et tant de nonchalance éclate en son maintien r Que vraiment î Elle me désole et m'apitoie.

Pas un regret de mon absence, et puis cet air

D'être à l'envers ! d'avoir toujours la tête en l'air !

Nul souci de glisser plus d'âme en. Taccolade ;

Et lorsque dans la plaie Elle a tourné le fer, Il lui vient à la lèvre, à me surprendre amer,' Cette sollicitude étrange^: «c Es-tu malade? »

'•■* Ernest Raynaud

MARS 1S90 g.

PROSES MORQ SES

h, — L'ENFER

lueu

ni

écrivait.

Au début de son léger Monitoire, il avait posé cet indéniable aphorisme, base de toute morale

vraiment sérieuse :

Page 1