‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 55 sur 168 · MOTS · texte numérisé non relu

MOTS

prédestinés

à celle" H» «»„♦£ T - t, ^ Sl " ,coomina »on pareille Y^rHagy, son maître, le maître souriait, et rieTde

au on

« Untre au cœur d'Orner f >) "crniere .

J^e se pHsai^ ^ >nx entretiens de Yezid, ou

■taSnî^^ -4 e ™* 5 . temps, on l'avait vu royalement

fupï en cwwl- soie P«se >emée d'astresTaSertï

££se? tsïaucn^f P T f« oml »ri> bombant autoù? des kJï* • j ' ra ^ taucor Ps soutache or sur or et doublé avec I* lame des moutons de Bactrianè, plus fine etïussoltuit

Sïciér^ w"* de blonde: s -i^wSi ~^SÏ£"

ti,S w ^ P - '■ «W 8 * ■ b ^oucbes de chagrin P pers • turban blanc sommé d'un diamant. gTinpers,

. Zael possédait de semblables- costumes combiné, *„

S^ 0ranffe ' Cn rOSe rabis > * n ™* lavande°?n vert Se mer et en .vert avènturine, mais n'en portait au JuT- la robe nou-e lui suffisait pourvu qu'elle fût de drao soûnli doucement, fourrée, tombante en beaux pîs - P T*'' ' Jadis c'était un, jeune homme de médiocre savoir dissipateur et fou, pourtant inquiet, teS^va^T ïe

nremii J f£ i «^«gna. toutes les sciences, dont la avec^ceSe' grÏÏil^ 1 leS C ° ntient * OUte!S > * " ™«i

^ if ^f,; P i™ iV REGA * M EN T °'-«ÊME ET TAIS-TOI.

vouer fï' if *i? maître, un jour, qu'avant de te

uîévocLlï ^™- en * e méditatio »r a vant d'assumer un

P^centra?^ IT le J e / be (^ "'^int jamais le ™£.™i i ■ cen1 ? a '. 9 ue déforme, dans sa trajectoire oar la

tu P voff 1 epa,S T r ^ CS CerVelles ^maines)%faït que

SS?Àwi ?,*•- ' » eSt Ie C . e,ltre de la sottise et de la

cSe Taurir^ ^-^ ™ U * ,«** P«P«ée dix fo s comme iauris, et ignominie natale, invétérée en toute

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créature, n'atteint son épanouissement parfait qu'au milieu du grouillement tumultùaire des larges capitales Va, que la monnaie soit ton seul truchement, et sans pro- , ferer aucune syllabe tu seras compris >.

Zael se mit en route, ayant fait le vœu du silence;

Il passa par l'humide Vaspinge, striée de fuisselets, flabellee de peupliers, brodée de la glauque frondaison des saules; —par I'Agi-Aga, où pâturent, le ventre dans 1 herbe, des générations de chevaux noirs, issues du formidable troupeau de cent mille crinières qu'entretenaient la les anciens rois de Médie; — par des villages blancs; — par des plaines rouges ; — par une montagne bleue.

Il passa par Sircham, le caravansérail *. des Sables j où I on soupe d^n ragoût de chèvre, pimenté de hiltit noir; — par le pays d'Arakayem, qui n'est que d* chardons bleus et de bruyères roses; par Zerigan, la fleiir des ruines, le village, acrobate poussé, comme des girofles sauvages j d'entre les disjointures des vieux murs écrasés; — par Sultanie, la ville des roses fanées, des tours penchantes, des mosquées aux dômes crevés, aux pavés que bousculent les folles herbes, les hystériques végétations qui dansent la sarabande dans les temples hantés. .-% ■ x-

. Il passa par Ebher, toute en jardin, nùagère perspective de pêches en fleurs j et dans les cultures : les tulipes barbares, les fragiles anémones, les jasmins grimpeurs et ces lourdes couronnes dont lé pourpre impérial penche comme un vieux trône vies jonquilles, les narcisses, lès muguets, les lys, les œillets jaunes et les œillets couleur de sang, les diaphanes mauves et la rose.

A Casbin, il but du vin violet qui semblait une effusion d'améthystes.

A Ko m, où, chacun en son clos, reposent les cinq cents fils d'Ali, il acheta une r épée qui ployait comme un jonc, s'enivra d'eau fraîchie dans le ventre des oiseaux blancs, fuma du tabac noir mêlé à du chenevis, mangea les tartines de graisse de cabri saupoudrées de graine de pavot, dormit soiis un platane, ce qui préserve de la peste, assista à Tauto-da-fé d'un gulbad, cet arbre magique dont les fleurs empoisonnent le vent, Visita les Fontaines souterraines et la Mosquée ■ jïes deux Rois, près de laquelle une enceinte aux grilles sacrées emprisonne d'inviolables roses, nées de la chair de Fathmé. Un prêtre veillait, Zaël souriait : de ses doigts comme distraits des tômans d'or tombèrent sur le sable, et ses yeux fixaient la plus large des roses. Le prêtre apporta la

l'usa J-vS' • Vai * murmuré en lui-même, selon

: vérité : i M, petite ma2KS,»TL ' a M> nt ■?

j«u i^ -^ -r****^ "iixu^n, susurra la miiruonne» atten-

■•■ bStf-îïSïï- n ?° ,u - à pa ^ r Ié p™ de ^21

oeaute, et c est toi ; je suis ton esclave > Il la fit dVfln

Z£{iï*£Sr* Se ^ ite -, Thamas, et, avant det Sl?^ aux v mains maternelles, voulut qu'elle subit les fouies barbares de son palefrenier PkT de Cofrou le muletier et du convoyeur Mirzathàer '

Uni ^ 2^* - S PJUS tard ' iU *« uch «^t à Ispàhan;

inZu<£ Z^X™"™?' *<**?* d'esclaves,lui fut indiquée , Zael I arrêta et chargea Thamas de IWnfe

■ffi'°" d : piques femmesf car un homme déplue de femmes est taxé, de mauvaises mœure : PhvDocr££

m^£ÏT nVe,ïabIes ■?' *»** ^is blondes, .

'n^.iî * • brunes » avec des sourcis d'idoles une

iTles LS a £ COi -« de 1?œiIet ^«violette, an Se'nton. bout de S ^ a « aifi ? ue ? 1 ^t» attacha des pierreries au la Su? JrZLt eSSe - ^ï" 1 ^ 11 * 05 ' vouIut Ies Remises de damaï L 3 f'?' '? mantea «* du plus magistral . senteu'r «JZ f* de.lajplus rêveuse dentelle : boîtes de senteur flottant a des chaînes d'or, anneaux à tous lis

dS£ et^ 5?^ C ^^ ^ Perles a ? r d anÏÏ oenT, W 1 *! de na " ne > Paquets d'inutiles bagues,

pendulan^comme des amulettes entre leurs seins. , "

dé Tarnî, ^ na u * sou P er : elles mangèrent des dattes pfstache ^ ^nsenrées en des courgls creuses ; des KmT fricassées au. S el; des- pàvïs/ des grenade, côtsà ÎL* deS r °f S * des P™ nes ^ Boccara; les abri- XuW aislmf^ ° n «^°^ î'amande le noyau, cm?^4r&t K dU ^ C °^ P d '° n » le î du raisin bleti 2 Se^oS^ ^ : 6 N ^ sabad et qui se sert sur .

leTouftW tr ° iS r6ÇUr f^ les feveurs du maître : elles. ■e souffrirent avec complaisance, en créatures, qui savent

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que 1 homme ne saurait être le dispensateur d'aucun p aisir et que la femme seule connaît les ressorts secrets d une chair de femme. Zaël, . désormais, les laissa s'amuser entre elles et corrompre à leur aise un jeune et.divîu petit eunuque qu'il leur avait choisi: comme joujou • - Uans .™. l afé > . au milieu, des fumeurs d^asium* des joueurs d échecs des .dormeurs, u.n mollah prêchait, ensuite fusait la quête. Tout à coup, se dressant de même qu en songe, un derviche lançait, d une puissante voix de! hurleur, un aphorisme sur la vanité du monde, retom-

i? n5 fu Fiere5, 1 Le , poëte c °nteur, qui commençait- 1 histoire de Mou ça chez, les Pharaons, fut "interrompu bar

une troupe de danseuses.. Elles roulaient des ventres nus, au nombril peint d'une fleur obs'cënë,.et, quand les jupes glissawnt. sur les cuisses, leur sexeépilé îaisait songer à de grandes fillettes impubères et lascives. Calmées, ' 9 ue l<iues-une.s et quelques turbans disparurent vers lé tond du café; mais la luxure allait aux jeunes Circassîens qui apportaient^ les narghilés- et les tassés avec de lanpides allures : a chaque instant le service s'interrompait, toute cette jeunesse étant en ..proie, dans . les salon^ secrets, a de lucratives émotions.

Zaël, qui vpyageait pour s'instruire,, ne résista pas à la curiosité de sa race, mais, ces jeunes complaisants joignaient la rapacité de .la guèiise à la niaiserie de l'eniance : c étaient des joies vraiment désolantes, vraiment trop evocatnces du Sahara, où, pérégrins maudits, nos fjesirs lanternes ne joignent que des spectres. Il eut ,d autres desillusions, il les eût.toutes, car il acheta tout : i fut cazy, il fut mocaïb, il fut Vakanevis, il futdaroga, il fut vizir, il fut chef des Porte-flambeaux «par I'orSré exalte et inexprimable du Très-Haut et Très-Saint Seigneur, vicaire de Dieu. ».

Huit jours après,, reprenant son état de philosophe libre et obscur, décrivait à Yezid • '

«La vie ne contient rien. Le silence même est inutile, iteleve-raoi de mon vdeu. Je veux pouvoir dire aux nommes que je les méprise.: »

«A quoi bon ^ /epondra Yézid. Ils le savent, mais tout leur est mdiffereht, hormis la jouissance! »

Il n>nvoya aucun messager vers Tauris.

Le ciel du soir s.alanguissait, là-^bas, de fumées amarantes. Zael traversa les faubourgs : de. rouges ziégaris sommeillaient adossés au mur d'un corps de garde, et la pointe bleue de leurs bonnets s'inclinait, semblait saluer les passants. Partout, rasant le sol, comme un flot, cou-

vrant lés toits d'une neige imprévue, dressant en Pair des trombes croulantes d'ailes immaculées, des pigeons blancs : quelques têtes huppées animaient un instant les trous multiples des lourds fco lombaire^.

Au-delà des Portes du couchant, la nuit éploya ses noires tarlatanes étoilées d'argent pâle :', Zaël marchait toujours. '11 était bien réellement, à cette heure, le Pèlerin, du -Silence : aucun grelot ne sonnait dans son crâne >

■ nul verbe ne luisait dans les limbes de sa pensée, et il allait, goûtant la fraîcheur du soir et la douceur des négations ..définitives;

. Zaëï marchait toujours, et la nuit épfoyait. ses noires tarlatanes lamées d'argent lunaire. D^un bois de saules, une chanson monta : ' 1

!Celïe qui tient mon coeur m*a dit languissant ment :

■ « Pourquoi donc es-tû triste et pâle, 6 mon charmant ?» M'a dit. languissamment celle qui tient mon cœur*

Celle qui tient mon cœur m'a dit moqueuse ment. :

« Quel miel d'amour a donc englue mon Charmant ? »'

M'a dit moquêusement celle qui tient mon cœur.

Moi, j^aï pris un mirpir et j'ai dit. à la Belle :

« Regarde en ce miroir,, régarde, ô ma Cruelle !»

Et j'ai dit à la Belle, en brisant le miroir:.

«. Comme une perle d'ambre attire un brin de paille, La langueur de son teint m'appelle, je. défaille,, .. Je suis le brin de -paille et toi la perle d*ambre. »

«■ — Apportez-moi des fleurs fleurantes et dès: cinnâmes

Pour ranimer le cœur de mon Roi qui se pâme,

Des çinnames pour son âme. et des fleurs pour son. cœur ! »

Zsîël entra dans. le bois de saules- Penchée vers la fontûne^ùne jeune fille emplissait des outres et elle était charmante* bras, nus, cheveux roulés et son voile en- -. vole; . / .,..■...

Avec de. grands yeux calmes, elle regarda l'inconnu : Zaël s'approcha, et, s*agenouillant, toujours muet, leva vers son menton un pli de sa robe.

«■'Si tu es. lé roi, dit la jeune fille, retourne en ton palais, si tu es l'ange visiteur, remonte au ciel, mais si .tu es un voyageur, ferme les yeux, carie suis dévoilées .

L'outre g^elle plongeait dana la fontaine lui glissa des mains, et ses naïves lèvres se laissèrent couvrir parles lèvres de Zaël. Elle -ne parla plus, et, danis Tadorabîe silence des vallées endormies, Zaël, pour la première fois, buvait un peu d'âme. .

i6o MERCVRE DE FRANCE

Maintenant, blottie aux flancs de l'Homme, dont elle 'serrait les genoux de ses bras adorants, la Femme redisait passionnément le chant de la Vierge :

« Apportez-moi des fleurs fleurantes et des cinnames

Pour ranimer le cœur de mon Roi qui se pâme; '

Des cinnames pour son âme et des fleurs pour son cœur! »

Zaël songeait à des paroles de son. maître :

«Si. tu trouves le ; Désintéressement et qu'il ait des. vêtements d'homme, prosterne-toi le front dans la pous-^ sière : S'il a des vêtements de femme, prends cette femme et rentre en ta maison, »,

. Ayant songé, il tira sa bourse et. la vida dans la robe entrouverte, maïs la jeune, fille secoua sa robe et pleura.

Alors, Zaël rompit son voeu :

« Viens, tu es Celle que je ne cherchais pas. Viens, et dis-moi ton nom. .

« — Mon nom est Amante et je t'aime. »

Dans l'adorable silence des vallées endormies, Zaël pour la première fois. buvait un peu ■. d'âme, et Amante, amoureusement, picorait les . pièces d'or et une à une les fourrait dans sa chevelure.

' lis étaient deux: au plus creux de la vasque sableuse, deux rivières joignaient leurs, eaux confluentes, la verte Spincha, douce et trouble au printemps, non moins qu'un œil de femme, et l'Agi, noir torrent salé.

Ils étaient deux : sur les coupoles les arbres faisaient de la dentelle : Ali la Jaune, Hassein couleur de rouille, Cazem la toute blanche, et des lunes brisées brillaient sur tous, les dômes.

Ils étaient deux : le blond troupeau bourdonnait autour du fier sultan, du sultan aux cornes d'argent : c'était Tauris, courtisé de plus de collines que Pamour n'amène d'amoureuses, que la peur ne pressé de peureuses aux flancs du mâle flamboyant.

« Vous êtes deux, dit Yezid, avec une ironie qui troubla Zaël, vous êtes deux?...

« REGARDE EN TOI-MJÊilE ET TAIS-TÔK »

Remy de Gourmont.

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