LAMENTATION
A Alfred Vkùlxxte
{S apîzo devant la nier chante) .
Vous, somnolez, vogueurs, vogueurs au. front bruni,* Par ce midi qui fait tomber, lourdes, les voiles, Tandis que, regrettant la fraîcheur des étoiles . Et le pâle matin, des alcyons béni," .
Toute la mer .ondule et brûle, à Pmfinï.
La mer\ elle murmure encor^.. niais combien lasse ! Commeuous; oti dirait que, la poitrine en feu, A la férocité- du jour tranquille -et -bleu, Dans sa vaste agonie, elle demande grâce. * Parfois un vol lassé de grands oiseaux blancs passe.
Un vol blanc et lasse d'alcyons éblouis.
Ah! leurs ailes, ainsi que les. Voiles, sont lourdes.
Maïs, ô clartés du ciel d'été, vous .restez sourdes, .
Et, soleil implacable, ô soleil, tu jouis
De voir nos corps pâlis* nos corps évanouis I .-"
Vainement nous ayons, chairs malades d*ètreintes f Demande la fraîcîxeur à ce golfe^ où le flot Berce. nos deux ennuis d'un placide sanglot, . Et le sable foulé gardera nos empreintes Que baisera. longtemps la mer avec des plaintes.
"■*'"'. ■ . ■ ■■ - O ma sœur; qui maudis comme moi le jour dur, • Dont la joie, emplissant nos âmes d'amertume, Boit; la triste moiteur qui, sur nos gorges, fume. Je. vais, dans tes cheveux, lavés d*un parfum pur ; - Je vais cacher mes yeji^, aveuglés par. l'azur !
Oui', : que-le. sablé luise au bord des grèves blanches, Qu e . 1* al gu e sui ve . l'aigu e et roule . aux flots marins , Pendant que le sommeil alanguira 'nos reins, / Et que, dans les cheveux profonds que tu! m'épanches, J'évoquerai la fraîche obscurité, des branches.
Louis Le Gasdônnel,
l6 i ..: MERCVRE DE FRANCE