‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 88 sur 168 · LA MORT DU ROI · texte numérisé non relu

LA MORT DU ROI

A Maurice Baud ;

Le Roi dépossédé, sur la grève en tourmente, ■ ■ ■ ■' Au désespoir des flots heurte le désespoir Ce survivre à son Sceptre, et de n'avoir point d'hoir A qui léguer.l'Epée et l'Armure Sanglante

Par l'ouragan brutal qui violente la nuit Le R OI féroce rêve aux lointaines bataillé»

Qù, le corps balafré de géantes entailles ' Il noyart dans la- pourpre son royal ennui, i

Il rêve dès Hérauts qui proféraient sa gloire Sur des chevaux cabrés dans le vent meurtrier, Tandis que les Clairons, dressés sur I'étrier Sonnaient à pleins poumons l'hallali de victoire.

Et cest aussi rhorreur des crépuàcules roux : Peuplé, de grands corbeaux, dont les rostres tragiques Fouillent les morls.et les blessés cataleptiques Parmi des Femmes qui sanglotent à genom.... /

— A tout cela rêvant, et. sans nulle épouvante,

Le Roi se dit que puisque tout est bien fini Puisque son peuple ingrat pour jamais l'a banni," Il est temps de vomir son âme impénitente.

Et le triste Monarque aux poings gantés de fer Crispe ses doigts fatals au pommeau de son glaive... iit, farouche, U mourut eu hurlant sur la grève Dans la clameur sinistre et rauque de la mer. *

Jean Court

**a MERCVRE DE FRANCE

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