‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 89 sur 127 · BARNABE · texte numérisé non relu

BARNABE

Un vif tumulte dans le soir d*été. C'était son cœur qu: battait à se rompre : de la joie en inondation, et de la frayeur presque — une frayeur ineffable — d'être. >ï joyeux. Comme ses yeux intérieurs regardaient en luimême, il 'vit un flot de. lumière envahir son être et le remplir d'une incandescente magnificence. L'abondance de cet éclat aveuglait son âme ; il sp sentait sombrer en un vertige éblouissant ; tout s'écroulait . de lui en violentes cascades d'or.

— O ma vie ! cria-t-il.

Le dernier déchirement terrestre se produisit. Il se trouva tout à coup dédoublé. Il lui sembla voir se profiler sur le lit sa forme maladive, et, autour d'elle, des ombres se pencher en pleurant. Sombre, trop sombre était ce décor extérieur : mais en. lui vibrait tant de rayonnement, que ces ténèbres n'épouvantaient peut-être que par contraste. Et peu à peu, dans un enchantement, et par lents dévoilements successifs, se manifestait un milieu nouveau, merveilleusement fertile eh sensations/ radieuses, dont celles produites par la matière né donnaient qu*un informe aperçu. : . .

Il hésita, comme au sortir d'un rêve, .à éprouver sans scrupule la suavité de ces impressions bienvéil^ : lantes.

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