UNE LETTRE INÉDITE
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Le samedi ip janvier 1857, au second tour de scrutin, par 22 voix sur 58, Eugène Delacroix fut nomme membre de l'Institut en remplacement de Paul Delaroche, mort le 4 novembre précédent. La lettre inédite que nous publions se rapporte à cette période et on peut ère fixer la date r eHé fut cèr^^ 8 janvier
1857, 'ISArtiste- se Teiitfrf;a jâ prière : dii ; catéchumène ; les polémiques furent suspendues ;* il parut une simple note annonçant l'élection et ajoutant : « Parmi les candidats, on cite MM, Delacroix, H esse, Lehmann, etc. * Déjà, le 6 décembre 1856, Delacroix avait écrit à Soulier : c A la vérité; je më suis porté pour être académicien; mais il y a si longtemps que j^ai eu cèttie envie-là, que je commence à être blasé sur l'espoir ou là crainte à cet endroit. Malgré une certaine rancune persévérante, on me dit que j'ai plus de chances cette fois. . Dieu le veuille ! > *Et après L'élection, il confie à M. Pérignon (aj janvier) : «Cette élection n'est pas plus mauvaise pour venir plus tard : la difficulté de l'obtenir en augmente pour moi la valeur.» Un peu plus tard, à M. ■ *r : «Cela a rassuré bon nombre d'admirateurs*.. Il fallait Fétiquette. > J^ Artiste^ qui avait consenti a se taire avant, dut parler après. II y eut dans ie numéro du 18 janvier un article de Théophile Gautier ; sans enthousiasme, et avec un lyrisme qui ne sort pas du coeur, Use félicite du résultat : « L'idée romantique pénètre avec lui, enseignes déployées et tambours battants, dans la vieille citadelle classique ; le burg inaccessible a levé sa herse et laissé entrer le preux chevalier dans son harnais de guerre, que tant de horions n'Ont pas faussé, etc. > En somme, Théophile Gautier cherche à éteindre sous un cliquetis de mots le bruit d'une défection qui ne fut même pas utile» puisque, coinme, Delacroix le constate lui-même, son influence à l'Académie se réduisit à presque rien. Cette lettre et le rappel de ces incidents peuvent servir
du moins à montrer à M. Zola que Ton est toujours précédé par quelqu'un sur le chemin des reniements. Que c'est peu de chose, PInstitut, dans la vie d'un, homme de génie 1 Dans la vie de M. Zola, cela pourra compter.
Eugène Delacroix a Clésïnger
« Ce jeudi.
« Cher Monsieur, j'ai bien du regret de n'avoir « été rentré assez à temps pour vous voir.
« J'accepte avec beaucoup de plaisir l'aimable « partie que vous m'offrez avec vous et les cônvi- « ves dont vous me parlez. Je me presse *de vous « répondre pour vous demander défaire en sorte, « si vous le pouvez, que M. HoussaJye ne parle pas « du tout dans l'Artiste de l'élection ^de l'Institut, Y< ou que ce ne soit que de manière à ne point '<< blesser les gens auxquels je vais demander leurs :i Suffrages. Il est arrivé presque toujours, malheu- >«■ reusement, qu'à mon occasion on les a fort « maltraités- Vous concevez comment dans cette « occasion il est important pour moi que rien de « semblable n'ait lieu. Au reste, je crois déjà « m'apercevoir que beaucoup de mésintelligences . « dans ce genre-là commencent à s'aplanir.
« Soyez donc assez bon pour écrire un mot dans « ce sens à M. Houssaye, je tâcherai de mon côté << de le voir. Le numéro prochain doit paraître « après-demain ; vous voyez qu'il n'y a pas de . « temps à perdre, s'il y a . quelque chose à « changer. .
« A mardi donc, mon cher ami, et mille amitiés « et admirations,
« Eugène Delacroix. » .
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