CHATTERTON A HOLBORN
(Fragment)
Requiem
Peut-être, qui sait, la foule qui ,se hâte' -^ Fut pour lui un signe de désespérance ; — Je rimagine errant longtemps, — Jusqu'à l'obscurcissement du jour.
Les fenêtres le virent aller et venir, — Aller et. revenir encore ; — Et toujours la foule passait,, hélas ! — Oh! les faces nues des hommes ! ■
Et quand la journée fut finie, le chemin -r Le conduisit aux mortels précipices : — Douce, vie, quel requiem proférer ?. — Tout est bien, très bien, il dort:
= io MERCVRE DE FRANCE
TOA PASSIONIST
Clad in a vestment wrought with passion flowers- ■ . Célébrant of one Passion ; called by nàme " . ' Passionïst : is thy world, one world with ours ? Thine, a hke heart? Thy very soûl, the same? '
Thou pleadest an eternal sorrow: we
Praise the still changing beauty of this earth.
Passionate gôod and evil, thou dost see :
Our eyes behold the dreams of death- and birtïu
We love the joys of men : we love the' dàwri-, *" Red with the sun, and with the pure dew pearîeâ ■ Thy stem soûl feels, after the sun withdrawn. How much pain goes to perfecting the world.
Canst thou be .rîght ? Is thine the very truth ? Stands then qurlïfe in so forlorn a state ?
Nay, but thou wrongest us ; thou wrong'st our youth - Who dost our happiness compassionate; '
And yet ! and yet ! O roval Calvary !
Whence divine sorrow triumphed through yearspast t Could âges bow before mère memory? .
Those passion flowers mûst blossdm, to the last.
Purple they bloom, the splendour of a King :
Cnmson they bleed, the sacrament of Dèath: ■ About our thrones and pleasaunces they clino-, ■ ■Whçre guilty eyes read, what each blosspm saith. .
Lionel Johnson.
ait
A UNPASSIONNISTE
Vêtu <Tun .habit tissé avec les fleurs de la passion ;
— Officiant d'une Passion : appelé de ce nom, — Passionniste : Ton monde est-il le même que notre monde?
— Ton cœur, le même coeur? Ton àrae, la même
■ âme ? ; '/ '.••.■■■ ■■■■•.'■..''
Tu glorifies une douleur éternelle.; nous — Aimons la. toujours changeante beauté de la terre. — Pour le bien, contre le mal, tu sais te passionner : — Nous considérons le songe de... mourir et de naître..
^ Nous aimons les joies, dés* hommes : nous aimons ràiibè —.Que rosit le 'soleil, qu>mperlela rosée pure.
— Ta rigide âme sent, après que le soleil est parti,
' — Combien dé souffrances encore il '-. faut pour parfaire: le monde. - ■ ■ . .- -
As-tu donc raison ? ta : vérité est-elle la vraie ?.-^- Notre vie estTellë . donc un. tel désert d'abandon ? — Non, mais tues injuste pour nous; injuste .poux notre 1 jeunesse, — Toi qui prends en pitié notre bonheur.
Et pourtant ! pourtant ! Calvaire royal !. — r D'où la divine Souffrance triompha pendant tant d'années! — EstT-il. possible que les siècles se soient inclinés devant un simple souvenir? ■*- Ces fleurs de la passion doivent fleurir, enfin* *.
■Pourprés elles fleurissent,, splendeur d'un Roi :— Eçarlates elles saignent, , sacrement de Mo:çt : — .' Autour de nos trônes et de nos plaisances elles montent, '< — Et nos. yeux, coupables lisent ce qui est écritsur chaque fieur.; : . ; -,