‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 26 sur 109 · BEATRIX · texte numérisé non relu

BEATRIX

Toi par qui lès martyrs ont eu la sépulture, . Blonde Vierge, trésor d'amour et de beauté, Ne gémis pas de Fàpre hiver qui té torture, O Lys qui vas fleurir en Féternel été.

Que t'importent les lourdes grilles et les gênes? Tes yeux de printemps voient la gloire de Jésus, Tu souffres en riant la morsure des chaînes Et tu marches front haut vers les ciëu-x aperçus.

"■'■:,■■ ;■:-., mai 1893 *9

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Ta chaste bouche a dit. les prières pieuses, Et, ravie à la terre où l*azur est menteur, Parmi l'harmonieux chœur dès Victorieuses, Tu chanteras lés hymnes de ton Rédempteur. ;

O Douce, déjà la main <îès Anges constelle Tes cheveux d'or divin et de joie immortelle. -

ODILIS

La voix des cors; émeut Les'montagnes obscures, La chasse; cruelle hurle par la forêt, --'■■--

«c Nous verrons s'il pourra te sauver des morsures, Le Dieu que ta prière illusoire adorait, > ■'

La chasse farouche bondit dans la clairière, '■'"'- \ : . c Non j -tu ne trouveras mil antre ou të cacher.» Le cor sonne ; et voici la Vierge printanière . ^

Qui surgit glorieuse au faîte <fun rocher.

* C'est, Jésus > en ta parole que je me fie ;

Tu m'as ouvert les yeux et je t'aime, à Martyr.

Tai baîsé.tes pieds nus et sanglants : prends ma vie,

Elle est tienne, et je suis préparée à mourir. > : :

Et le Père a crié : « Mes regards voient l'aurore. J'ai péché, Jésus, Dieu d'amour, et je t'implore. *

< O lointaine douceur des flûtes vespérales*..; Entends les flûtes t'appeler .verà les jardins. . Où tu pourras cueillir les fleurs. impériales, "

O Belle qui resplendis comme les: matins.

Entends la voix des fliûtes d'amour,. 6 Suzanne ;

O ma radieuse Impératrice, je veux

Te vêtir d'or lucide et d'argent diaphane

Et couronner de nia couronne tes cheveux. » - -

— « Te ne m'égare pas, loin de la route pure, Par les chemins hantés des serpents et des. loups; \ Sous mon voile et sôus ma robe de brime bure. - Je veux rester fidèle à Jésus, à l'Epoux . »

Oh, sur les noirs créneaux de la prison dolente, Comme elle sourit, la tête blonde et sanglante.

5 o : MERCVRE DE FRANCE

BERTILLA

Aux marges neuves d'un bel évangéliairev L'Àbbesse peint des colombes et des griffons ; Elle peint des rameaux d'olivier et de lierre Ou des Anges volants parmi des ciels profonds.

Là Jésus dort en un berceau de paillé fraîche ; Et voici les trois Rois Mages et les Bergers Que l'Etoile guida vers la divine crèche

Avec les vases d'or et les fruits des vergers.

La sage Abbesse peint de douces rêveries, Le Précurseur, grave et maigre, et vêtu de peau, Et le Seigneur qui dans les mystiques prairies Veille sur les brebis, de son chaste troupeau.

Et la tête de Christ saignant au mur se baisse Pour mieux voir et sourit à, la savante Abbesse.

AQATHA .\

« Vous qui m'avez permis d'aimer et de souifrir, Soyez béni, Seigneur,- Roi des grandes batailles. Qu'elle est douce, la meurtrissure des tenailles, - A la Vierge pour qui vos palais vont s'ouvrir* > .

Elle chante. Des feux d'opale et de saphir, Des feux cléments et doux traversent les murailles ; Dés Anges font brûier, en des vases d'écaillés, Tous les baumes de l'Arabie et de l'Ophir.

Elle chante ses chants, la voix joyeuse et sûre,

Et ne frissonne point de la rude; blessure

D'où sort éperduement le sang chaste et vermeil-

Le bonheur embellit ses prunelles décloses,

.Et son corps apparaît glorieux de soleil,

Tel un jardin de lys où flamboieraient deux roses.

A. -Ferdinand He&old.

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MAI 189a

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