LES UVRES -W
I*es Grands " Enterrements, par ; B^ougb , dessins de Forain, à. GtULLÀmre, HmDKfciHcit, L. Lbg&aud, Srssxaax, Wijxettb (H, Simoais Empis}*-V- présente livraison, page 75.
Cycle patibulaire , par Georges Eekhôto (Bruxelles f Kistemaeckersj* ■ — Recueil de nouYelles toutes fort curieuses» toutes représentatives d'un aspect spécial de la Belgique flamande et surtout de la Campine, toutes écrites selon le rude style si personnel qui fait de M» Eekhoud un écrivain très à part dans la pléiade belge. Il n'est nas, comme d'autres, un bon artisan, bien consciencieux, opérant arec soin et avec -dextérité, ne laissant sortir de ses mains que des pièces parfaites ou parfaitement finies, maïs préservées, par ce mode même de patiente fabrication, de la marque : originalité ; s'il y a, dans sa manière^ beaucoup de voulu, beaucoup d'acquis, il y a aussi beaucoup de spontanéité et beaucoup de tempérament; C'est un réaliste qui dépassé le réalisme, arrive à la création de l'individu, et de là, parfois, jusqu'àj la réalisation . symbolique, ^ comme dans le Maulin-Rorlogie^ Les neuf nouvelles n'ont pas toutes la même valeur, et si Hicp-Hioup encore et OenitUie donnent bien la sensation du nouveau, le , Jardin, quoique d'assez curieuse psycho-physiologie, intéresse moins; il y a un peu de déjà vu dans cette printanière floraison . de chair docile — et candidement oublieuse* Enfin, livre qui, de fragmente, a l'unité que donne, même à des fragments, le talent-- ■' t - :
Paraisp perdido, par àntoîïio . rat Oxtveira-S.ojlrjes . .' fML Gomes, 70, Rua Garrett, Lîsboa), — Que, vont penser la komanité et le Felibrige? Un poète d'outre-Pyrénées, fort au" courant de notre littérature, M, Antonio de Oliveira-Soaies,, oublie qu'il est compatriote de Camoens et sacrifie aux dieux. barbares. L'an dernier, à propos d'un autre. livre devers, Exame de con$ctencia % on remarquait ici même .combien, selon des rhyîhmes traditionnels parmi nous, il se montrait un catholique purement latin, c'est-àrdire une sorte de païen, s'intéressant surtout au culte exté rieur,, i Tencens, aux orfèvreries, aux somptueuses étoffes Hturgiquês.11 ifa point renié
(1) Aux prochaines livraisons : Claires Matinées (Léon Hélyï ; Pochëkkoniê d'autrefois (Chtchédrine): 'CoratM QB™ GMtxoaxL}\ Peau de satin (Paul Ponsolle) ; VAposfolat positiviste au Brésil (Miguel Lemos) ; Le Voyage des Fêlibres et des Cigaliers sur le Rhône et le Littoral {un groupe d'écrivains) ; Un Amant (Émily Brontë) ; L'Envol des Rêves (Arthur Dupont); James Ensor ( Eugène Demolder) ; Sur la Mandoline (Marcel Séraolles); Bois tou sang (Pierre Bévoluv) ; Sur le Retour (Paul Maxgueritte) ; et les livres annoncés déjà. .
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certes — et ce serait fâcheux qu'il y eût consenti — toutes les images éclatantes du catholicisme h ispano- portugais ; m*fis il aime maintenant les plus germaniques parmi les poètes de langue française, i£M. Maurice Maeterlinck, Henri de Régnier, Francis Vielé-Grifflu , et son art, à leur école, est devenu d^motion plus intime, de mysticisme plus pâle. Diraije qu'en cette évolution il me charmé plus encore que jadis, par son caractère ambigu et équivoque et pour apprendre aux vagues lumineuses de Cascaes et de Belem les chansons lointaines qui plaisent aux Nixes du Nord?
Baisers d'Ennemis, par Hugobs Rbbeix (Sauvaiire;. — - Vous êtes un froissé, Maxime, mais vous recherchez avec ingéniosité ce qui vous choque. Riche, vous prenez d'abord comme maîtresse une grue. File est bète, méchante. Elle ne vous aime pas. Es pé riez-vous donc qu'une grue ne serait plus une grue, ou Ta rez-vous^ choisie pour souffrir ? Un bon mouvement : au Heu de lui réciter du Léon Dîerx, mettez Félicienne à la porte et ifen parlez plus. — Félicienne « ne veut pas » quand, elle est en toilette neuve. Elle a raison. Cest dans la salle à manger qu'on mange et d^nsla chambre à coucher qu'on se couche. J'ai entendu une femme s'écrier : <c Non, non, pas dans le salon .*. ça fait des miettes ». — Q-Uei de fois, Maxime, vous déposer négligemment sur la cheminée des bank- notes , des billets de banque, sans doute. Mais combien ? ' Et de combien ? Je voudrais savoir , moi; — Ne trouvez-vous pas que les mots tendre ^ caressant ^ rxqftts ,mélancolique^ fin^ suave et rare^ reviennent souvent sous la plume de , Vauteur? Ces sept mots,, je les lui joue à l'écarté; s'il perd, il n'aura plus le droit de s'en .servir. Nous verrons sa mine* — Vous voilà marié. Vous avez de l'expérience et vous recommencez encore. Maxime, mon cher Maxime, je vous en supplie, déshabituez-vous de dire, aux meilleurs moments de Tamour, des vers qui ne sont pas même de vous. Maintenant, c'est du Théophile de Vian que vous murmurez à ToreiUe de Nell, votre femme légitime. Quelle race! Si ce qui doit vous arriver vous arrive, vous l'aurez mérité ! — Elle est adorable, Nell. D'autres que vous s'en contenteraient et ne lui demanderaient que ule bonheur de dîner à deux, de se livrer aux mille fantaisies d'amoureux exultant de boire au même verre, d'échanger, en un croisement de langues, leur nourriture ». Très bien ! très bien ! — Ouiche l Vous essayez de lui faire comprendre Rubens. Vous menez Nell au Louvre, côté des tableaux, quand elle voudrait aller en face, aux grands magasins du même nom. Mon pauvre ami, vous êtes fou. Vous savez à fond Tart de se rendre malheureux. Vous vous t< remémorez » , vous « évoquer » ; sans cesse , des nuages « se lèvent dans votre mémoire #. Vous perdez le temps présent à dire « zut » au passé ! — Et puis, une fois pour toutes, laissez-donc les orgues de. barbarie et les pianos tranquilles. Un beau piano à queue, ce n'est pas plus sale qu'autre chose. — Le livre est terminé. L'auteur le relit, et se
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juge librement, donne un exemple d'impartialité au critique, et l'attendrit : <* Je revois, dît-il dans ses babillages de Lv ■ sortie, la vie monotone de Maxime, et je me reproche d'avoir un peu trop pris au sérieux un si piètre héros . Je hais tellement les grossiers satisfaits; ces rieurs qui remplissent le monde de leurs éclats et de leur lourde gaieté, que je suis tombé dans l'excès contraire, — les larmes et lés lamentations inutiles. Sans douté que Maxime ne fut point heureux, mais son malheur, qui est aussi, je crois,- celui de beaucoup, n^a cependant pas assez d^importancë pour remplir tout un volume; et -en voulant le dépeindre le plus fidèlement pos-, sible, je me suis probablement abusé..,.; Jem>ccuse t comme d^un outrage à la beauté, quand je notais tant de détails mesquins., d'avoir un peu négligé la :gràce des amies qui se penchèrent sur Maxime pour le consoler^ grâces fuyantes, et, si Ton veut, toutes subjectives, mais ( qu'importe ? } aussi réelles. »
— Tous, nous devrions imiter cette franchise et cette modestie. Aussi je rends volontiers à l'auteur deux des mots gagnés à Técarté, et je les applique à son talent, qui est « exquis et rare ».
Triptyque des Châtelaines/ par Tristan Kungsor f Hors commerce). — Trois courts poèmes qui né sont pas sans faire penser à MML Henri de Régnier et Stuart Merrill: mais ce ne sont là q^ue de très nobles affinités, et avoir élu pour frères de pensée de tels poètes n'indique point im goût sans fierté ni délicatesse; le jour où, sans cesser d'être un loyal et consciencieux artiste, Tristan KlingsoT sera pleinement et uniquement toi-même, sera jour de liesse pour les rares per- . sonnes qui s'intéressent à la poésie „
Contes Chrétiens, le Baptême de. Jésus, ou les quatre degrés du seeptimisme , par T. pe Wtzewa (Perrin). — * Nôtre- Seigneur Jésus-Christ est à la mode; il. figure dans les revues ' de fin d'années, on rédigea même de spéciales tragi-comédies poor mettre en valeur sa figure aimable et sa douce éloquence ; son portrait est en bonne opiacé rue de Rivoli et dans les. passages : bref, c'est un de nos contemporains les plus estimés; X^puscule que voici n'ajoutera rien à sa gloire, mais du moins, comme il y garde le silence, ne lui portera, croyonsnous, aucun préjudice.
Deux Gloires, par F. dé Juixiot (Kolb). r- Trois nouvelles :. Deux Gloires, Un cas d'hypnotisme et Changement d 'école i traitées d'une manière fine, en un style savant, spirituel, juste à point nouveau. I/ironie domine, mais une ironie qui a sa pudeur et qui ntè se livre que par de décents abandons, I/es^ prit est du ton le plus discret ; il y a des malices, de jeune . homme de bonne santé, et cependant des coquetteries de femme . . délicate un peu blasée sur le toujours même mot qu'on écrit
Si MERCyRE DE FRÀXCE
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avec un grand A. Rien de joli comme le flirt de ces deux personnages du Cas d* hypnotisme; ils se dupent tun l'autre et pourtant se de mandent s'ils ne sont réellement pas les victimes l'un et Tant re d'une puissance supérieure (et comme en ce dernier cas... ils ont raison î„„) Beaucoup de. trouvailles de mots jailli es sans effort. A citer celui-ci, dans le Changement tTecoJe'y tombant de la bouche d'une femme pauvre mais très heureuse: n Je sais installée,., comme une fleur i » Dans les Deitx Gloires ^ quelques bons coups de patte à la critique littéraire ,,. et puis, un adorable type de Juif qui suffirait à faire aimer les antres... - En somme, livre agréable à lire, souvent fort bon à méditer.
1*6 S Dons funestes, ârime féerique en 4 tableaux i par Chaules Sax'kier jSavins). — Il me semblerait cruel d'insister
sur ces petits dialogues si de maladroits partisans ne nous en avaient corné l'apologie.* — ^L'imitation des poèmes de Maeterlinck y cst'évident-3 ; au moins, M. Saunier les a subie; il ■ en répète les trucs, il. use des moyens quasi- matériels de produire la sensation de l'é trange , l'inexprimable frisson de Tinconnu, de «la fatalité donnant an fond des choses», qui hantent à la lecture de V Intruse, de la Princesse Mûïetne. — Le frisson , d'ailleurs, ici,' ne se rencontre point; il ne reste que le procédé ; le jeu des personnages simples (le prince, la princesse, la tante \ les silences, les pressentiments, les phrases affectant la profondeur, les réflexions mélancoliques des vieilles gens, etc; — L*idée point neuve des Z>4>ns funestes (illusion > la joie; réalité^ le malheur ;-jie bonheur porte le malheur en germe) n'est rachetée ni par Tampleur de l*a Saturation, ni par ]a beauté du décor ou du geste J — • Si M* Saunier, néanmoins, se piquait de ma franchise, je lui représenterais qu'il écrit dans une langue fort acceptable, et .que très sérieusement, je le pense, il peut nous servir autre chose.
Rimes de Mai, par Hesiu Coxbel, préface de Ga3BJÉhl Vicaïrje, Couverture illustrée de Chqtjbha.c (G. Parrot et Cie)* — Ce titre ■: Rime de Mai, dità la fois que l'auteur a simplement voulu réunir ses poésies de jeunesse sous une couverture et que ces poésies n'ont pas.entre elles l'enchaînement qu'on demande, aujourd'hui à toutes les- pièces d'un livre t qui deviennentcomme les chapitres d'un.s.eul poème,,M, Corbel n'a. pas non plus les préoccupations esthétiques des poètes de cètte.heuxe T et, comme Técrit M. Gabriel Vicaire dans la préface, il « ne vise à rî en, réformer ». — 'II" cherche la -simplicité, en quoi il n'aurait pas absolument tort; mais encore & adraît-rïl, cette forme simple, ne point remployer seulement à la notation directe des choses, ce qui ne fut, d'ailleurs jamais de la poésie, et, quand aux êtres, à ne fixer que des sensations. À qrtoi bon mesurer en lignes rimées ce qu t uiie libre prose rendrait si bien — et mieux ? On trouve ici, par exemple, et assez intense, ce qu'on appelait jadis le « sentiment de la nature*. Orj ce sentiment-là gagne infiniment peu à êtrfe détaillé en
alexandrins. **. En somme» le livre de M. Corbel retarde, et jusque dans les mots:, car il nVst pas rare qu'au beau vers : $V accouple avec un autre d'expression tout à fait surannée, L-auteur est heure usetaent très jeûna, et, à en juger pair deux ou trois de ses dernières poésies, il évolue rapidement, dé)k loin de ses Rimes de Mai. .
Coups de plume, La Jeune»*» de demau, par Fhùlc*
* YAWBfc Bosch (Gand, A. Siiïer), -^ Deux brochure» assez insignifiantes, Tune pour constater le déplorable enseignement des « humanités » eu Belgique, se plaindre 4 e Fénelon (1a<. Cygne de: Cambrai 1 % de lit Harpe et autres raseurs, crier contre la routine pédagogique* glorifier La. Fontaine et la jeune fille de§ tsmps promis, laquelle ne lira plus Georges Sand, Feuillet et Georges Ohnét ; l'autre pour prêcher aux jeunes gens catholiques qu'ils doivent s'exercer a la discussion, fournir des journalistes . et des orateurs à la. Bonne -Cause, fonder des patronages, s'opposer au socialisme. -— «Conquérir la démocratie aux idées a ordre et de pacification, » — - « Le peuple sait 'distinguer merveilleusement ceux qui viennent à lui poux faire leurs affaires, et ceux qui viennent à lui pour faire la sienne.'», 'etc.
Je ne veux point m'àttirer des sottises^ et conséquemment je crois inutile, de contredire M. Vânden Bosch»