BAZINE
T'Am-inte <*'c*t enfuie à travers lesforêts. -
L^c^ureles faims lourdes des loups m les rondes De", n^r? démons et des sorcières vagabonde,, Elle marche, rêvant un rêve clair .et frais.
T 'hiver pale a tué le soleil aux doux rais, , Ft le veït triste éparpille ses tresses blondes ; Elle boit aux torrentsVàpres et froides ondes, Et lasse, dort parmi les lichens et les grès.
Elle marche, elle marche enec "Vjfig™*?* Se nroloncent, monotones et defleunes . NuEe larme ne point à son œil calme et fier.
La-bas, en un pays de jeunesse et d* aurore, Tenant la hache rude et le glaive de fer Régne le Héros qui l'attend et quelle adore-
A.-FERD1NANO JÏEROLD.
OCTONOI «89» *j»
À PjRO*»OS JDE BOTTM&.
IVabord et brièvement ; prétendre que telle ou telle épreuve s'impose connue un jugement di vta, n'est-ce pas quelque présomptueux manquement au respect de Dieuf? , .
te croyant qui, premier, osa qualifier d'uatitoe aussi pompeux une des sanstioûs les plus féroces de notre courte vanité d'apparat Vérigea en byp*>cri te chrétien, et combien outrecuidant. Mais respectons Dieu; existant ou non, il est llaoflfei*" sif refuge et l'illusionnante pacification de tatri: d'âmes qu'il ne faudrait combattre de lui que ses exploiteurs. Si : Dieu nous accordait XhO~ norante importance dé justicier, la piètre bestiole que nous sommes — r dans' Tiafini -— . la traiterait-il d'égal à égal par l'entremise de nos mains si débiles? > .
D'ailleurs, sans discuter les impénétrables desseins de cette entité ni prouvée ni im prouvée^ la Providence ,. il devient supposable qu'expiatioft pour expiation, Celui qui noto condamnerait à naître ne pourrait contre nous^ peine plus cruelle sinon nous condamner & ne pas mour is.
Ne pas mourir 1 #
Un tel état n'apparaît vraiment existe* quen nos orgueilleux Rêves ; d'éternité^ et s'il se réalisait qui ne le maudirait? ;
Mêlas ! la vie etk mort demeurent très mam^
lestement de péreanelle* coetradiçtions* de cet
altier et révérable concept : l'au-delà , superbe
paradis clos de ffr&vm*se# r *&&i& trfc>> uteqjritaire-
ment în&itué. .
Aussi k4«aôn*D^»po*WAiéi^
i 3 6 MERCVRE DE FRANCE
et, plus modestes, dénommons le duel : Jugement
de l'homme.
D'autant qu'avec l'atténuante complicité de Dieu — naïve excuse d'autrefois! — la médiocrité ferrée des bâtées chevaleries entendait bien et surtout se faire justice soi-même à soi-même*
Se faire justice! Que d'ignominies perpétrées sous la prostituée robe rouge de cette Solennelle Apparence!
Se faire justice ! dites donc, ô livides faux bonhommes, se débarrasser de qui gène!
Le juré qui, absout tel réclamatoire bretteur — loyal comme son épée, qui doit sa célébrité à ses , feintes — le même juré qui décapite tel revendicateur des primitives libertés, lâche parce qu'il essaie d'échapper aux trois cent soixante millions de doigts — dix doigts par tète, dirait M. Prudhomme — * qui le dénoncent, d'ongles qui le menacent; ce juré ne sait pas beaucoup plus à quoi s en tenir dans les^ccc que sur les formes de chapeaux et les coupes de cheveux à la mode.
Pas de tignasses et pas de bords plats, puisque nous sommes chauves parle haut et suffisamment plats par le bas.
Au fond, il subit le Sens Commun de Sa jus-.
tice,.ce cher homme !
A peu près comme l'innocent dindon regarderait mélancoliquement cuire quelque imprudent dindonneau qui se serait laissé embrocher, il contemple les coquelichcmardcs sans haine ; cette mort de dindonneau ne le menace guère, lui, Dindon!
Au- grand jour non plus, les armes à feu rie sont redoutables pour monsieur le juré ; il chasse! et pour lui Pâme (?) du revolver ne devient dangereuse que minuit passé (heure indue !); Pâme du fusil, illicite, que le soleil couché (heure,
de l'affût!)
Mais ce qull craint de tout Phorréfiant frisson de ses moelles, c'est Pinconcevable aberration de certains forcenés qui cherchent à déposséder lies
OCTOBRE 189a I37
autres sous prétexte qu'eux n'ont rien. Le voilà, le danger, « fh^dre qui sans cesse renaît de ses cendres *. Aussi, prend-il des poses héroïques en face de l'Ennemi, et il sévit, le brave homme, prononçons l'homme brave pour le flatter — on ne sait point, par « le vent de justice qui court % il faut toujours avoir des précautions dans ses poches.
Oh, rien de plus naturel qu'il sévisse, le juré intègre; il ôent très bien que seuls les vainqueurs trouvent grâce. Quand on peut triompher à si petits frais et se débarrasser de qui vous gêne ! D'une pierre deux coups : brave et libéral; 5 honore le vainqueur d'homme à homme et punit le vaincu d'homme à foule. Et la foule applaudit, j'espère î . "
Ah ça, messieurs les Fièrabras ide toutes nos comédies, il faudrait pourtant nous entendre sur le mot bravoure.
Sérions les exemples, et, de peur d'erreur, proposons comme en théorèmes.
L'individu qui, devant subir Tihquisitoriale épreuve du feu, s'enduisait la main d'une 'substance ignifuge ; l'individu qui, voulant faire subir à un autre l'épreuve de Tépée, s'exerce le poignet une trinité d'heures par jouir : que sont41s, braves ou lâches?
Corollaire : avec où sans préméditation ?
Du monsieur qui le premier donne un coup de poing — souvent par peur d'être atteint , et sûr qu'après le prime soufflet on les séparera" — du monsieur qui force quelqu'un à lui reudre raison sur le terrain, — ou de l'autre par eux frappés, par eux insultés : qui sont les lâches ?
Corollaire : avec ou sans préméditation?
D une société qui rue ses trente-six millions d'esclaves, crétins, mouchards, délateurs, indicateurs, envieux, pleutres, pouacres, justiciers, bourreaux, etc.,., contre un Révolté qui — sûr de payer de la tête — s'insurge, isolé, contre tant d hostilités : quel est le bravé?
tyi MERCVEE PE FRANCE
' Corollaire -, même avec P**^** 6 "* «,„,.
\ toutes ces questions subversives „ bondissant boV» Us pwdy&iw» loi» que lui imposent des AumSsSes séc&ai«es et Uan je * À* I » *pw+cant d'une douloureuse sénilité forcée à la cir- Îïïi3în,r Antique Routine Sociale me crie- JaU^fontiers par £ voix de ses argousins ; : « Au nWde la Loi Je vous arrête», ce qui ressemble
assez à : . . :
— En garde ! -défends- toi I
— Slais je n'ai point d'épée 1
— Tant pis! Vlaal ., .
Et encore un ennemi sur le ««rea^J« c °"g des Don Juan de cette trempe l Les ^? ^eufes en étaient strapassées ! Mais ce qu ib sentai 'Sent gloire de ces marines estrapades de haute
Ve É g tre brave ? Cette faculté s'augmente-t-èlle par l'evercice comme le biceps? A entendre certains auS^entrainent à^insofen* .et : étante* de plus en plus fort en traversant le bois qu est la vie, ie le croirais assez V
y Tel poltron deviendrait-il brave de' par .cet te lâcheté envers le préjugé : aUer sur le terrain ? J'en doute! Alors quel ianfaron nous ^audralt
:*°« A^^emière bataille, disent les vieux du service obuWoiterfes W,«s. saluent les balle^de Ja tète eu?, d'ailleurs ! mais après on ny pense.
^fe^e sais, ne m étant trouvé qu'une fois a Iden, tique fête et très à l'impraviste, P msque ce fut en temps de paix. Je me sentis . pâlir, mais pomt broncher. Et, ma. foi, je raisonnai assez ^froidement le darwer uoùr que 1 inconscience de. mon étalon tt^n fùîmieVlie. De cette in^ve attitude inférer ma bravoure ? ^ue non pas |^ n'ai point telle ««tance ; sais-je si d autres pénk ne me trouveraient pas peureux? D ailleurs )e ne tiens nullement à renouveler l'épreuve. SeraiSrje donc plutôt lâche? \
OCTOBlt£t»9V *>9
un Dieu i Ta wuui .m»w 4< 11* w« «* w jr^r;
Mais je resté de Vavis des bossu* à cet é^ard : si bfca conformé qu'il naisse, jerne reco»B*35 à aucun le droit dérailler BûiBatiTedi3Bof#i#&v^H ne faudrait pas qu'on vînt okl ne craignez
rien, je suis fâche et vous vous dites bravesi Si lâche je me juge, qu'insulté très gravement,
3ue même poursuivi par un implacable ennemi e tenaces calomnies* je né confierai* jamais paon sort au quadruple arbitrage de téw^tto mdxfféren-ts , bu avides de procès-verbaux, dont en définitive deux seraient plutôt mes amisXes bonnes gens, très susceptibles dé déterminer si Tmrore reçue vaut une blessure vengeresse soit au bras soit au cœur, m'assisteraient — assisteraient serait mieux ~ trop désarmés pour imposer à la ■ fatalité la sanction que leur intime sentiment d r équité aiurait pu concevoir, ^
Pour être sûr, bien sûr de la revanche gu on exige, le plus logique est d'àf^ssUier. Oui, d'assassiner ! de s exposer au scandale des « As» 065 *; de comparaître pour, s'être débarrassé de qui. vous gênait, comme on se débarrassera de vous " si vraiment votre acte a gêné la Société, m
Pour ainsi agir, et quant à moi r encore faudraitil que ma violence eût été longuement banderillée 1 Mais,alors T ma patiente bonté^devenue y indicative, sans doute rendrait et exécuterait la sentence de mort qu elle reproche à tout homme assefc faible pour la proférer ! .
Et ce serait encore de la lâcheté I Hélas! Condamner à mortl Quel aveu de chétive infériorité, Puisque c est par terreur de Lui çn'ofl supprime l'Adversaire ! Lui qu'on aime peut-être plus que personne 1 . En vérité ! en vérité! citation en justice, réparation d'honneur, déclaration de guerre, tout cela se tient : ce sont deférocea défis!
On iouel ,
Magistrats et avocats, directeurs et seconds, rois et stratèges règlent les coups sans* jamais les ■■ recevoir l : . - :
M o , MERCVRE DE FRANCE
Et qui gagne?...
Le hasard, c'est-à-dire Tout excepté vous — a moins que ce ne soit une supérieure hypocrisie, une botte savante ou une tactique habile. Et voilà contre quoi vous jouez, et pour quoi? pour
les enjeux I
Voyons les enjeux! mais, avant, posons cette
triplice de principes: '.■"'"
i°Sivous ètesjoueur,ne me forcez point al être;
a" Si je sais mieux jouer que vous, je vous dévalise ;
3" Si je sais moins, je suis détroussé.
Voilà donc les enjeux 1 Insistons. Riche, je puis perdre jusqu'à regagner. Pauvre, je ne puisque perdre jusqu atout avoir perdul À moins que, d un coup traître, je nettoie mon riche! C'est presque
tricher, cela ! .
Un imbécile veut aligner ses jours contre les miens \ Nenni I Je suis certain d'être- roulé l Et qui s'avoue imbécile ? Et qui ne se flatte point de m'ètre supérieur?
Eh bien, voici qui tranchera tout: ne jouez que contre la foule : c'est encore la meilleure bravoure que nous sachions ! Si vous nettoyez d'un coup leRiche imbécile qu^est la foule,— vous le pauvre!
bien que vous ayez triché, personne, pas même
Elle, ne vous en voudra. Elle vous admirera, au contraire. Et dut-elle s'en fâcher que vous lui pourriez répondre: Nos enjeux étaient les mêmes en somme; imbécile ou génial, quoi que je sois» j'étais sur de trouver en toi tous les imbéciles et tous les génies ; tu as perdu. Tais-toi ! — Et; du reste, elle se tait bien respectueusement !
Puis de ce duel héroïque contre la multitude quelques-uns sont sortis vainqueurs qui nous ont laissé d'immortelles œuvres à défaut de cadavres.
Cela, c'est indéniablement mieux qu'occire ses
contemporains, je suppose. *
Oh, quiconque tuerait le duel aurait un peu
plus droit à nos respects que ceux qui en vivent
ou en sont mortsl
OCTOBRE.! 89a M 1
Eh bien, il n'y a qu'un moyen de tuer le duel I Non point le combattre par des argument^ que le moindre frisson de vanité mettrait en fuite ; par des lois? elles n'ont jamais, quand elles ne les créent pas, que pimenté les crimes et les délits; mais par des actes, par le fait, comme disent les, néo-sociologues individualistes*
En fait, et en héroïque exemple, je veux ériger à la face de tous un individu qui m*est très antipathique — peut-être parceque j'ignore l'homme — mais que j'admire énormément,. '— sanç doute parce que je connais ses œuvres !
Ce moderne prototype du brave, c'est M, Léon Bloy, le désespéré, le maudit ou mieux l'interdit.
L'interdit, oui ; et ne point dire que ce soit à ses géniales injures plus ou moins motivées qu'ïï doive de traîner au cou l'épouvantante sonnette des lépreux* que ce soit à une basse envie de ses gigantueuses œuvres qu'il doive de passer pour un sordide père , fouettard chez cette morveuse bande de lettriculteurs que nous connaissons trop, — Non ! celui qui fait les jésuites et les . francsmaçons se signer de concert, celui que la fuite de tous les échos a fini par emprisonner dans le silence, n'est interdit que pour n'avoir point déféré à la conventionnelle lâcheté de se battre. M. Bloy, au péril de ne pouvoir vivre» ou même d'en mourir, n'a point reculé devant la moutonnière réprobation de son époque.
Comme cela le crucifie au-dessus de ses ennemis! .
Eh ! Qu'ils prennent garde, ses ennemis! Tous les gibets se voient à distance, bien qu'on essaie d'enterrer la guillotine en cet hypocrite temps de . couarde philanthrophie (l)V Le Fait attire la persécution comme le paratonnerre la Foudre, Tombée, il la domine. De même pour le gibet.
N'cstimez-.vous pas vraiment beau ce supplicié entre tant de larrons; les mauvais: ceux qui prétendent que: le duel est le plus propre moyen de recoudre son honneur et vous crient ; Allez, Mes-
MERCVRE D* PRAXCE
sieurs', les bons : ceux qui ««««^^hl^ est une déplorable absurdité, mais affirment qu Us
se battraient tout de même. trt „: nW e e t sur-
Oh, les bons larrons ! Je me suis toujours et sur tout méfié de cesgens-là ï Aussi, qu jOa .se tiennent ou non pour insultés, je ne crains . p* ; de leur cra cher cette parole sans excuses possibles, puisque ene me b^ts pas : « Je hais plus £««£££ tolérance résignée que la vaine forfanterie pour
fendeuse des autres !» , f
Ah', pauvres gens! Au-dessus de tant de taux
raves: vive le crânement lacne ï
P.-1S. Roisard.
brav
OCTOBRE i&j» «49