ÉLÉGIE SECONDE
Qu'un beau mîdî se mire aux tranquilles bassins,
Ou qu'un spir> desserrant les roses de son sein.
Vienne àlanguir les hauts platanes des allées, r
Elle^uête du bois, les sentes reculées.
Son pied lève un nuage au milieu du chemin
Letemps d r ttnë guirlande effeuillée à. ses mains . ;
Or' elle rame au lac où, d'entre' les blancs cygnes,
Sa blancheur ondoyante aux regards la désigne,.
Ores, sur la terrasse, appuyée au granit, : ' -'
Elle nage des yeux dans l'azur infini ; :
A quelque soin divers que son âge s'applique :
Qu'elle demeure à se bercer mélancolique, - ■ .
Ou qu'elle éveille un cri joyeux dans' les. halHers : .
Quand elle joue avec ses carlins familiers,
Toujours, dans sa personne, une telle noblesse
Eclate qu'elle semble une belle déesse,; . *
Et que, pour elle épris d'une tendre chaleuiV;
Le gazon sous ses pas fait éclore des fleurs. :'"* -"
Doulce on la nommerait, n*estoit qu'aux chaïèmïes
pue j'embouche à son los, elle fait l'endormie;
Et que mes chants n'ont pu, malgré ce que mon cœur'
Leur prêtait d'éloquence, entamer sa rigueur...
O s' un jour advenait que d un vers je la dompte ï
Sx rival d'Amphion, dont la fable raconte *
Qu'il tirait enchaînés tous les coeurs après lui, '
Je l'amenais aux bords^pù règne mon ennui, . .
Comme après, amoureux des propices ombrages,
J ? y ferais proioaptement marcher ces hauts feuillages
Et 1 étang où sa face, à travers les glaïeuls,
Se trouble au mtisêàu lent d'apprivoisés chevreuils t
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: LE }MOIS A RTISTÏQUE
Quatrième Exposition, des Peintres :'' •. : ^Papressionaistes et Syrètbolistôs
" «Jt a ^" â a r Cd ??^ ¥ P r ? êi l taé coïncidence avec l'exil f^ n ^^ dè t e ^ d& ^9^ 1 ^ fréquence âesxenonveU
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- Tî^^^ 60 ^ P Nymphes Mérâtîques «a «na^»^'- '* ^? on C aT ? c ^ toMeàuJà» délicieux de lignes et de ton les.Ç«-&****, n'eàvoient que leur éârtt de visite ^•Anquetin; expose deux études de personnages, au -
■ de lui, ;et ; de M. Roussel nous espérions mieux qK ■ . îl ^ur alls, ^ insipide; et déplacé de sa Boucherie™ * ' .'• *J? : it S ^ stès ■<&%**** avons coutume de. rencon, ' wer dans le. sympathique .magasin.de la nie Le Pele-
^ "Kî M V Le J BarC :^ Bôutteville, M/ Çh. Cotet, conna
depuis longtemps.paf ailleurs =-~ principalement par"
. .des^nvois toujours personnels au Salon du Champ-dé-
■■'■'■ ÎÏSUTkÎ — °-- aes \ étMe s de Bretagne' qui sont
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-, ■•; SPf f V ai l ét r é e ?^ UHe ^^êtérisgque du talent de
':"■; i'fr-ih^-- Sï? *• - Lm ' don * ïîoi:is «tous vu des payéâg-es
. algériens ^ouissants-de soleil,. a travaillé ses ffi .
■'"«Krti^f"^-'^---^? ^ Bretops daa *, fc ^: . «.
.^^,^^àû venu, delà detnière èxpositioft, ' ; . ' sainrme.. mil comms vin Tvni-hVoî+i»*^ .*__;£ . -• ?
P^tels,dW lumière to^Tj^'iEÏÏ'ïï paysagiste délicat subtil, qui. a saisi des champs la , vie.qui inssonne à fleur.de terre et les émeut. Il observe les règlesde la .division dùton; rien, cependant • dï^^S? rt , a ^ erttf if/P efeta teur-ignorant> il usé avec ASrwf 0#1 ^atteint, lé but en cacnantsa " ïî- C ?-L t.. est la marque d'un véritable artiste.
w*J }?L. avec ''Tprigte** J* * programme 'du Z™^ l ^*>* ™f°*™^"t&»ite,-ane étude sbbie»
vigoureuse, pleine de mérites. J'aime moins 4a Ckanl
'son dugas, maigre, peu assurée, qui illustre un couplet (Tailleurs idiot. Au contraire 7 Sur une chanson de Gustave Maquis m'apparaît une trouvaille, ironie ex- '. quise envers le genre même qu'elle illustre. M. Ibels a fait là en quatre traits tout le procès du sentimentalisme geignard de caf ë-concêrt et de son ridicule.
De M. Guilloux je crois pouvoir affirmer ceci, quun amateur ne peut guère en toute bonne volonté posséder plus de deux de ses œuvres. M, Ch. Guilloux détient une paire d'effets qu'il recommence. Arbres ' eSa-. . ; rés, meules penchées; ce sont toujours des variations sur ces deux thèmes. Son tableau intitulé Splendeur,, '•'■ , plein d'atmosphère et d'une belle coloration ,, montre cependant qu'il pourrait sortir de cette perpétuelle imitation de lui-même. . . ' * ".'••-'.'
Une composition harmonieuse est la pochade aux allures de mosaïque de M. P. Bonnârd, Sous la tànheïle. . : C'est de la vraie originalité qui ne me paraît greffée sur celle de personne.
Mme Jeanne Jacquêmin a modifié le dessin pleureur et sentimental par lequel elle, avait introduit J le. mélo dans la peinture symboliste. Je ne peux que l'en- féli- ■>■ citer, sans goûter encore les deux toiles qu'elle nous, présente.
La Femme qui coud, de P. Sérusier/ plaît par sa robustesse naïve, et les tableautins bretons de M. t Jàn Verkâde, qui tiennent du vitrail,, m'ont séduit- par leur grâce, leur rusticité aristocratique dans la forme, leur délicatesse dans la couleur! On y sent à la fois l'influence des Primitifs et des Japonais, des Primitifs , quant aux personnages, des Japonais quant au décor; mais, ainsi que le disait ^devant ce. tableau M. Jean' Barjeàn, notre confrère de la Révolution , c'est d'un Japonais qui se serait créé une originalité au Japon. :
De H. de Toulouse-Lautrec, Gaby \ c'est. toujours'-.', cette peinture pessimiste, si captivante, et si déprimante à là fois. .-..■''.
Je citerai encore des envois de MM.Vuillard ? Vogler/ Zuloaga, Leheutre, Guillaumin,, le portrait de E. Bernard par Filiger, des paysages de Gïran-Max,,,une :•: . Lêda d'Henry de Groux, une gravure à Teau -forte de Delatre qui rappelle certains Kranàck, des pochades i de Piet, des paysages bien enveloppés d'Osbert. :
Il ne me reste plus à parler que de trois impressions niste de valeur, MM. Pissarro > Signac et Angrand.
Le premier s'est fait représenter par un magnifique
AVRIl; i8 9? ■ ■■: < ^
et lumineux paysage revêtu d'une atmosphère d'or dune enviable richesse;
M. Signac paraît vouloir se relâcher d'une mise eu
pratique rigoureuse du pointillisme^ cela lui réussît
M a obtenu dans. sa Marine, ; avec des taches plus
larges et plus fondues, plus de douceur et de vérité
. .dans la lumière.; ; . ,
Quant à M.- Angrand, : il semble qu'il neige sur sa
Motsson. Perte de sa légèreté dé touche habituelle,
raideur dans ; l'exécution, voilà ce que M. Angiand re-
~ tire de 1 application appoint. Combien je mréfère la
Causeuse, ce très beau tableau qu'il expose à nouveau
qui le révéla aux Indépendants il : .\y a quelques
cannées. Ce qui nje plaît d^ris Angrànd, c'est son res-
. pect absolu des lois de la forme et de la perspective-
ce que j aime moins, c'est qu'il laissé trop apercevoir le souci qu il en a; . :
Au Panthéon.
rM ? i aut t roi 5B re aujourd'hui avec nos habitudes et féliciter la Direction des BeauxrArts. M* Puvis de
\ Vhayannes vient d'être chargé de décorer le panneau que. Ion avait autrefois réservé à Meissonier
C est, prétexte et certitude d'un chef-d'œuvre, une muraille arrachée à l'art officiel. Sans consolation cependant, nous déplorerons ce; dommage quel dès l origine, on n ait pas absolument abandonné au maître le monument de Soufflot et Rondelet, pour qu'il l'a-
; dprne à saguise de la somptuosité de ses fresques ' ■, Nous aurions un Panthéon décoré d'une façon sa-
" ï? n ^' * vec une m âgniûcence picturale inconnue, et M. Puvis de. CbavannesT léguerait à la postérité une . œuvre sans précédent qui lui.auràit pris une partie de sa vie,, en serait aussi l'éternelle glorification.
Au Heu de cela,nous ayons une illustration disparate, lin ensemblfrd œuvres, représentant une grande somme
-de travail, de longues heures de tête à tête avec les murs, mais cela seulement. Désagréable, déconcertant ce manque d'unité, ce bariolage de procédés divers d abord ; pénible, attristant, ensuite, le spectacle de 1 incompétence décorative, de l'incompréhension, de" 1 ininteHectualité , de l'ignorance des peintres mo-
<\ dernes. . .-.'...■
Seul ftL Puvis de Chavannes a fait simple et grand.
■ ar S es teintes diminuées et largement étendues, il a
su effectuer dans la pâleur des pierres de taille et la'
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sérénité- des vastes- panneaux l'union harmonieuse, de l'architecture et de la décoration. Tandis que. là pM r part des compositions — celle de .M- Lévy, JR^r exemple — sont écrasées par la multiplicité /des personna-
pleine d'atmosphère, s'enfonce dans la muraille Jet Fagrandit.
Si la Sainte Geneviève mourante- de M. J . -P* I^Lurens marque au moins. un solide effort de peintre — pas dé décorateur s'entend — ce n'est point, le saint Denis . de drame à sensation de M- : Bonnat, ni rëcœurante et omnîcolore crème fouettée de M. Lévy, noix plus que . Tépïnalesque Jeanne d'Arc de M r Lenepveu, qui pour- . roiït faire excuser radnnuistrationde n'avoir point —eh; . ■. peur des mille coteries d'atelier — délégué au seul digue, à Puvîs de Chavannes, l'exclusif mandat d'embellir le monument où la Patrie reconnaissante aurait pu recevoir avec le faste* qu'ils méritent ses vrais gauds hommes. • ..",-
Un Anglais plein d'humour que. je guidais au Panthéon me dit devant le tryptique de M* I-eiiepvèu: « Si le supplice de Jeanne d'Arc devait, servir de prétexte à de pareilles horreurs, je regrette profondément que mes ancêtres raient brûlée ï * r
Nous ne pouvons souhaiter qu'une chose, c'est que * la Direction des Beaux- Arts, puisqu'elle revient à de . meilleurs sentiments, envoie au îïûcher à son tour la fresque de M. LenepveUj alimenté la flammé avec les oeuvres voisines, et livre enfin les murs libérés à celui qui, de toute prédestination, était destiné aies magnifier, à l'admirable auteur dé Sainte. Geneviève sauvant Parts m .
"TVA-NHOÉ RAMBOSSON-