‹ MéropeChapitre 46 sur 80 · ACTE IV. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE II

POLYPHONTE

Madame, il y va de sa vie.

Votre âme en sa faveur paraît trop attendrie* Pour vouloir exposer à mes justes rigueurs, Par d'imprudents refus, l'objet de tant de pleurs.

Seigneur, que de son sort il soit du moins le maître. Daignez...

POLYPHONTE

C'est votre fils, madame, ou c'est un traître. Je dois m'unir à vous pour lui servir d'appui ; Ou je dois me venger et de vous et de lui. C'est à vous d'ordonner sa grâce ou son supplice. Vous ê es, en un mot, sa mère, ou sa complice. Choisissez ; mais sachez qu'au sortir de ces lieux Je ne vous en croirai qu'en présence des dieux. Vous, soldats, qu'on le garde ; et vous, que l'on me suive. (â Mérope.)

Je vous attends ; voyez si vous voulez qu'il vive ; Déterminez d'un mot mon esprit incertain ; Confirmez sa naissance en me donnant la main. Votre seule réponse ou le sauve ou l'opprime. Voilà mon fils, madame, ou voilà ma victime, f Adieu.

MÉROPE. f

Ne m'ôtez pas la douceur de le voir ; Rendez-le à mon amour, à mon vain désespoir.

POLYPHONTE

Vous le verrez au temple.

Êgiste, que les soldats emmènent.

O reine auguste et chère, O vous que j'ose à peine encor nommer ma mère,

* T-a Grèce en ma faveur est trop inquiétée.

— Racine, Andromaque, act i., se 2.

t Cette réponse de Polyphonte est bien dans le ton tragique et d lin style ferme et concis, sans périphrases, sans épîthètes.

Ne faites rien d'indigne et de vous et de moi I Si je suis votre fils, je sais mourir en roi.

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