‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 3 sur 61 · ATHLÈTES CÉLÈBRES · texte numérisé non relu

ATHLÈTES CÉLÈBRES

l4i profession 4'athléte , chez les Grecs. — Les vainqueurs aux jeux • publics. — Les couronnes. — Le triomphe. — Le musée d'Olyrapie. —

JUilon de Crotone. — Polydamas de Thessalie. — Théagéne. — Les

empereurs Commode et Maximin.

A l'origine des sociétés, la force physique était plus honorée qu'elle ne Test de nos jours. Elle était aussi plus utile. Quand les hommes n'étaient pas encore réunis en communautés, ou que les communautés établies n'étaient pas^ assez puissantes pour protéger tous leurs membres, il était bon que chaque individu pût se défendre luimême. Le progrès vint compléter l'œuvre de la nature et de la nécessité. Tout concourut alors à favoriser le développement de la force matérielle: le climat, la religion et les institutions sociales. Le vêtement, réglé d'après l'ctat d'un ciel toujours pur, ne dissimulait point les formes, mais au contraire les mettait en évidence. La religion n'était autre chose que le culte de la nature extérieure. On adorait la beauté physique sous les noms de Vénus et d'Apollon, la force physique sous les traits d'Hercule. L'esprit finit par l'emporter sur la matière ; mais alors même, la ma tière ne fut pas entièrement vaincue ; comment d'ailleurs l'aurait-elle été? peut-on supprimer le corps? C'est pour-

l FORCE ET ADRESSE.

quoi Samson est, ilans la Bible, le représentant delà Torcc,

comme Hercule dans la mythologie païenne.

11 n'est donc pas étonnant qup, sous l'empire de ces idées, il se soit de bonne heure formé, dans la société antique, une classe spéciale de f^em dont l'unique pensée étail de développer leur force physique et que les États aient piicourag;é cette tendance, en établissant des jeux publics, consacrés À tous les exercices du corps. En Crèce, pour ne pas remonter plus haut dans l'histoire, cette profession s'appelait Vathléli^ue, et ceux qui s'y livraient athlètes.

d'un mot qui signifie travail, et par extension combat. En elTet, les athlètes passaient par de longues et pénibles épreuves avant d'en venir à la lutte en public, fis étaient obligés de se soumetire à un régime particulier, de s'accoutumer à supporter la faim, la soif, la chaleur et la poussière, en un mot, toutes les privations qu'ils devaient subir pendant des eiercices qui duraient quelquefois depuis le matin jusqu'au soir. Aussi, le méde- . cin ûalien n'a pas assez d'invectives contre celte profession, qu'il refuse d'admettre parmi les beaux-arts ; « car.

u roricE piiïSiçuE dans l'antiquité. &

dit-il, on s'y occupe surtout du soin d'accroître le volume des chairs et l'abondance d'un sang épais et visqueux; on n'y travaille pas simplement à rendre le corps plus robusle, mais plus massif, plus pesant, et par là plus capable d'accabler un adversaire par sa masse ; c'est donc un millier inutile à l'acquisition de cette vigueur qui se contient dans les limites de la nature, et en outre très-dangereux. H

Mais l'amour de la gloire, si vif chez les Grecs, faisait oublier aux athlètes les fatigues présentes de la palestre, et les maux dont ils étaient menacés dans l'avenir. Ils n'avaient qu'un but : gagner la récompense accordée à celui qui remportait la victoire. Celte couronne avait peu de prix en elle-même ; elle était, suivant les localités, d'olivier sauvage, de pin, d'ache ou de laurier. On a prétendu qu'autrefois, dans les premiers temps, elle avait éiè ,. . . , , .

r lainqueur à la liille atconipagiir

a or. Hais cette Opmion d'un criear. (BK-relierdumosée

semble contredite par le P'e-cié«.en.ir,,) sentimentdes anciens et des

principaux intéressés, les athlètes eux-mêmes, qui estimaient d'autant plus une telle récompense et en tiraient d'autant plus de gloire, qu'elle était plus simple et sans aucune valeur vénale. La couronne de feuillage ne valait que par l'idée qu'on y attachait, et parce qu'elle se décernait devant la Grèce entière, aux applaudissements du peuple. D'autres ovations attendaient le vain-

6 lORCE ET ADRESSE.

queur, quand il rentrait dans ses foyers avec la couronne et la palme, les deux signes de son triomphe. 11 faisait son entrée solennelle dans la \ille sur un quadrige, précédé de gens qui portaient devant lui des flambeaux et suivi d'un nombreux cortège. Ce n'était point par la porte commune qu'il passait, mais par une brèche pratiquée exprès dans les remparts de la ville. On voulait marquer par celte allégorie qu'une cité, qui comptait dans son sein d'aussi yaillanis athlètes, n'avait plus besoin de murailles pour protéger son indépendance. Mais était-il certain que ces hommes, malgré toute leur force, eussent fait de bons soldats? « Qu'un athlète excelle à la lutte, dit Euripide, qu'il soit léger à la course, qu'il sache lancer un palet, ou appliquer un coup de poing sur la mâchoire de son antagoniste, à quoi cela sert-il à sa patrie? Repoussera-t-il l'ennemi à coup de disque, ou le mettra-t-il en fuite, en s'exerçant à la course, armé d'un bouclier? On ne s'amuse pas à ces bagatelles quand on se trouve à portée du fer... »

Ces triomphes d'athlètes étaient quelquefois très-brillants ; on vit, par exemple, dans la 92® olympiade, Exénète entrer dans Agrigente, sa patrie, avec une escorte de trois cents chars, attelés, comme le sien, de deux chevaux blancs, et appartenant tous à des citoyens agrigentais. Mais là ne s'arrêtaient point les honneurs accordés aux. alhlétes victorieux. Ils jouissaient de nombreux privilèges», soit honorifiques, soit lucratifs. C'e>t ainsi qu'ils avaient le droit de préséance dans les jeux publics, que leur nom était gravé sur des tables de marbre, et qu'ils étaient dispensés des fonctions civiques; d'autre part, ils obtenaient la faveur d'être exempts des charges qui pesaient sur les autres citoyens, et d'être nourris, pour le reste de leurs jours, aux frais du trésor public. Leur ville natale leur érigeait en outre des statues, à l'origine en simple bois de

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