‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 62 sur 104 · L'ARC DANS L'ANTIQUITÉ. — TIR A L’OISEAU · texte numérisé non relu

L'ARC DANS L'ANTIQUITÉ. — TIR A L’OISEAU

L'arc d’Asie. — L’arc des Grecs, dirflcile à soulever et à manier. — Les prétendants de Pénélope. — Télémaque. — L’arme d’L'Ijsse. — Tireurs d’arc dans Homère. — Autres dans Virgile. — Le pauvre Aeeste. — l’ne Héche qui prend feu dans les airs. — Ce qu’en pense Scarron.

L’arc, comme la fronde, était une arme originaire de l’Asie, ou du moins plus caractéristique des peuples d’Asie que de ceux d’Europe. Presque toutes les troupes qui composaient l'armée de Xerxès, lors de son invasion en Grèce, étaient munies de l’arc, ainsi qu’on peut le voir dans le dénombrement que fait Hérodote de ces diverses nations. Mais l’arc asiatique différait par sa forme de celui des Grecs; — le premier ressemblait à un croissant; Tautre présentait une double courbure et se composait de deux parties circulaires, jointes au milieu. Tel est l’arc décrit par Homère, dans l'Iliade, et représenté sur les monuments qui nous sont parvenus de l’antiquité, entre autres sur les marbres d’Égine : « Pandarus saisit son arc brillant, fait avec les cornes d’une chèvre sauvage, que lui-même avait blessée à la poitrine, au moment où elle s’élançait d’un rocher; sortant tout à coup de son embuscade, il lui avait percé le flanc; — l’animal tomba renversé fur le roc; — scs cornes, hautes de 16 palmes, sc dressaient au-dessus de sa tête; un habile ouvrier les avait travaillce.s et polies, puis, les rapprochant l’une de l’autre, les avait réunies sous une monture d’or. » {Iliade, liv. IV.)

L’AIIC DANS L’A.NTiyriTt. — TIK A I.OISEAI'. 271

L’adresse ne suffisait pas alors, comme on serait tenté de le croire, pour faire un bon archer. Le premier point était de pouvoir manier l’arc, — ce qui n’était pas c*liose facile dans l’âge homérique et demandait une force peu commune. Voyez, dans VOdyssée, que d’efforts les prétendants ne font-ils pas pour tendre l’arc d’i lysse! Et pourtant la main de Pénélope en est le prix.

« Écoutez, dit-elle, vous qui ruinez par vos repas et par vos fêtes la demeure d’un héros absent depuis tant d'apnées, vous qui n’avez d’autre prétexte pour justifier ici votre séjour que le désir d’obtenir ma main et de me prendre pour épouse; eh bien, prétendants, je vous propose une lutte dont je serai le prix , et je dépose à vos pieds l’arc redoutable du divin Ulysse. Celui qui tendra facilement cet arc et fera passer une flèche dans tous les anneaux placés au sommet de ces douze piliers obtiendra ma main...» Mais les prétendants ont beau se mettre en quatre et employer toutes leurs forces, ils ne peuvent y parvenir. L’arme est trop pesante pour leurs bras débiles. L’un d’eux est obligé de dire à sort seniteur : « Vite, prépare du feu dans le palais; apporte-nous de la graisse pour que nous la fassions chauffer et que nous en enduisions l’arc d’Ulysse, afin de le rendre plus flexible ; alors nous essayerons nos forces et nous terminerons promptement cette épreuve. » Télémaque, à son tour, essaye de tendre l’arc à trois reprises, mais toujours vainement. Il n’y a qu’un mortel capable de manier cette arme, et c’est Ulysse lui-même, Ulysse qui, revenu dans son palais incognito, saisit l’arc, le soulève plusieurs fois, lâche le nerf, « qui résonne, dit le poète, avec un bruit semblable û la voix de l’hirondelle, » tandis que la flécJie traverse tous les anneaux, depuis le premier jusqu’au dernier, et vient SC planter dans la porte de la salle, au grand ébahissement des cand dats à la main de Pénélope. C’était bien le cas

m FORCE ET AltRESSE.

pour eux (rentomicr en chœur, coinine dans VUryase de Ponsard :

Vieloire au nicndiaiit, victoire !

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