ES ! AN
LA GCOULEUVRE VERTE.
‘ is Fi à Ke
Fig. 280. — L'Oxybèle brillant (1/3 grand. nat.).
pré en dessus et d’un blanc glacé de cette couleur en dessous; on trouve des individus chez lesquels le tronc est coupé en travers de deux bandes verdälres sur un fond purpurescent. La queue est longue, grèle, terminée pas une pointe aiguë. Toutes les écailles sont lisses. La taille arrive fréquemment à un mètre.
Distribution géographique. — Le Brésil, les Guyanes sont la patrie de ce Serpent.
Captivité. — Nous devons à Günther d’inléressants renseignements sur les mœurs de la Couleuvre verte en captivité : « Dans le milieu de l'été, dit ce naturaliste, on proposa au jardin zoologique de Regents Park deux Serpents arboricoles venant de l'Amérique du Sud. Malgré la forte chaleur qui régnail à Londres à ce moment, ces animaux se
BREUM, — Y.
montraient fort paresseux et se tenait raides comme des baguettes. Portés dans une cage, ils se mirent lentement en mouvement et se divigèrent vers un coir, où ils se blotirent sans faire un mouvement, Malgré l’asserlion du gardien qui prétendait queles « Serpents verts » ne vont jamais aux arbres, on placa deux beaux hortensias dans la cage. À peine nos Serpents eurent-ils vu ces plantes qu'ils parurent les regarder branche par branche, feuilles par feuilles. Soudain l’un d'eux se précipila vers les hortensias, pénétra à travers les rameaux et s'enroula dans un endroit où il reposait complèlement sur un lit de verdure. Le mouvement de cet animal fut si rapide, si inopiné, que je ne vis pas comment fit l’autre Serpent pour se placer lui aussi au milieu du feuillage. Les repliles ne descendirent plus sur le sol; de REPTILES — 49
temps en temps l'un ou l’autre d’entre eux redressait la partie antérieure de son corps audessus du feuillage, ce qui le faisait ressembler à un rameau dépourvu de ses feuilles. On essaya, mais en vain, de nourir les Serpents avec des Grenouilles ; on leur donna alors de petits Lézards. Bien qu'on n'ait pas vu manger les Couleuvres, il est certain cependant qu’elles devaient chasser, car les Lézards diminuaient en nombre, et plusieurs fois on observa que le ventre des Serpents étaient très gonflé. Il est grandement probable que, à l'état de liberté, nos reptiles se nourrissent de petits Lacertiens “arboricoles. »
LES DENDROPHIS — DENDROPHIS
Glanznattern.
Caractères. — Boié a désigné sous ce nom des Serpents d’arbres qui ont le corps grêle, très allongé, le cou fort mince, très distinct de da tête, quiest longue et élargie en arrière; la queue est longue et fort effilée. Le museau est mousse; les yeux sont généralement très grands. Les dents sont toutes de même lon- -gueur ; les dents postérieures ne sont pas sillonnées. Toutes les écailles sont lisses, disposées en deux séries latérales, très nettement imbriquées, séparées par des écailles polygonales, occupant la ligne médiane, plus grandes -que les autres, non imbriquées.
Distribution géographique. — Six espèces appartiennent à ce genre; deux habitent les Indes-Orientales; deux, Mozambique; deux, l'Australie.
“ZE DENDROPHIS PEINT. -— DENDROPHIS PICTUS.
Caractères. — Le Schocari des Indiens est un magnifique Serpent arboricole d'environ 4%,50 de long, à la forme élancée, au corps d’un beau vert de feuillage généralement re- Jevé le long du flanc par une bande jaunâtre bordée en dessus comme en dessous par une bande noire. D’autres fois, la bande inférieure est remplacée par une série longitudinale de points noirs. Dans le jeune âge, les côlés du cou sont souvent ornés d’une série de bandes bleues et noires alternant entre elles et se dirigeant obliquement en arrière.
Distribution géographique.
Cetle espèce £st commune à Amboine, à Mindanao, à Sumaira, dans l’Indo-Chine et dans l'Inde.
Mœurs, habitudes, régime. — D'après les
LES OXYBÈLES.
observations de Cantor, le Dendrophis peint se trouve dansles régions montagneuses; il chasse les Oiseaux, les Lézards d'arbres et les Batraciens arboricoles ; lorsqu'il est jeune, il se nourrit d'insectes. Les individus adultes semblent être d'une humeur très irascible et se défendent énergiquement lorsque l’on cherche à s’en emparer; leurmorsureest, dureste, aseez douloureux. Comme les autres Serpents arboricoles de l'Inde, les Shocari, lorsqu'il sont en colère, dilatent la partie antérieure de leur cou, se soulève au-dessus du sol du tiers environ de leur longueur, dardent leur langue avec vivacité et se jettent sur leur adversaire; la morsure faite, ils se replient, tout prêts à s'élancer de nouveau.
Cantor a trouvé dans le corps d’une femelle 7 œufs cylindriques, à coquille molle, mesurant environ 35 millimètres de long.
LES OXYBÈLES — OXFBELUS
Peitschenschlangen.
Caractères. — Sous le nom de Dryophinées, on forme généralement une tribu distincte pour des Serpent dont le corps est très long, très grêle, dont la queue est en forme de fouet, dont la tête est étroite, très appointie en avant, souvent encore prolongée par un appendice parfois mobile. La bouche est fort largement fendue. Les écailles qui revêtent le corps sont étroites et se recouvrent dans une grande partie de leur étendue.
Le genre Oxybèle, qui appartient à ce groupe, fait partie de la famille des Opisthoglyphes de Duméril et Bibron. La têle est fort longue, excessivement étroite et pointue en avant, lerminée par un museau prolongé qui dépasse la mâchoire inférieure; la pupille est généralement horizontale.
Distribution géographique. — Les 5 espèces de ce genre sont de l'Amérique centrale et du nord de l'Amérique du Sud.
Mœurs, habitudes, régime. — C’est avec raison que les Dryophinées sont aussi nommés Serpents-fouels, car on peut réellement les comparer à la ficelle d’un fouet, tant leur corps est mince et extraordinairement allongé. En raison de leur forme, ils vivent exclusivements sur les arbres. Autant surle sol leurs mouvements sont lents et maladroits, autant, au milieu de la verdure, ils sont vifs et gracieux. Avec leur corps si délié, ils posent quelques lacets autour d’une branche et peuvent ainsi se mouvoir
LES DRYINES.
dans la direction voulue, soit pour alteindre une proie en projetant au loin leur tête, soit pour s’élancer sur une branche éloignée.
La conformation de leur œil fait croire qu'ils sont essentiellement nocturnes. Ils chassent les Oiseaux, les petits Sauriens d’arbre. D'après les renseignements de Mosley et de Dillwyns, ces Serpents sont très voraces et se précipitent, pour mordre, sur tous les objets qu’on leur présente. ù
L'OXYBÈLE BRILLANT. — OXYBELES FUIGIDUS.
Glanzfpirschlange.
Caractères. — Celte espèce est des plus grêles, car elle peut atteindre près de 1",70, le diamètre du tronc, dans la partie la plus large, étant seulement de un centimètre ; la queue égale presque la moitié de la longueur totale ; elle se termine insensiblement en une pointe, de sorte qu’elle a pu être comparée, avec raison, à la mèche d’un fouet de cocher; de là est venu le nom vulgaire de coach-whrip, que les Anglais des colonies ont donné aux Oxybèles. Le nez se prolonge en une pointe assez longue (fig. 280); chez les jeunes individus, cet appendice est moins prononcé que chez les adultes.
Le corps est vert en dessus, d’un blanc teinté de verdàtre en dessous; une raie ou ligne élroile, jaunâtre, règne tout le long des flancs. Celte couleur s’harmonise si parfaitement avec celle des arbres au milieu desquels vit l'Oxybèle, qu'il est très difficile de distinguer l’animal. La ménagerie des Reptiles de Paris a possédé un de ces Serpents; celui-ci se tenait toujours sur un caoutchouc ; or il fallait chercher l'animal avec grande attention pour pouvoir l’apercevoir, tant sa couleur se confondait avec celle de la plante.
Distribution géographique. — L'Oxybèle brillant se trouve aux Guyanes et dans le nord du Brésil.
LES TRAGOPS — TRAGOPS
Caractères. — Sous ce nom, Weyler a désigné des Serpents opisthoglyphes chez lesquels la tête se prolonge en un museau pointu et solide ; les narines sont latérales et s'ouvrent dans une pelite plaque étroite et allongée; l'œil est grand, allongé, à pupille fendue horizonlalement, souvent rétrécie au milieu et allongée en arrière ; les plaques sous-orbilaires sont doubles ou triples.
Comme chez tous les Serpents appartenant à la même tribu, le corps est excessivement grêle et atteint souvent jusqu’à 1",60 de longueur, la queue, extrèmement ténue, formant la moilié de cette longueur. Les écailles sont lisses, plus ou moins en forme de losanges allongés; les plaques du ventre se relèvent un peu sur les flancs qui sont légèrement anguleux; les plaques qui recouvrent le dessous de la queue sont en grand nombre et disposées suivant deux rangées.
Distribution géographique. — Ces animaux sont des parties les plus chaudes du sud de l'Asie; ils vivent dans les forêts des Célèbes, de Sumatra, de Java. de l'Inde et de l’Indo-Chine.
LE TRAGOPS VERT. — TRAGOPS PRASINUS.
Caractères. — Cette espèce, aux formes des plus élégantes, est d’une belle couleur verte en dessus, se changeant, dans l’alcool, en bleu brillant irisé. Le dessous du corps est orné, dans sa partie moyenne, d’une large bande jaunâtre, bordée, en dehors, de vert de mer; on voit en outre, de chaque côté, une ligne jaune qui s'étend tout le long des flancs jusqu’à l’origine de la queue, dont la face inférieure est d’une teinte jaune pâle.
D’après Dumérilet Bibron, « quelques jeunes individus sont d’une teinte grise; d'autres semblent porter une sorte de livrée de jeune âge; ce sont des traits et des chevrons bruns dont les angles saillants sont du côté de la tête et s'étendent dans toute la longueur du dos. »
Ajoutons que l'œil est protégé par un rebord saillant formé par les plaques sourcilières, que la région jugale est excavée en arrière, que les écailles sont, au milieu de la longueur du tronc, au nombre de 15 dans une série, qu'il existe 8 plaques supralabiales et 2 ou 3 plaques frénales.
LES DRYINES — DRYINUS Sippe.
Caractères. — Les Dryines ou Passerites ont le museau prolongé en un appendice pointu et cutané, formé par la plaque rostrale ; la pupille est longitudinale, rétrécie au milieu; les écailles du ventre s'élèvent un peu sur les flancs, ainsi que les écailles de la queue ou urostèges qui sont disposées suivant deux:
| rangées.
LE NASIQUE.
Fig. 281. — Le Nasique (2/3 grand. nat.)
LE NASIQUE. — DRYINUS NASUTUS.
Baumschnüffler.
Caractères, — Le Nasique a le corps grêle, très allongé ; la tête est plus large que le cou, oblongue, un peu déprimée en dessus ; le museau se prolonge en une pointe anguleuse qui dépasse notablement la mâchoire inférieure.
Le dos est, le plus souvent, d’un vert brillant, comme irisé, tandis que le ventre est plus pâle et légèrement jaunâtre.
Ainsi que l'ont bien observé Duméril et Bibron, «quand le Serpent est tranquille, les écailles allongées qui le recouvrent se trouvent très rapprochées, mais quand il est excité par la crainte ou par le besoin de saisir sa proie, son corps se gonfle, surtout dans la région antérieure du tronc, et alors l'apparence de l’animal change. Les plaques écailleuses, d'un vert le plus souvent assez foncé, s’écartent les unes des autres et laissent à découvert les interstices de la peau nue, qui est d’une teinte blanche ou jaune; l’écaillure simule alors une sorte
LE NASIQUE.
RVAHRHARDT
Fig, 282. — Le Dipsas dendrophile (1/3 grand nat.),
de réseau. Il en est de même des régions du tronc qui se trouvent successivement dilatées par la présence de petits animaux qui ont été avalés tout d’une pièce, et cet écarlement des écailles persiste ainsi par places ou par régions diverses jusqu'à ce que la proie ait été complètement ramollie ou digérée. »
Sur un Dryine qui a vécu plus d'un an à la ménagerie des Reptiles du Muséum de Paris, lorsque l'animal était irrité, l'on voyait les écailles s'écarter; alors apparaissaient des lignes brunâtres ; le volume de l’animal augmentait surtout dans la région du dos.
Distribution géographique. — Le Nasique est particulier aux Indes Orientales; on le trouve dans la péninsule de l'Inde, aux Philippines, aux Célèbes, à Ceylan, à Sumatra, à Java,
Mœurs, habitudes, régime. — Le Muséum de Paris a possédé pendant plus d’un an un Dryine qui se tenait constamment sur un caoutchouc que l’on avait placé dans sa cage. L'animal restait généralement vers le sommet de l’arbuste el redressait la partie antérieure de son corps, dont la couleur se confondait tellement avec celle de la plante, qu'il semblait en être un rameau légèrement agité par la brise. Le Serpent s'entortille de telle sorte, du reste, que l’on ne voit que la partie supérieure du tronc, le dessous restant appliqué contre les branches. La nourriture consiste en oiseaux, en petits Reptiles, en mammifères de faible taille..Lorsqu'il aperçoit une proie, le Dryine se laisse lentement glisser et, arrivé à portée convenable, se détend brusquement et saisit sa proie, comme le mon
tre bien la figure 281. L'animal étant saisi, le Reptile s'efforce de le faire cheminer jusqu’au fond de sa bouche; c'est à ce moment que les dents venimeuses entrent en action; le venin paralyse les mouvements de la victime qui est alors déglutie avec la plus grande facilité.
LES LANGATIA — LANGAHA
Caractères. — Parmi les Serpents les plus étranges de la famille des Oxycéphaliens de Duméril et Bibron, il convient de citer les Langaba ou Xiphorrhynques.
Ces Ophidiens, qui sont des Opisthoglyphes, ont la tête prolongée par un museau flexible et charnu, couvert de petites écailles lisses et ovales.
Chez le Langaha porte-épée (Zangaha ensifera), cet appendice, d’un tiers environ moins long que la tête, a la forme d’une lame, très pointue à son extrémité libre ; chez le Langaha
LES DIPSAS.
crêle-de-coq (Zangaha crista-galh), l'appendice est en forme de crête dentelée et a quelque ressemblance avec l’appendice que l’on voit sur la tête du coq (fig. 283).
Fig. 283. — Tôte de Langaha crète-de-coq (grand. nat.).
Lesécaillesquirevêtent le corpssontcarénées et en forme de losanges; les plaques de la queue sont disposées suivant deux rangées.
Les narines sont percées dans une seule plaque ; la pupille est ovale, linéaire.
Distribution géographique. — Les deux seules espèces qui rentrent dans le genre sont de Madagascar; il est possible que ces deux espèces ne soient que des différences de sexe.
LES DIPSADIDÉES — D/PSADIDÆ
Nachtbaumschlangen.
Caractères, — Bien que parmi les Serpents arboricoles que nous venons d'étudier, il y ait beaucoup d'animaux nocturnes, ces derniers font plus particulièrement partie de la famille des Dipsadidées.
Celle-ci comprend des Ophidiens au corps assez grêle et très comprimé, à la queue courte, élargie et très distincte du tronc, très atténuée à son extrémité. La tête est grosse, fort distincte du tronc, souvent presque triangulaire; le museau est court, arrondi; les yeux sont grands, proéminents, à pupille fendue verticalement. Le cou est très mince. Les dents postérieures sont presque toujours sillonnées. Assez souvent les écailles de la partie moyenne du tronc sont plus grandes que les autres.
Distribution géographique. — La véritable patrie de ces Serpents esi le nord de l’Amérique du Sud; sur 45 espèces que comprend la famille, 20 se trouvent au Brésil, aux Guyanes; 2 vivent dans l'Amérique centrale; nous notons 14 espèces dans le sud de la Chine et dans l'Indo-Chine ; 5 espèces sont de la partie occidentale et tropicale du continent africain; 2 espèces sont signalées à Madagascar ; 2 es-
pèces sont de la zone circumméditerranéenne.
Rlœurs, habitudes, régime. — Toutes les espèces vivent sur les arbres et ne descendent que rarement sur le sol. Des reptiles et des batraciens arboricoles semblentêtre leur nourriture préférée ; quelques espèces chassent cependant plus particulièrement des oiseaux ou de petits mammifères. Günther s’est assuré que certaines espèces pillent les nids, car il & pu retirer de l’estomac d’un de ces Serpents un œuf de perroquet bien reconnaissable.
Le genre de vie de ces Serpents est encore peu connu, ce qui est étonnant, ces animaux n'étant point rares là où ils existent.
D'après les observations de Wucherer, les Dipsadiens qui vivent au Brésil se cachent, pendant le jour, dans des endroits sombres et: relirés; ce n’est que là nuit qu'ils se mettent en chasse ; ils se rapprochent souvent alors des habitations.
LES DIPSAS — DIPSAS Nachtbaumschlangen.
Caractères. — Les Dipsas sont des Serpents arboricoles nocturnes au tronc cylindrique,
LE TARBOPHIS VIVACE.
allongé, assez comprimé ; la tête est triangulaire, très aplatie et bien distincte du tronc; le museau est court; les yeux sont saillants; la dent postérieure de la mâchoire supérieure est sillonnée. Les écailles sont lisses; les plaques de la partie inférieure de la queue sont disposées suivant deux rangées; les écailles de la série latérale du dos et les trois latérales sont hexagonales, et généralement plus grandes que les autres.
Distribution géographique. — Sur 20 espèces que renferme le genre, 12 se trouvent dans le sud de l’Asie, dans l'Inde, l'Indo-Chine, le sud de la Chine, Java, Sumatra, les Célèbes; 3 sont de la côte d'Or et de la partie ouest du continent africain ; les espèces dont on a formé les genres £'teirodipsas et Thamnodynastes vivent à Madagascar et dans le nord de l’Amérique du Sud.
LE DIPSAS DENDROPHILE. — DIPSAS DENDRO- PHILUM.
Ularburong.
Caractères. — L'Ularburong des Malais est un Serpent paré des plus belles couleurs. Sur un fond noir, chatoyant, se détachent des bandes annulaires d’un gris clair; ces bandes, dont le nombre varie de 40 à 120, sont étroites et généralement divisées par une ligne longitudinale, comme le montre bien la figure 282; parfois ces bandes sont réduites à des taches. Les plaques des lèvres et de la gorge sont jaunes et bordées de noir. Le ventre est parfois d’un noir uniforme, parfois marbré de jaune.
L’étroitesse et la forme arrondie du museau sont caractéristiques; celui-ci est fort épais, relativement à sa longueur, principalement en arrière; on doit noter aussi la forte saillie que fait la partie postérieure de la mâchoire.
La taille arrive à 2 mètres, la longueur de la queue faisant environ un quart.
Distribution géographique. — Celle espèce habite les grandes îles del'Archipelmalais; on la trouve à Java, à Sumatra, aux Célèbes; elle existe également à Singapour et à Pinang.
Mœæurs, habitudes, régime. — D'humeur batailleuse, comme tous les autres membres de la famille des Dipsadidées, le Dendropaile est toujours sur la défensive. Si l’on s'approche de lui, il aplatit son corps, fait vibrer sa queue, rejette la tête en arrière aussi loin que possible, la fait osciller latéralement, darde la langue, puis, se détendant brusquement, se jette
obliquement sur son ennemi, qu’en pleine lumière il manque fréquemment, aussi à Java personne ne le craint-il.
LES TARBOPHIS — 7ARBOPHIS
Trugnattern.
Caractères. — Le genre Tarbophis ne comprend qu'une seule espèce, le Zarbophis vivace, au corps fusiforme relativement court, à la tête bien distincle du cou; les dents antérieures de la mâchoire inférieure sont beaucoup plus longues et plus recourbées que celles qui suivent; les quatre ou cinq crochets de l'os sus-maxillaire sont également plus allongés que les autres; la dent postérieure est cannelée.
LE TARBOPMHIS VIVACE. — TARBOPHIS VIVAX.
Kaenschlange.
Caractères. — Parmi les Serpents d'Europe, celte espèce est facilement reconnaissable à sa longue plaque jugale et à sa pupille verticale, en forme de fente. La plaque pénale est en contact avec l’œil. Les écailles du dos sont de même largeur que les latérales.
Ainsi qu'on le voit sur la figure 284, sur la couleur générale du fond, d'un gris clair ou d'un gris brunâtre, tout parsemé de petits points noirâtres, se détachent trois rangées longitudinales de taches brunes ou noires, qui s'étendent depuis l'origine du tronc jusqu'à l'extrémité de la queue. La première tache est oblongue et recouvre le cou; le plus souvent on remarque une bande brune entre l'œil etle coin de la bouche. Le dessous du corps est parfois tout blanc ou d'un jaune pâle, parfois comme saupoudré ou marbré de brun grisâtre.
La longueur atteint à peu près 1 mètre.
Distribution géographique. — Cette espèce se trouve dans une partie de la zone circumméditerranéenne. Elle a été recueillie en Istrie, en Dalmatie, en Albanie, en Turquie, en Morée, en Grèce; elle estconnue de l'Égypte, de la Géorgie, de la Palestine ; elle vit dans les régions montagneuses qui bordent la Caspienne.
Mœurs, habitudes, régime, — Des parois rocheuses, des pentes couvertes de pierres, des coteaux ensoleillés, de vieux murs tout crevassés, sont les stations où l'on a le plus de chance de trouver le Tarbophis. D'après
LES SCYTALIDÉES.
Fleicnmann, cette espèce craint également le froid et les trop grandes chaleurs, aussi pendant les mois les plus chauds de l’année ne sort-elle de sa retraite qu'avant ou après le lever et le coucher du soleil.
Les mouvements de ce Serpent, plus vifs que ceux de la Vipère, sont cependant plus lents que ceux des Couleuvres proprement dites.
Le Tarbophis senourrit d’Insectes, de Lézards et de petits Mammifères; Duméril a trouvé dans le tube digestif d’un de ces Serpents les débris d’un Gecko à demi digéré.
D'humeur agressive lorsqu'il est en liberté, le Tarbophis est généralement pourchassé à
l’égal de la Vipère, à laquelle il ressemble par sa livrée, de telle sorte qu’en Dalmatie ce Serpent est devenu rare.
Ses allures, d’après Esseldt, rappellent beaucoup celles de la Couleuvre à lacels. Le Tarbophis grimpe avec une extrême agilité et se maintient si facilement sur les branches, qu'on peut à peine lui faire lâcher prise, une fois qu'il s’est enroulé. Il tue sa proie en l’enlaçant.
Erber, qui a observé cette espèce en captivité, note qu’elle s’engourdit en hiver, fait qui mérite d’être mentionné; car Cantraine a vu encore en décembre un de ces Serpents courir à travers les décombres d’un château en ruines.
LES SCYTALIDÉES — SCYTALIDÆ
Caractères. — Les Serpents qui appartiennent à cette famille ont le corps assez allongé, épais, quelquefois légèrement comprimé; la queue, médiocrement longue, n’est pas distüincte du tronc. La tête, élargie par derrière, nettement séparée du cou, est un peu aplatie en dessus. Les narines sont percées d’ordinaire entre deux plaques. La plaque rostrale est parfois un peu développée, mais le plus
souvent courte et convexe antérieurement.
Chez les Clœlia toutes les dents sont lisses; les dents postérieures sont sillonnées dans les autres genres.
Distribution géographique. = [La famille des Scytalidées ne comprend que 5 genres.
Les Rhinostomes, les Scytales, les Clælies, les Oxyrhopes sont de l'Amérique centrale et des
parlies tropicales et inter-tropicales de l’'Amé-
Fig. 285. — Le Scytalc couronné (2/5° grand. nat.).
rique du Sud; sur 4 espèces de Brachyruton, 3 vivent dans les mêmes régions, une vient d’Amboine. On peut dès lors dire que les Scytalidées sont des animaux des parties les plus chaudes du Nouveau-Monde.