‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 179 sur 276 · partie quelconque des chairs molles, où ces · texte numérisé non relu

partie quelconque des chairs molles, où ces

aiguilles s’enfoncent comme le ferait une flèche lancée avec force et vélocité.

« Le but est atteint; quelquefois, il est vrai, la dent se casse, ou elle peut rester dans la plaie; mais la nature a pourvu à son remplacement. Le plus ordinairement, ces crochets se détachent ou se dégagent avec la même rapidité qu'ils ont pénétré, et le Serpent redevient immobile. 11 attend le résultat du poison qu'il a inoculé. En éffet, au bout de quelques minutes, dans l'intervalle même de quelques secondes, l’animal blessé tombe et s’affaisse. Il éprouve de violents mouvements convulsifs, et il ne tarde pas à succomber. C’est alors que le Serpent s'en approche, le retourne, le développe, l’étend pour le saisir de façon qu'il lui soit plus facile de le faire entrer dans la bouche; rarement il essaie de l’écraser et de le

Breus, Reptiles. T. M, p- 449. PI. XY.

Paris, J.-B. Baillièra el Fils, édit. Corbeil,

LA VIPÈRE PÉLIADE.

Crélé, imp.

LA PÉLIADE OU VIPÈRE BERUS.

Fig. 313. — Tête de Vipère aspie, vue en dessus.

comprimer, en l’enveloppant de ses replis. Le plus souvent, c'est par la tête que la proie est saisie, pour être avalée par un mécanisme semblable à celui qui s'exécute chez presque tous les Serpents, c’est-à-dire par l’action alternative des deux mâchoires garnies de dents crochues qui peuvent avancer ou reculer alternativement en sens contraire et successivement (1). »

Ainsi que l'indique leur nom, les Vipères mettent leurs petits au monde vivants; les œufs restent, en effet, dans le corps de la femelle pour y subir une sorte d’incubation, jusqu’au moment où les Vipéreaux peuvent, en raison de leur état de développement, subvenir à leur propre existence.

LA PÉLIADE OU VIPÈRE BERUS. — VIPERA BERUS.

Spiebottern.

Caractères. — La Vipère berus, type du genre Péliade, a la tête assez allongée, moins séparée du cou que chez les Vipères proprement dites. La tête est assez aplatie, doucement arrondie en avant, le cou est un peu comprimé latéralement, sa section étant ovalaire. Le corps est épaissi dans la région du cou, très aminci dans le dernier tiers ; la queue est courte. A partir du cou, le corps s’épaissit peu à peu jusque vers son milieu, puis diminue progressivement de grosseur, de manière à se continuer directement avec la queue.

Chez le mâle, le corps est généralement plus court, plus effilé, la queue relativement plus longue et plus épaisse vers la base. La longueur du mâle atteint rarement plus de 0,65; la longueur de la femelle peut arriver à 0,75. On peut poser en règle générale que la tête atteint

(1) Duméril et Bibron, Erpélologie générale, t. VU, p. 1978.

Breum. — V,

Fig. 314. — Tête de Péliade berus, vue en dessus,

Fig. 315. — ‘lète de Céraste cornu, vue de côté.

environ la vingtième partie, la queue chez le mâle la sixième partie, la queue chez la femelle la huitième partie de la longueur totale du corps.

On ne voit qu'une seule rangée de plaques entre l'œil et les sus-oculaires (fig. 316). Nous

Fig. 316. — Tête de Péliade, vue de côté.

avons déjà dit que le dessus de la tête est généralement recouvert de grandes, plaques, comme chez les Couleuvres (fig. 319). Les écailles du dos sont allongées et rétrécies, celles

Te TT

Fig. 317. — Tête de Vipère aspic, vue de côté.

des flancs et de la queue étant plus larges.

Toutes les écailles portent une carène plus ou moins nette, carène qui n’est cependant qu'indiquée sur les séries contiguës aux plaques

Fig. 318. — Tète de Vipère ammodyte, vue de côté.

abdominales. Le nombre des plaques ventrales | varie dans de si grandes limites qu'il est inutile d’en donner le nombre, qui ne pourrait fournir aucun caractère utile.

Il est peu de Serpents dont la coloration varie autant que la Péliade, de telle sorte que | le seul caractère à peu près constant est la

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