‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 23 sur 276 · REPTILES ET LES BATRACIENS · texte numérisé non relu

REPTILES ET LES BATRACIENS

— CHELONIA

Die Schildkrôten.

Caractères. — On lit dans le vieil ouvrage |

de Gessner : « Les Tortues sont des créatures out à fait étranges ; ces animaux sont si étroitement renfermés dans leur résistante demeure qu'ils ne laissent passer en dehors que la tête et les extrémités des pattes ; encore peuvent-ils retirer ces parties dans l’épaisse carapace qu'ils habitent et les cacher entièrement; cette maison est tellement épaisse qu’une voiture chargée peut passer dessus sans la briser. Ilya trois sortes de Tortues ; les unes habitent la terre, d’autres les eaux douces, d’autres encore l’immensité des mers. »

Gessner, ainsi que tous les anciens naturalistes d’ailleurs, classait les Tortues parmi les animaux quadrupèdes; pour lui les Tortues étaient caractérisées par une circulation sanguine et par la faculté qu’elles ont de pondre des œufs.

On place généralement les Tortues en Lète de la classe des Reptiles ; ces animaux présenlent, en effet, d'assez nombreuses analogies avec les Oiseaux, bien que de prime abord il n'y ait aucune ressemblance entre les êtres qui composent les deux classes; il est assez difficile, cela est certain, de voir, lorsqu'on ne recourt pas à l'examen anatomique, les liens, bien que ceux-ci soient nombreux et très étroits, qui relient les gracieux et légers habitants de l’air aux êtres si pesants, si bornés, si disgracieux qui se traînent péniblement à la surface du sol ou nagent au sein des eaux.

Aucun groupe n’est aussi nettement délimité, aussi bien caractérisé par tout un ensem-

ble de particularités dans la forme et dans l’organisation que celui des Tortues, de telle sorte qu'il n’est personne qui ne les reconnaisse de suite. La présence autour du corps d’une enveloppe solide dans laquelle est enfermé l’animal a une importance aussi considérable comme signe distinctif des Chéloniens que les ailes et les plumes pour la classe des Oiseaux.

Carapace et squelette. — La Cuirasse dermique rigide, qui sert à protéger les parties molles du corps lourd et si peu agile des Tortues, porte le nom de carapace. Celle-ci est formée de deux parlies: une portion supérieure ou dossière (fig. 83), une portion inférieure ou plastron (fig. 86); la jonction entre ces deux partiesest constiluée par une masse cartilagineuse qui tantôt reste molle pendant toute la vie, tantôt s’ossifie ; il en résulte que le bouclier et le plastron forment par leur union une sorte de capsule, ouverte seulement à l'avant et à l'arrière pour donner passage à la têle, aux pattes et à la queue, et dans laquelle le corps est presque complètement renfermé (fig. 85). La longueur du cou et de la queue varie beaucoup suivant les types examinés ; il en est de même de la forme et de la longueur des membres.

qui peuvent avoir la forme de moignons tronqués ou être disposés en puissantes nageoires.

La carapace est, presque toujours, recouverte de plaques écailleuses ou d'écussons:

chez une Tortue de mer toutefois, le Sphargis, la carapace etle plastron sont recouverts d’une peau épaisse et coriace, et il n’y a pas de plaques cornées. Sur la face externe de la cara-

pace sont d'ordinaire appliquées des plaques produites par l’épaississement de l’épiderme, présentant parfois, comme chez les Tortues de mer, un développement considérable, constituant alors ce que l’on connaît sous le nom d’écaille.

Les plaques épidermiques qui ne correspondent nullement aux parties osseuses sous-jacentes sont disposées très régulièrement, de manière à former, surla dossière (fig. 83, 84), une rangée médiane et deux rangées latérales ; tandis qu’il n’y a que deux rangées sur le plastron. Ces plaques sont à peu près disposées de la même manière chez toutes les espèces; leur forme, leur grandeur, les rapports réciproques qu’elles affectent entre elles, varient beaucoup; aussi se sert-on avec grand avantage de ces particularités pour caractériser les espèces

nu

Fig. 83. — Dossière d'Emyde (*}.

dans certains genres; nous entrerons, dès lors, dans quelques détails sur la nomenclature de ces plaques.

Chez les espèces qui ont la carapace couverte d'écailles, et ce sont de beaucoup les plus nombreuses, on distingue une portion centrale ou un disque composé presque constamment de treize plaques; ce sont les plaques centrales ; la partie qui borde la carapace dans tout son pourtour est régulièrement formée à droite et à gauche de vingt-trois ou vingt-cinq plaques dites marginales ou du limbe.

Le plus ordinairement il y a cinq plaques impaires symétriques el régulières, situées sur la partie moyenne et longitudinale de la dos-

(*) nu, nuchale ; v,v, vertébrales; c,c, costales ; #2,m, marginales ; sc, supra-caudale.

sière; ces lames, qui sont dites vertébrales (fig. 83, v), varient beaucoup de forme et de grandeur; en avant et en arrière elles sont unies à celles du limbe ou de la circonférence, mais sur les parties latérales elles se joignent à

Fig. 84. — Dossière de Chelone midas (*).

d’autres grandes plaques au nombre de quatre, très rarement de cinq; ces plaques sont dites costales, c.

Parmi les plaques qui garnissent le pourtour de la carapace "» on distingue par des noms spéciaux une plaque antérieure, toujours impaire, qui est dite nuchale, nu, parce qu’elle corres-

Fig. 85. — Section transversale de la carapace de Chelone midas, dans la région dorsale (**).

pond à la base du cou, et une plaque postérieure ou suscaudale, se, qui recouvre l’origine de la queue.

Lorsque le plastron s’unit largement à la carapace, il existe de chaque côté, dans l’échancrure laissée pour le passage du membre antérieur, une plaque axillaire, et en arrière,

(*) Nu, nuchale, M, marginales ; R, côtes; 1-8, plaques neurales; C1, C8, plaques costales; Py, plaque pygale (d’après Huxley).

(‘*) C, centrum; V, plaque neurale élargie; C; plaque ; R, côte; M, plaque marginale; P, partie latérale du plastron (d’après Huxley).

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