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LE CALAMITE

Fig. 453, — Le Rhinophryme dorsal (1/2 grand.

mais souvent avec des taches ou des marbrures plus apparentes sur le tronc et les membres.

Sur le dos se voit une raie dorsale et volontiers aussi une ligne latérale sinueuse d’un jaune pâle. Des points jaunâtres ou rougeâtres se trouvent sur le dos, Les taches du ventre sont souvent plus serrées et de teintes plus claires que chez les individus adultes.

D'après Ræsel, les têtards sont d’un brun noir en dessus jusqu’à l'apparition des membres postérieurs; ils ressemblent beaucoup aux têtards du Crapaud commun, si ce n’est que leur teinte est un peu moins uniforme et qu'ils sont un peu plus grands.

Lataste, qui a pu observer ces larves, dit qu’elles sont, sur le dos, d’un brun roussâtre foncé, le dessous étant cendré bleuâtre clair sous la poitrine et le ventre, cendré blanchâtre sous la gorge. La queue a la nuance du dos,et la membrane qui l'entoure est transparente, très légèrement rous:âtre avec de très petites et peu serrées ponctuations brunes.

À ces caractères nous ajouterons que les doigts sont palmés à la base, que les parotides sont petites, peu élevées, de forme ovalaire ou subtriangulaire, que le tympan est peu distinct.

Distribution géographique. — Le Calamite se trouve dans toute l'Europe, à l'exception des parlies les plus septentrionales.

Moœurs, habitudes, régime. — D'après A,

BREuM. — V,

de l'Isle, «le Calamite est presque exclusivement nocturne; malgré son extrême abondance, on le trouve peu le jour dans les eaux pluviales, où onle rencontre en si grandnombre pendant la nuit. Il y revient chaque soir, quand le temps est doux, par bandes de trente, quarante, cinquante, cent mâles qui chantent à l'unisson, se taisent, reprennent tous à la fois, et souvent ces chœurs bruyants comme ceux de la Rainette s'entendent de fort loin, à plus d’une demi-lieue de rayon.Son coassement, cu, Crau, cCYrTen, Crrrreau, crrrreau, ressemble par sa monotonie à la stridulation de la Courtilière. Les Rainettes chantent par saccades, par fanfares bruyantes ; elles impriment à leur vessie vocale des impressions brusques, courtes, multipliées; le Calamite, qui l’a plus grosse, des vibrations lentes, prolongées, plus rares.

«Le soir, un chœur de Calamites se fait entendre à distance. Ces animaux sont ventriloques; on les croit à 200 mètres lorsqu'ils sont à 1500. Je fus trompé, non sur la direction à suivre, mais sur la portée et le point de départ de leurs voix. Je les crus dans le lavoir du village voisin; le village passé, plus loin dans une mare, près du ponceau de la route, Le pont franchi, ils chantaient, à n'en point douter, dans un fossé que j'entrevoyais à distance; mais de mare en mare, de fossé en fossé, j'arrivai, après une série d'illusions et de désillu-

LE PANTHÉRIN.

sions, au bord d'un pré profondément encaissé entre le talus d’un chemin etdes vignes. C'était là, dans la mince couche d’eau qui le couvrait par endroits, que se trouvaient disséminés ces animaux au nombre de plus d’un cent, faisant vibrer comme un clairon leur large vessie vocale, et appelant d'une lieue à la ronde les femelles en train de frayer.

«Le Calamite fraye en juin, selon la plupart des auteurs. Cela est exact; mais il fraye aussi, comme je l’ai observé, en mai, en avril, en mars et quelquefois en septembre. En un mot, il offre amplifié le phénomène que nous avons signalé chez la Grenouille verte, d’une ponte échelonnée et successive. »

Le Calamite creuse le sol à l’aide de ses patles de devant; très commun dans toutes les dunes du littoral du Nord de la France, il s’enfouit rapidement dans le sable, Ræsel a observé qu'il grimpe parfaitement le long des murailles à pic pour gagner le trou qu'il habite, souvent placé à plus d’un mètre de hauteur.

Lorsqu'il est attaqué, le Calamite cherche tout d’abord à s’enfuir aussi rapidement que possible, puis, s’il est sur le point d’être saisi, il contracte sa peau de telle sorte que toutes les glandes se vident et qu’il se recouvre d'une humeur blanchâtre, mousseuse, répandant une odeur insupportable. Rœsel compare cette odeur à celle de la poudre brülée, Duméril à l’odeur qu’exhalent les pipes dont on a fait un long usage ou à celle que prend l’orpiment que l’on frotte après l’avoir chauffé.

D’après Lataste, la ponte a lieu en deux cordons, comme celle du Crapaud commun, mais les œufs diffèrent de ces derniers en ce que, au lieu d’être disposés en série alterne, ils sont placés à la file les uns des autres.

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