LES ANOLIS — ANOLIS
Saumfinger.
Caractères. — Les Anolis se distinguent facilement de tous les autres Iguaniens par ce caractère que les doigts, garnis d’ongles, sont élargis près de leur extrémité en un disque ovalaire garni de lamelles écailleuses, et im-
briquées, qui rappellent ce que l’on voit chez |
certains Geckotiens, chez les Hémidactyles, par exemple. Ajoutons que la tête est quadrangulaire, que les membres postérieurs sont plus longs que les antérieurs, qu'il n’exisle pas de pores fémoraux, et que le palais est armé de dents.
« Les Anolis ont, comme plusieurs autres espèces d’Iguaniens, un appendice cutané qui,
prenant naissance sous le menton, se termine |
quelquefois très en arrière de la poitrine. Cet
appendice n’a aucune ressemblance avec un |
goître, mais représente un fancn souvent plissé sous la gorge, qui peut, selon la volonté de l'animal, se déployer à la façon d’un éventail ; alors il est très mince, et son contour, libre, semi-cireulaire, est dentelé ; dans cet état, les écailles dont il est garni restent espacées les unes des autres ; les couleurs les plus vives, variables suivant les espèces, y apparaissent ; c’est le rouge, le bleu, l’orangé, le violet ou le jaune doré ; mais toujours une de ces teintes domine toutes les autres ct se présente sous forme d’une tache circulaire, accompagnée de lignes plus claires, d’un ton rosé, dues à l’espacement des écailles.
« Les mâles ont toujours cet appendice |
gulaire mieux développé que les femelles ; de plus, ils sont reconnaissables en ce que leur
queue est plus épaisse à sa base, et souvent armée, à la partie postérieure. de l'anus, de quelques écailles plus grandes que les autres. Certaines espèces ont la queue comprimée, avec une forte dentelure ou une crête! plus ou moins développée qui, chez les adultes, est soutenue par les apophyses épineuses des vertèbres.
« Leur coloration, quoique souvent uniforme, est brillante, et quelquefois relevéé par des reflets métalliques. Les femelles ont le dessus du corps d’une teinte plus foncée, avec des taches rhomboïdales; ou bien elles portent seulement une bande claire parcourant la région médiane du dos ; la tête est assez souvent pointillée de brun en dessous (1). »
Mistribution géographique. — Les Anolis, dont on connaît une quarantaine d'espèces, habitent tous les parties les plus chaudes de l'Amérique et se retrouvent dans les îles de la mer des Antilles.
Aœurs, habitudes, régime. — Ainsi que nous l’apprend Bocourt, qui a fréquemment observé les Anolis dans l'Amérique centrale, «ces Sauriens si brillants, ordinairement si vifs, et entièrement diurnes, se plaisent au grand soleil; toutes les espèces peuvent, sous certaines influences, non seulement changer de forme, mais encore de couleurs; il est vrai que cette dernière faculté consiste seulement à faire varier celles qui leur sont propres.
Sous l'empire de la peur, ils deviennent tout à coup méconnaissables ; des tons ternes et terreux remplacent les teintes plus ou moins éclatantes dont ils étaient parés. Poursuivis ou observés, ils font leur possible pour disparaître derrière la branche qui les soutient; alors ils ont quelque ressemblance avec les Caméléons : leur corps s’allonge, leur marche devient lente et indécise, leur œil excessivement mobile, ce qui leur permet de voir à la fois en avantet en arrière. Pour échapper plus facilement à leur ennemi, ils se laissent volon tiers tomber dans l'herbe ou sur la terre, pou reprendre aussitôt leur vivacité habituelle. Il est à noter que, lorsqu'ils courent, ils ne laissent jamais traîner leur queue, mais la relèvent en arc afin d'en préserver l'extrémité. On les trouve généralement dans les lieux cultivés, aux environs des habitations, sur les murs, les arbustes et souvent sur les buissons
(1) F. Bocourt, Observations sur les Repliles et les Batraciens de la région centrale de l'Amérique, p. 53.