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LA PIÉRIDE DE L'AUBÉPINE OU PAPILLON BLANC GAZÉ. — PIERIS CIUT.EGI

Baumweiszling.

Caractères. — Ce Papillon (fig. 1274) pour lequel on a le genre Leuconea, dont les mœurs sont tout autres, apparaît en juillet; très peu poudreux, caractérisé par ses nervures noires et par les amas d'écaillés noires qui se trouvent à leurs extrémités. Remarquons aussi que la nervure qui limite en partie la cellule médiane de l'aile antérieure paraît plus épaisse en raison de ses écailles plus nombreuses, etqu'elle suit la règle indiquée précédemment pour toute la tribu.

Distribution géographique. — Elle se trouve en Europe, aussi bien que dans toute l'Asie orientale et occidentale.

Mœurs, habitudes, régime. — La Femelle pond ses Œufs jaunes pyriformes, en amas plus ou moins grands, comme on le voit sur la feuille coupée que nous représentons. Elle les dépose sur les feuilles de Prunier, de Poirier, d'Epine noire, très rarement sur les buissons d'Epine blanche, d'où elle tire cependant sa dénomination technique.

En automne, les Chenilles mangent encore ; mais elles fixent tout de suite l'une à l'autre deux feuilles qu'elles attachentaussisolidement à la branche, de manière à ce qu'elles ne tombent pas avec la chute des feuilles. C'est dans ce tissu, à reflets soyeux, qu'elles passent l'hiver en société. Quand les arbres ont perdu leur feuillage, ces « petits Nids » frappent les regards facilement. Sitôt qu'au printemps prochain les bourgeons verdissent, les Chenilles

se mettent à dévorer, et dénudent bientôt les feuilles et les fleurs avoisinantes, sans leur laisser, souvent, le temps d'achever leur développement. A mesure qu'elles s'accroissent, les Chenilles abandonnent leur demeure commune et se dispersent.

La Chenille (fig. 1275) qui a pris tout son accroissement est grasse, luisante, assez velue ; elle porte sur le dos des lignes noires et rouges, longitudinales, alternées; sa face ventrale est d'un gris-cendré.

A la fin de juin, elle subit sa Nymphose au voisinage des dernières feuilles qui l'ont nourrie; quelquefois aussi elle les abandonne pour grimper sur divers objets. La figure 1276 représente l'aspect de la Chrysalide, ainsi que son mode d'attache régulier; remarquons seulement qu'elle présente des stries claires et des taches noires sur un fond vert-brun ou vert-jaune.

Au bout de douze ou quinze jours, le Papillon éclot.

Ce Lépidoptère est devenu, sûrement, plus rare qu'il n'était jadis.

Pallas (1) rapporte que dans la vallée du Somara, affluent du Volga, les Chenilles de cet Insecte sont tellement abondantes qu'elles empêchent la culture des arbres fruitiers et qu'autour de Vinoska, village situé sur le Volga, le 22 mai 1769, « les Papillons blancs de l'Alisier (Cratsgus) abondaient tellement dans les endroits abrités, que l'atmosphère paraissait remplie de flocons de neige ».

Keferstein raconte qu'en 1829, la route qui va d'Erfurth à Gotha présenta un aspect tout particulier. Tous les arbres fruitiers qui bordaient le chemin étaient blancs, comme dans l'éclat de la floraison la plus riche ; mais ce revêtement floral n'était dû qu'à une foule énorme de Papillons gazés.

Depuis, on ne les a jamais observés en telle quantité.

« Je peux, dit Taschenberg, rappeler un souvenir analogue de ma jeunesse : enfant, je remarquais dans le jardin de mon grand-père une foule effrayante de ces Papillons. Certaines plantes présentaient un aspect particulièrement intéressant, en raison du nombre de ces Insectes qui s'y fixaient pour passer la nuit, et les recouvraient presque entièrement. Pendant le jour, ils entouraient, par milliers, les petites flaques d'eau ; c'est un goût qui leur

(1) Pallas, Voyages en différentes provinces de de Russie, t. I, p. 286.

l'empire

LUS ANTHOCARIS.

Fig. 1271.

Fig. 1272

Fig. 1271. — La Piéride du Navet (Pieris napï). Fig. 1272. — Sa Chenille.

Fig. 1273. - Sa Chrysalide.

Fig. 1276.

Fig. 127 4. — La Piéride gazée (Pieris cratsegi), Fig. 1275. — Sa Chenille.

Fig. 1276. — Sa Chrysalide.

Fig. 1271 à 127C. — Les Piorines.

paraît propre et que les voyageurs des pays lointains leur assignent. Depuis lors, quarante et quelques années ont passé et c'est à peine si j'en ai vu un seul en liberté. Il en est ainsi non seulement dans la province de Saxe, mais encore dans d'autres contrées.

«Un marchand de Papillon s m'écrivait de Hongrie, il y a quelques années, qu'il avait reçu une commande de cent Pieris Cratœgi pour l'Amérique ; il me disait avoir communiqué la commande à tous les membres féminins de sa famille qui lui venaient en aide pour poursuivre ces Insectes, mais il n'espérait pas en collectionner un tel nombre. L'exemple de ce Papillon me semble montrer comment une

guerre à outrance faite à ces Insectes par tout le monde et à fond, au moyen de la destruction des Nids des Chenilles, peut faire d'un Insecte désastreux une rareté recherchée par les collectionneurs. Le Hongrois doutait, en effet, de recueillir une centaine de ces Papil- Ions, tandis que dans mon enfance j'en trouvais, certains soirs, plus de huit cents cadavres. »

LES ANTHOCI1AR1S — ANTHO- CIIARIS

Caractères. — Ces Lépidoptères ont de grandes affinités avec les Pieris, mais ils s'en diss

LES GONOPTEltIX OU RHODOCÈRES.

tingiient nettement: par leurs antennes qui sont assez courtes, à articles très distincts, et se terminent par une massue ovoïde et comprimée ; par la forme des Chrysalides qui sont naviculaires, carénées, dépourvues de pointes latérales et pointues à peu près également aux deux extrémités.

Ici la couleur blanche ne domine pas comme chez les Piérides. On trouve, à l'étranger, des espèces dont les ailes postérieures possèdent seules encore un reste de cette coloration blanche ; et nous n'avons pas à chercher bien loin des espèces chez lesquelles le blanc est remplacé par le jaune ou par l'orangé.

Distribution géographique. — Habitants de

l'ancien et du nouveau monde, les Anthocharis sont nombreux en Afrique et comptent deux espèces européennes.

UuMirs, habitudes, régime. — Comme les

Chenilles des Piérides, celles des Anthocharis se nourrissent de Crucifères et de Capparidées (Câprier).

LA l'Il lillii: AUROIIE OU L'AURORE. — JNTIIO- CII AJIIS CiltUAMINES.

Aurora faltcr.

Caractères. — Chez le beau Papillon qu'on nomme Y Aurore [Anthocharis cardatnines), le

Fig. 1277. — La Piéride aurore (Anihocaris cardamines), Mâle.

Mâle (fig. 1277) seulement offre sur l'aile antérieure, en arrière de sa pointe étroite et noire, une grande tache d'un brun-rouge orangé; la face inférieure de l'aile postérieure présente, chez les deux sexes, des arborisations d'un vert-de-mousse des plus élégants qu'on aperçoit par transparence en regardant l'Insecte par dessus.

Mœurs, habitudes, régime. — La Chenille, grêle, d'un vert clair, présente, sur le dos, des stries d'un blanc verdâtre, et sur les côtés, des points noirs. Elle vit sur diverses Crucifères des prés (Cardatnine impatiens, Brassica campestris, Alliaria officinalts, Turrilis ylabra), et sa

Chrysalide est très particulière ; elle s'effile presque également en avant et en arrière, et ressemble à une navette de tisserand un peu courbée. Après l'hibernation, elle met en liberté, au mois d'avril ou mai, le joli Papillon; celui-ci n'a qu'une ponte annuelle.

Nous représentons fig. 1278 une belle espèce de Piérine démembrée des Anthocharis, le Ze-

Fig. 1278. — Le Zegris Eupheme.

gris eupheme aux ailes blanc-jaunâtre: les supérieures ornées en dessus d'un croissant noir au sommet de la cellule discoïdale et d'une tache orange abords sinueux se détachant sur un fond brun ; les inférieures marbrées de vert en dessous. Il voltige dans le sud de l'Espagne et de la Russie.

LES GONOPTÉR1X OU RHODOCÈRES — GONOPTERIX OU RHODOCERA

Caractères. — La tête petite enfoncée porte : des antennes assez courtes, tronquées, renflées insensiblement depuis le milieu jusqu'à l'extrémité ; des palpes comprimées à dernier article très court. Les ailes supérieures ont toutours le sommet terminé par un angle curviligne ; les ailes inférieures sont arrondies ou pourvues d'un onglet saillant. La couleur dominante des espèces est le jaune plus ou moins pâle, les Mâles ayant une teinte plus vive que les Femelles.

Distribution géographique. — Ce genre,

qui ne compte que S espèces, est représenté en Europe, dans l'Afrique boréale, en Asie centrale, au Japon par une seule espèce ; trois espèces sont de l'Amérique centrale, une autre est indienne.

LES LYGÉNIDES-

LE C1TU0N OU COLIADE CITRON. — IWODOCElll JtHAMNI.

Citronen faltcr.

Caractères. — Le Papillon citron, que tout lemondeconnaît(pl.XX), est:leMâle d'un brun jaune-citron, la Femelle d'un jaune pâle.

Mœurs, habitudes, régime. — Après avoir

été fécondée, elle passe l'hiver. On peut l'apercevoir, au printemps, sur les buissons fleuris, dans les prairies, parmi les Abeillesetles Bourdons, et parmi d'autres Insectes ; ces Papillons ne font entendre aucun chant, aucun bruit; ils sont silencieux ainsi que tous les Papillons diurnes. Ils cherchent, pour y déposer leurs Œufs isolés, les Nerpruns {Rhamnus) en train de bourgeonner.

Les Chenilles se nourrissent des feuilles de ces arbustes; elles sontvertes, et présentent, sur les côtés, une raie blanche, qui vers le haut passe graduellement à la teinte fondamentale.

Elles se transforment en Chrysalides anguleuses, de couleur verte, portant sur les côtés des stries jaune-clair et des taches brun-rouillées et pourvues de gaines alaires saillantes à bords mousses qui leur donnent une physionomie toute particulière..

Le Papillon voltige en juillet et en août.

Distribution géographique. — Son aire

de répartition sur le globe est immense; l'Europe, l'Asie, Syrie, Inde boréale, Amurland, Japon, l'Afrique du Nord, la Californie sont sa patrie.

LE GONOPTERYX CLEOPATIIE. — GONOPTERYX CLEOPATIU.

Caractères. — Ce Papillon, que quelques auteurs considèrent simplement comme une

variété de l'espèce précédente, est également jaune citron, mais les ailes supérieures portent une magnifique tache orangée qui envahit presque tout son milieu.

Distribution géographique. — C'est Un Papillon de l'Europe méridionale et de l'Afrique boréale.

LES COLIADES — COLIAS

Caractères. — D'autres Piérines qu'on pourrait nommer aussi Papillons jaunes se distinguent par une tache argentée sur la face inférieure de l'aile postérieure: celte tache rappelle un peu, par sa forme, un 8, comme, par exemple, chez le Colias Hyale (fig. 1279)

Fig. 12*9. — La Coliade Hyale.

d'un jaune pâle, chez le Colias Edusa d'un jaune orangé, borde.de noir, et chez d'autres encore.

Distribution géographique. — Les espèces

difficiles à distinguer sont répandues dans les régions tempérées des deux continents.

llœurs, habitudes, régime. — Leurs Chenilles rares, un peu pubescentes et atténuées aux extrémités, vivent sur les Légumineuses agrestes {Medicago, Trifolium, Lotus, etc.).

LES LYCEN1DES — LYCEN1DM

Lycâninen. — BMulinge. — Rothlinge.

^Caractères. — Ces Lépidoptères, les plus petits parmi les Diurnes, ont : les antennes droites, à tige toujours annelée de blanc, à massue allongée de forme constante ; les palpes débordant beaucoup la tête, à dernier article plus grêle et bien distinct des deux autres; les yeux oblongs cerclés de blanc ; le thorax robuste; l'abdomen court presque entièrement caché par les bords internes des ailes infé-

rieures qui se replient en forme de gouttière.

Les Chenilles sont tout à fait caractéristiques ; elles sont très raccourcies et simulent des Cloportes ; leur tête est rétractile et leurs pattes sont fort courtes.

Les Chrysalides courtes à extrémités obtuses, à segments immobiles, sont attachées comme les Papilionides, c'est-à-dire fixées par la queue et maintenues par une ceinture.

LES POLYOMMATES.

Distribution géographique. — Les Lycé-

nides ont des représentants dans toutes les régions du globe.

LES THÉCLA — THECLA

Caractères. — Les Thécla ont un port qui rappelle tout à fait celui des Papilionides, leurs ailes inférieures se prolongeant presque toujours par une petite queue; on peut dire que ce sont de pelits Porte-queues.

La face supérieure de leurs ailes est d'un brun sombre, ou d'un vert sombre (Thecla ruùi), et possède ou non des taches rouges ou jaune-rouge indéterminées. La face inférieure paraît toujours parée de couleurs plus vives, maiselle ne présente jamais de taches ocellées.

LE THÉCLA DU CHENE. — THECLA QUEItCUS.

Vicrcichenfalterchen. — Eichenschillerchen. — Kleiner Changeant.

Caractères. — Les ailes antérieures sont triangulaires, les postérieures sont arrondies, et, près de l'angle interne légèrement lobule, elles présentent une dentelure étroite et saillante. Leur surface, d'un brun noir uniforme, sous l'influence d'un éclairage favorable, paraît recouverte d'un duvet violacé.

Sur la base des ailes antérieures la Femelle porte l'une à côté de l'autre deux taches cunéiformes du plus bel azur, dont l'interne est plus étendue que l'externe.

La surface inférieure des ailes est d'un grisargenté brillant; elle présente, dans l'aire marginale, une marque blanche dont le bord interne est plus sombre, et près de laquelle on trouve en arrière des taches rougeâtres. Les antennes, cerclées de blanc, se renflent graduellement en massue, et leur extrémité arrive jusqu'à la moitié du bord antérieur de l'aile. Les yeux, entourés d'écaillés d'un blanc tendre, sont recouverts de poils ; les pattes antérieures sont un peu plus faibles que les autres, dans les deux sexes. L'envergure est de 32mm,5 à3omm.

Mœurs, habitudes, régime. — Le Thécla du Chêne se voit moins souvent en liberté que la plupart des espèces de sa tribu; car il ne se montre qu'isolément, et ne quitte que rarement les hauteurs aériennes les plus élevées ou l'épaisseur du feuillage dans les bois de Chêne. Il se promène sur les feuilles de Chêne ensoleillées, les ailes réunies et inégalement ployées, et semble rechercher la solitude. Un

vol très court, presque une chute, le dépose sur quelque autre feuille où il reprend sa promenade. Ce n'est que lorsqu'une Femelle attend la visite d'un Mule, qu'elle tient ses ailes étendues. Le Mâle déploie alors ses ailes, à son tour, et se rengorge devant la dame qui minaude et remporte le prix de beauté.

Nous ne voudrions pas gêner cesdeux amoureux; aussi nous allons contempler un de ces promeneurs isolés afin d'étudier sa physionomie habituelle.

Après être sorti de sa Chrysalide, qui a passé l'hiver, ce joli Papillon voltige, au mois de juin, sur les Chênes de l'Europe. Peu de temps après la Femelle dépose ses OEufs isolés, sur une feuille ou un rameau de Chêne; les Chenilles éclosesle dévorent, et, dans le cours de l'été, non seulement elles atteignent leur taille définitive, mais elles finissent encore par ramper sous la mousse pour y subir leur Nymphose. Elles appartiennent aux Chenilles-cloportes, parce que leur attitude, bombée en haut, aplatie et excavée inférieurement, rappelle l'aspect bien connu des Cloportes de nos caves. Leur surface brune, qui devient jaunâtre en arrière, est couverte de poils lins, et sur le dos elle présente une série de petits triangles jaunes proéminents, partagés pat une raie noire longitudinale.

Si elle ne présentait vers son milieu un léger étranglement, la Chrysalide pourrait être qualifiée d'ovoïde; elle gît immobile et raide, sans chercher à tortiller son extrémité abdominale vivement comme font généralement les Chrysalides élancées des Papillons diurnes.

Bien d'autres Thecla ont leur résidence en France, en Allemagne, comme dans toutel'Europe centrale {Thecla Spini, Pvuni, Rubi, llicis, et autres), et ressemblent à l'espèce que nous venons de décrire relativement à la conformation des ailes, des antennes, des pattes, et de yeux ; elles vivent sur différentes plantes ligneuses, comme l'indiquent leurs noms.

LES POLYOMMATES — POLYOM- MATUS

Rôthlinge.

Caractères. — Les Polyommates n'ont jamais d'appendices caudiformes aux ailes in> férieures, qui sont seulement prolongées à l'angle anal chez les Mâles et échancrées avant

LE LYGÈNE ICAKE.

cet angle chez les Femelles ; leurs antennes presque aussi longues que le corps ont une courte massue ; leurs palpes droits ont le dernier article long, nu et terminé en alêne.

La coloration des ailes est généralement d'un magnifique fauve doré au moins chez les Mâles, relevé de taches variées suivant les espèces.

LE POLYOMMATE DE LA VERGE D'OR. — POLI - OMMATUS VIRGAXJRJE.

Feiiervogel. — Dukatenfalter. — Goldruthenfultrr.

Caractères. — Le Polyommatus virgaunp a les mêmes dimensions et la même forme que le précédent. Le Mâle (fig. 1280) est le plus flamboyant de tous les Papillons de nos climats ; car la face supérieure de ses ailes brille comme un louis fortement poli, excepté sur ses bords qui sont noirs. La Femelle (fig. 1281) semble parsemée de taches noires, au moins sur ses ailes postérieures; sur ses ailes antérieures, ces taches se disposent suivant deux rangées transversales dans l'aire marginale, et dans l'aire médiane il reste encore deux taches situées l'une auprès de l'autre. La face inférieure est assez semblable chez les deux sexes; l'aile antérieure présente de petits points noirs disséminés sur un fond jaune-rouge sans éclat; trois d'entre eux, disposés en ligne droite à l'intérieur de la cellule médiane, constituent un caractère générique. L'aile postérieure, qui en contient moins, est ornée, tout près de la lisière, de deux mouchetures blanches qui, chez la Femelle, s'étendent en formant une bande complète. Son bord est un peu anguleux, surtout vers l'angle postérieur, mais il n'a pas de dentelure comme le précédent.

llceurg, habitudes, régime. — Le Papillon

de la Verge d'or voltige avec activité, en juillet et en août, parmi les fleurs des bois et des prairies voisines et laisse voir, au repos, la face supérieure de ses ailes.

La Chenille-cloporte de ce Lépidoptère, verte etstriée dejaune, vit sur la Verge-d'or (Soiidago virgaurx) et sur la Patience sauvage (Rumex aculus).

La Chrysalide présente la forme ramassée ainsi que l'immobilité de la précédente et généralement de toutes celles qui proviennent des Chenilles-cloportes ; elle est d'un jaune brunâtre, plus foncé sur les fourreaux alaires.

Le plus commun d'entre les Polyommateï paraît être le Polyommatus Phlœas (fig. 1282).

LES LYCENES — LYCOENA

Blâulinge.

Caractères. — Les yeux à facettes peuvent être nus, ou recouverts de poils. Quelques espèces, qui voltigent d'assez bonne heure sur lcsbrousailles, ont une extrémité caudée assez délicate sur les ailes postérieures; mais elle manque chez le plus grand nombre.

Chez ces Papillons, la face supérieure des ailes est d'une couleur bleue chez les Mâles. Chez les Femelles le brun foncé prédomine; il n'y a de bleu que la base, ou seulement les reflets. La face inférieure est plus ou moins parsemée de points noirs (yeux sans prunelles) ou de taches ocellées disposées en séries auprès de la lisière et dont le noyau brille souvent d'un vif éclat argenté ; un des yeux sans prunelle, constant sur la nervure transversale de l'aile antérieure, constitue un caractère générique; d'où leur nom d'Argus.

Distribution géographique. — On Connaît

plusieurs centaines d'espèces de toutes les parties du monde.

Mœurs, habitudes, régime. — TOUS ces

petits Papillons proviennent de Chenilles-cloportes, et poursuivent leurs jeux allègres en tous lieux vers la fin de l'été, sur les fleurs des prés et des champs, dans les bois et dans les landes arides, mais ils ne semblent pas entreprendre d'excursions très lointaines.

LE LYCÈNE ICARE. — LYCOENA 1CARVS OU ALEXIS.

Hauhechelfalter.

Caractères. — Notre Planche XX représente, dans un groupe, au milieu des Boutons d'or, un Argus, le joli petit Mâle du Papillon-de-l'Arrètebœuf (Lycœna lcarus&e, Borkhausen, Alexis de Fabricius). Il possède encore bien des noms, ainsi que la plupart des espèces de ce genre; ce qui montre combien il est difficile, de l'avis unanime de bien des auteurs, de reconnaître dans une description l'espèce qu'un autre avait en vue.

La face supérieure de l'aile présente ici un beau reflet bleu-rougeâtre, et se trouve encadrée de franges blanches qu'entourent de petites bordures noires. La face inférieure est d'un gris brunâtre, et sa base, d'un vert brunâtre, est ornée de nombreux ocelles et de taches jaune-rouge sur l'aile postérieure.

LE LYGËNB ADONIS.

Fig. 1281. Fis;. 1282. Fig. 1283.

Fi.g. 1280. — Le Polyommate de la Verge d'or, Malt

Fig. 1281. — Femelle.

Fig. 1282. — Le PolyoramaLe Phlcas.

Fig. 1283. — Le Lycène Adonis.

Fig. 1284. — Le Neméobitis Lucina.

Fig. 1285. — Le Nymphale (Limenitis) du Peuplier.

Fig. 1286. — L'Hespérie comma.

Fig. 1280 à 1286. — Les Lycônides, les Érycinides, les Nymphalides et les Hesperidos.

Mœurs, habitudes, régime. — • Le Papillon voltige presque toute l'année et a deux générations par an; il est très commun partout, mais il n'est pas toujours constant dans ses marques.

La Chenille, d'un vert pâle, se reconnaît à une raie dorsale plus foncée et à bordure blanchâtre, ainsi qu'à deux rangées de stries obliques plus sombres. On la trouve en mai, puis en juillet, sur l'Arrête-bœuf commun (Ononis spinosa) dont elle dévore les fleurs.

LE LYCÈNE ADONIS — LYCEN.l ADONIS-

Schôner Argus. — Adonis.

Caractères. — Le Bel-Argus (Lycœna Adonis) (fig. 1283) est certainement le plus beau Breiim. — VIII.

des Papillons bleus d'Europe, car le bleu de ses ailes a un éclat et un feu qu'aucune autre espèce ne possède. Dans les années où ces Adonis se montrent en grand nombre, apparaissent aussi des Femelles dont les ailes, d'ailleurs brunes, ont un reflet bleu éclatant.

Distribution géographique. — Très commun par toute la France, dans les endroits secs et pierreux, il ne se montre que par régions; c'est ainsi qu'il manque dans le nord des Pays-Bas; en revanche, on le rencontre souvent auprès de Halle et en remontant la vallée de la Saal.

Mœurs, habitudes, régime. — Ce Papillon fait

deux pontes; sa Chenille vit sur l'Hippocrèpe, sur les Trèfles et sur d'autres Papilionac'ées,

LES APATURINES.

LES ÉRYC1NIDES — ERYCIN1DM

Caractères. — Ces Lépidoptères ont les palpes en général très petits, les antennes longues, la cellule discoïdale ouverte ou fermée, quatre pattes servant à l'ambulation chez les Mâles, et presque toujours six utilisées dans la progression chez les Femelles.

Les Chenilles ovales, pubescentes ou velues, à pattes très courtes, sont presque des Che-

! nilles-cloportes ; comme les Lycénides, les Pi-

! rérines et les Papilionines, elles se fixent par la

queue et se main tiennent à l'aide d'une ceinture.

Distribution géographique. — La nombreuse famille brésilienne des Erycinides n'est représentée en Europe que par un petit papillon, le Nemeobius Lucino :(fig. 128i, page 265), fort répandu en France dans les bois ombragés.

LES NYMPHALIDES — NYMPHAL1D.E

Die Nymphaliden.

Caractères. — Les plus grands et les plus beaux Papillons diurnes de nos climats, en dehors des espèces dont nous venons de parler, appartiennent à la famille des Nymphalides. Ainsi que beaucoup d'espèces exotiques, ils ont les pattes antérieures atrophiées appliquées contre la poitrine formant palatine, d'où leur nom de pattes palatines; leurs palpes sont grands et s'allongent obliquement; leurs ailes sont également développées ; sur les ailes postérieures, les nervures émanent de la cellule médiane, les nervures 6 et 7 exceptées.

Leurs Chrysalides sont appendues, la tête en bas, et se distinguent souvent par de magnifiques taches d'or ou d'argent.

Distribution géographique. — Les Nymphalides ont des représentants sur tout le globe, d'un pôle à l'autre

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