‹ Merveilles de la natureChapitre 122 sur 412 · LA VANESSE CARTE GÉOGRAPHIQUE.— VA1SESSA IEVANA · texte numérisé non relu

LA VANESSE CARTE GÉOGRAPHIQUE.— VA1SESSA IEVANA

Caractères. — C'est certainement un de nos Papillons indigènes les plus intéressants par suite du phénomène de dimorphisme qu'il présente.

Le type Levana est fauve à marqueterie noire, à trois taches blanches au sommet des ailes supérieures ; la variété Prorsa est brune avec une bande blanche médiane interrompue, quelques points blancs au sommet des ailes supérieures et sur les deux ailes une ou deux lignes interrompues jaunes près de la lisière.

Distribution géographique. — Ce Lépidoptère européen et asiatique est cantonné dans nos environs dans les petites vallées humides, notamment dans celles de laBièvre et de l'Yvette.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Cartes

géographiques (type Levana) voltigent d'abord en avril et mai ; puis le Ver de leur ponte se développe Prorsa qui éclot en juillet et août. Leurs Chenilles vivent en famille sur les Orties au voisinage des eaux.

LliS ARGYNNES - ARGYNN1S

Perlmatterfaltcr.

Caractères. — Tout le monde connaît les Argynnes ou Papillons nacrés qui doivent leur nom aux taches argentées qui ornent la face inférieure de leurs ailes postérieures ; plusieurs rangées de fascies ou de stries y brillent en effet de l'éclat argentin de la nacre; à la face supérieure des marque noires sur un fond jaune-orange simulent une sorte de damier ainsi que des chiffres mal tracés derrière le bord antérieur des ailes antérieures.

Distribution géographique. — Les Argynnes assez nombreuses en espèces, habitent l'ancien comme le nouveau monde; répandues dans les contrées au climat tempéré de l'hémisphère septentrionale seulement, elles remontent vers le nord jusqu'aux région s polaires. L'Europe en renferme en tout 25 espèces, dont 18 habitent la France comme l'Allemagne, car les espèces de l'Amérique méridionale qui por-

L'ARGYNNE TABAC DESPAGNE.

tent les mêmes couleurs et possèdent des taches nacrées plus étendues sur la face inférieure de leurs ailes se distinguent par une conformation alaire essentiellement différente, et constituent le genre Agraulis.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Papillons

se plaisent dans les bois et leurs alentours; leurs espèces isolées ou réunies visitent les l{onces,lesBi'uyères,les Graminées, le Serpolet et autres plantes fleuries dans les clairières ou dans les pacages desséchés. Sous les chauds rayons du soleil, ils voltigent autour de ces fleurs, sources de miel, parfois en tel nombre qu'on peut percevoir le bruit de leurs ailes et se succèdent pourenextraire lesmatièressucrées ; ils se poursuivent en jouant et en folâtrant, et disparaissent à nos regards. Bientôt ils reviennentde tous côtés, et s'abattent surl'une d'elles, chassent quelque Mouche affamée ou quelqu'un de leurs camarades; ou bien ils étalent au soleil sur les feuilles de quelque Chêne voisin, leurs ailes qui jettent mille reflets dorés. Dans ces jeux, il n'y a ni repos ni trêve; ces ébats durent euxmêmes peu de temps. Et pourtant quel contraste entre celte activité et le zèle des Abeilles assidues, des Guêpes belliqueuses, des Pompilides affairées, et de tant d'autres Hyménoptères qui ne sont pas moins nombreux! Mais voici que l'astre du jour se cache derrière un nuage épais. Soudain tout devient calme, à moins qu'une trop grande proximité ne soit la cause de quelque rixe. Arrêtons-nous un instant pour étudier de plus près ces brillants Papillons.

L'ARGYNNE TABAC D'ESPAGNE. — JRGYXNIS PJPIUA.

Kuisermuntel ochr Silberstrich,

Caractères. — C'est le plus grand de nos Papillons nacrés ; il mesure au moins 6cm (fig. 1298). Ses ailes d'un rouge orangé, d'où son nom de Tabac d'Espagne, portent, dans l'aire marginale , trois rangées de taches noires; les ailes antérieures présentent sur l'aire radiculaire, près du bord antérieur, une marque qui reproduit d'une façon plus ou moins nette le nombre 1556; sur l'aile gauche, les chiffres se suivent naturellement dans l'ordre inverse. Chez le Mâle, les nervures, recouvertes d'écaillés noires, présentent des épaisissemenls calleux. Sur la face inférieure, verte, des ailes postérieures, brillent quatre iaies violettes à reflets nacrés : deux cunéiformes et écourtées, dans l'aire radiculaire, et

deux traversant entièrement l'aire marginale ; on peut les voir sur la figure 1298, ainsi que sur la planche XX.

Distribution géographique. — Cette Argynne se trouve dans toute l'Europe tempérée.

Fig. 1804. — Chenille de l'Argyrme Tabac d'Espagne

sur la Violette.

Fig. 1305. — La Chrysalide.

ainsi que dans l'Asie occidentale, la Sibérie, sur les bords de l'Amour.

Mœurs, habitudes, régime. — Elle se plaît

dans tous nos bois et aime se reposer sur les fleurs des Ronces et des Chardons.

LaChenillebrune(fîg.l301),pourvued'épines jaunes, qui porte sur le dos une raie longitudinale jaune bordée de brun, vit sur les Violettes des bois (Viola canina), les Framboisiers des bois (Rubus t'dseus). Elle passe l'hiver, dans un âge encore peu avancé pour achever son développement au printemps et se transformer en Chrysalide (fig. 1305) dans le courant de juin et en Papillon au mois de juillet.

LE PAPILLON NACRÉ. — JltGriVNIS AGLAI.4.

Groszer Perlmutterfalter.

Caractères. — Notre figure de la PI. XX représente, à droite du groupe, dans une clairière, le Papillon nacré. On le reconnaît surtout à son aile antérieure dont le sommet, d'un jaune verdâtre, porte, à la face inférieure, six points argentés très brillants ; les ailes postérieures portent des taches semblables ombrées de vert, disposées surquatre rangées transversales.

Distribution géographique. — Cette belle

espèce indigène est aussi répandue que la précédente.

Mœurs, habitudes, régime. — Comme sa

congénère, elle vole en juillet dans les bois et se pose sur les fleurs des Ronces.

LES MELITEES-

Fig. 1306. — L'Argynne Lathonia. Fig. 1307. — L'Argynne Euplirosine. Fig. 1308.

Fig. 1306 à 1308. — Nymphalines (les Argynnes).

L'Argynne Dia.

La Chenille possède des épines noires et ramifiées. Sur son fond noirâtre on distingue une raie dorsale jaunâtre et des taches latérales briquetées. Elle vit, en même temps que la précédente, sur les Violettes inodores (Viola canina).

Parmi nos espèces indigènes les plus communes, nous citerons encore les Aryynnis Lathonia ou Petit Nacré (fig. 1306), Adippe ou Grand Nacré, Euplirosine (fig. 1307), Selene, Dia (fig. 1308), qui abondent dans toute la France et ne sont pas rares dans nos environs de Paris ; A. Pandora est une belle espèce du midi et de l'orient de la France; A. Niobe vole dans nos régions montagneuses (Alpes, Auvergne, Vosges, etc.).

LES MÉL1TÉES — ME LITE A Scheckenfaltér.

Caractères. — Ces Papillons sont également très nombreux et se rapprochent beaucoup des précédents par la coloration et les marques de la face supérieure de leurs ailes, marques dont la disposition en échiquier a fait donner à ces Lépidoptères le nom de Damiers ; mais ils n'ont point de taches argentées sur leur face inférieure. La cellule médiane des ailes postérieures reste ouverte chez eux, et leurs longs palpes sont très velus, tandis que chez les Argynnis la cellule médiane de l'aile postérieure est close, et les palpes sont recouverts d'écaillés appliquées. La massue antennaire ne possède pas de pointe fine, comme dans le genre précédent.

Distribution gféogpraphique. — Leurs nombreuses espèces sont confinées dans l'hémisphère boréal de l'ancien et du nouveau monde.

La plupart des seize espèces environ que l'Européen possède, se rencontrent aussi bien en France qu'en Allemagne, quelques-unes s'y montrent avec des variétés importantes.

Mœurs, habitudes, régime. — Les prairies

forestières, et les clairières des bois, sont le rendez-vous favori de ces Papillons. Ils représentent ici les Satyres qui errent dans les prairies dont nous parlerons plus loin.

Les Chenilles portent des touffes de poils au lieu d'épines, et vivent comme les précédentes sur les plantes herbacées (ou plutôt sur les » plantes basses », ainsi que s'expriment les Lépidoplérologues).

Les petites Chrysalides, en forme de crosses, sont tigrées de blanc, de jaune et de noir, sans reflet métallique.

Nous citerons, parmi les espèces indigènes : la M. Artemis, commune en mai et août dans nos bois, et dont la Chenille vit sur la Scabieuse succise ; M. Athalia aussi commune en juin et août dans nos taillis, dont la Chenille se nourrit du Mélampyres des bois et du Plantain; M. Cinxia, qui abonde en juin et août dans les clairières et dont la Chenille, dans son jeune âge, vit en société et passe l'hiver sous une tente de soie sur le Plantain, la Jacée, la Piloselle.

LES MORPHINES — MORPHINE

Morphinen.

Caractères. — Chez tous, l'envergure atteint de 13 à 18 centimètres et quelquefois plus encore, de sorte que même à de grandes distances ils n'échappent pas aux regards. Les Mâles de tous ces Morpho ont des pattes antérieures très petites, semblables à des pinceaux ; les deux sexes ont des antennes courtes et minces, terminées par une massue peu consi-

LES SATYIUNKS.

Le Morpho >>eoinolemus.

dérable ; leurs palpes sont aplatis et très écartés, et se terminent par un article petit et conique ; les yeux sont grands et nus; et les ailes antérieures ont le plus souvent la lisière sinueuse.

Distribution géographique. — Les Morphines sont cantonnées dans les régions équatoriales; les Morpho proprement dits sont citoyens de l'Amérique du Sud.

Moeurs, habitudes, régime. — Les gigantesques Morphines sont des Papillons de l'Amérique du Sud, aux couleurs éclatantes, qui volent à une très grande hauteur, rarement à moins de 6 mètres au-dessus du sol; leurs voltiges dans les chemins larges et les clairières des Forêts brésiliennes olfrent à l'observateur un coup d'œil merveilleux. Tandis que les grands Papilio nommés les Chevaliers, dont nous avons parlé déjà, voltigent à travers les rues des cités, dans les jardins, et pénètrent même à travers les fenêtres ouvertes dans les appartements ornés de fleurs, les Morphines ne descendent pas aussi bas, et c'est tout au plus si après les pluies d'orage ils touchent terre pour apaiser leur soif. On leur a donné les Breiim. — VIII.

noms des « héros du siège de Troie». Le Mênêlaûs est d'un bleu magnifique; le Telemachus,Y Helenor, d'une teinte plus mate, ont une écharpe bleue; le Morpho Laërtes, entièrement blanc, porte sur la face inférieure des ailes postérieures une sorte de mosaïque formée par des raies obliques d'une grande élégance. Le Morpho Neoploltmus, figuré ici (fig. 1309), présente, à sa face supérieure, un bleu d'azur brillant comme un métal poli, et possède des reflets d'arc-en-ciel, comme l'opale, avec des tons plus éclatants ; cette face est entourée d'une bordure noire qui se rétrécit en arrière. La face inférieure, brune, est ornée démarques gris-jaunâtres sous formes de zigzags et d'ocelles nucléoles, ainsi que l'indique la figure.

LES SATYRINES — SATYRWM

Die Aeugler. — Die Satyrinen.

Caractères. — Ces Papillons constituent une tribu nombreuse, dont les limites sont nettement tracées grâce à leur coloration et à la disposition de leurs marques, plutôt que grâce à leur coupe alaire et à leurs autres caractères. Insectes. — 127

L'ARGE GALATHEE.

La face supérieure des ailes, d'un brun clair ou foncé, peut avoir une teinte presque uniforme; mais la plupart du temps elle est ornée de points ronds isolés, ou bien de taches ocellées avec ou sans nucléole, en nombre plus ou moins grand, et toujours disposés sur une seule rangée au voisinage de la lisière; ces marques constituent le plus souvent, surtout chez les Femelles, une tache brillante sur l'aile antérieure. La face inférieure des ailes antérieures correspond presque toujours à la face supérieure ; l'envers des ailes inférieures est le plus souvent marbré de brun, et porte des taches ocellées plus nettes et plus complètes, en sorte que celles de la face supérieure semblent résulter seulement de la pénétration plus ou moins parfaite des taches de la face inférieure. Ces taches, généralement noires, présentent au centre un point brillant à reflets métalliques, et sont souvent entourées, en outre, d'un anneau clair à reflets métalliques également. Outre ces marques claires, et l'origine séparée des nervures 6 et 7 dans la cellule médiane, tous les Satyres présentent les caractères suivants : un corps velu ; des griffes tarsales bifurquées ou échancrées; des palpes d'une longueur modérée, très écartés et très velus. La plupart d'entre eux ont une taille moyenne.

Distribution géographique. — Certaines

espèces se montrent exclusivement dans les contrées très septentrionales et se distinguent par une teinte fondamentale plus claire et par unrevêtementd'écaillesextrêmementminceset transparentes(67«'onoAos); d'autres espèces nombreuses habitent spécialement les Alpes et les autres montagnes élevées, mais pas toujours exclusivement [Erebus). Parmi elles se rangent les plus foncées, dont la face inférieure se trouve marbrée par les nervures. Ils se rassemblent surtout dans les prairies et les lieux gazonnés.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Chenilles des Satyres portent à leur extrémité effilée deux pointes caudales qui remplacent les pattes anales absentes; elles sont lisses ou ridées, souvent veloutées, et présentent des stries longitudinales, claires ou foncées. Elles vivent exclusivement sur les Graminées au pied desquelles elles restent cachées, pendant le jour, tantôt sur terre, tantôt sous terre; la nuit venue, elles grimpent sur elles qu'elles dévorent à l'envi.

Les Chrysalides brunâtres sont plus arrondies que chez la plupart des autres Papillons

diurnes, et se trouvent à peu de profondeur sous terre, ou se fixent sous une pierre.

On a réparti les espèces nombreuses de Satyrines en une série de genres différents, suivant la longueur relative des jambes médianes comparativement aux tarses ; suivant la disposition de quelques nervures longitudinales qui présentent ou non des callosités : suivant la terminaison des antennes en boutons ou en massue ; suivant la forme des ailes postérieures dont le bord interne est échancré ou non. Les plus répandus sont les Papillons à bande marginale ocellée, les Erebus, les Papillons ocellés et transparents, les Ciiionobas, les Papillons ocellés à large bande, les Satyrus, les Papillons ocellés sombres, les Epinephele, les Papillons ocellés bigarrés, les Pararge et les Petits Papillons ocellés, les Cœnonympha.

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