A RI LUS
Caractères. — ■ La tête porte une épine derrière la base des antennes qui sont aussi longuesquele corps, et le prothorax est armé, au milieu, d'une lame en forme de roue dentée ou de scie.
LE RÉDUVE A ROUE OU A CRÈTE. — I IULUS SEItliJTUS.
Radwanze.
Caractères. — C'est un Insecte d'un brun grisâtre, noir ou ferrugineux, auxélytres d'une teinte bronzée métallique, aux antennes, au bec, auxhanches, à l'extrémité des cuisses, aux jambes, jaunâtres.
Mœurs, habitudes, régime. — Le Réduve
à roue (Arilus serratus) répandu clans toute l'Amérique provoque par sa piqûre douloureuse, dit-on, un véritable choc électrique. Insectes. — JiiO
LES SALDES.
Le général Davis, observateur consciencieux autant qu'infatigable collectionneur, ayant un jour pris et placé sur sa main un de ces Hémiptères, reçut une décharge aussi forte que celle d'une bouteille de Leyde, décharge qui se fit sentir jusqu'à l'épaule; ayant fait tomber l'Insecte, il vit sur sa main six marques indiquant l'emplacement des six pattes du Réduve.
C'estprobablementlamême espèce qui, sous le nom de Winhuka dans les Andes du Chili, et sous le nom de Rinhuka dans les États Argentins, chasse les habitants de leurs demeures lorsqu'ils viennent y chercher le repos nocturne; néanmoins cette identité n'est pas encore établie.
LES HARPACTOR — HARPACTOR
Caractères. — Le genre Harpactor, qui renferme un très grand nombre d'espèces, est caractérisé par de larges griffes dentelées à leur base à tous les tarses destinés à la marche, par des élytres velues sur leur moitié antérieure et dépassées par l'abdomen sur les côtés, par des cuisses épaissies, et par une tête de largeur constante terminée seulement en arrière par un rétrécissement assez court.
L'HARPAO.TOR ENSANGLANTÉ. — HARPACTOR CRUENTUS.
Blutrothe Schreitwanze.
Caractères. — C'est sans contredit la plus belle espèce européenne de Réduves ; le corps, long de 17 millimètres, est d'une couleur rouge de sang ; le ventre est orné de trois rangées de points noirs ; le bord, tranchant et relevé, de l'abdomen est décoré par une rangée de taches noires. La tête, au voisinage des antennes, et les genoux sont noirs également.
Distribution géographique. — C est une
espèce commune dans le midi de la France et le sud de toute l'Europe.
Mœurs, habitudes, régime. — Cet Hémiptère figuré sur une Vipérine dans notre planche VIII, t. VII, p. 442, intitulée « la Vie nocturne des Insectes », se trouve souvent, pendant l'été, caché dans les fleurs des plantes de ce genre qui sont visitées par un grand nombre de Mouches et d'Hyménoptères. « Je l'ai vu parfois, rapporte Taschenberg, voltiger sous les rayons ardents du soleil, et j'ai appris, en le capturant, combien sa piqûre est douloureuse. »
LES SALDIDES — SALDIDM OU OCU- LATI
Uferlâufei .
Caractères. — Les Saldides n'ont point derrière les yeux d'étranglement formant cou ; les yeux sont gros, saillants et pédoncules; leurs élytres n'ont que des nervures longitudinales.
Avec les Hydromètres dont nous allons parler, les Saldides {Riparii, de Burmeister) forment un groupe de transition qui conduit des Punaises terrestres proprement dites aux véritables Punaises aquatiques.
Mœurs, habitudes, régime. — Elles Vivent
seulement au voisinage de l'eau, aussi bien sur les rives de la mer que sur les bords sablonneux des cours d'eau intérieurs; non seulement elles y courent avec une rapidité extraordinaire, mais elles avancent en bondissant à l'aide de leurs longues pattes postérieures armées d'épines; c'est pourquoi il est fort difficile de s'en emparer. Leur agilité de mouvements et leur vie de brigandage au voisinage des eaux les rapprochent davantage des Hydromètres, au point de vue du mode de l'existence, que des Punaises terrestres, qui se nourrissent principalement de matières végétales.
LES SALDES — SALDA
Caractères. — Le genre Salda, qui contient le plus grand nombre d'espèces, se distingue par un rostre formé de trois articles et arrivant jusqu'au métathorax ; par deux yeux accessoires ; par des antennes à quatre articles im-
Fig. lôSlî. — Le Saldc élégant.
plantées au milieu du bord inférieur des yeux composés ; par des tarses à trois articles dont l'extrémité porte des griffes sans pelotes, enfin par un certain nombre de cellules allongées situées dans la mince membrane des ély-
LES HYDROMETKIDES.
très. La tète paraît courte et élargie en raison de la saillie des yeux ; elle est toujours plus large que le prolhorax clans sa partie antérieure. Le corps, dans son ensemble, est. ovoïde ou un peu allongé.
LE SALUE ÉLÉGANT. — SALDA ELEGANTULA.
Zierlicher Uferlàufer.
Caractères. — LeSalde élégant (Solda eleganfw/a) compte parmi les espèces les plus petites
et mesure 3 millimètres environ (fig. 1583). D'une teinte noire mate, cet Insecte est revêtu, dans sa moitié supérieure, de poils serrés et jaunâtres. Ses pattes sont jaunes ainsi que les cercles qui ornent les second et troisième articles des antennes ; ses élytres sont marquées de points blancs auprès du bord coloré en jaune.
Mœurs, habitudes, régime. — Cet Insecte sauteur n'est pas rare aux bords des eaux.
LES HYDROMÉTRIDES — HYDRGMETRID.E
Wasserlâufer.
Caractères. — Chez toutes les espèces, la tète est presque aussi large que le prothorax, d'où elle émerge horizontalement sans offrir de rétrécissement; les antennes composées de quatre articles seulement, mais très nettes, ne sont point dissimulées; le plus souvent il n'y a pas d'yeux accessoires. La gaine du rostre, qui s'étend jusqu'au prothorax et s'applique exactement au corps sans pénétrer dans aucune rainure, est composée de trois articles dont le médian mesure au moins quatre fois la longueur du dernier. Le corps, allongé, étroit, modérément aplati, est revêtu d'une pubescence veloutée qui sur la face inférieure présente généralement des reflets argentés ou cuivrés. Les ailes et les élytres font parfois défaut ; les dernières manquent moins souvent parce que généralement elles sont seulement écourtées.
Distribution géographique. — Les Hydro-
métrides ont des représentants dans toutes les contrées du globe.
Mœurs, habitudes, régime. — La Nature
qui nulle part ne procède par bonds, en créant le groupe des Hydromètres voisins des Punaises aquatiques par leur mode d'existence, et voisins des Punaises terrestres par leur conformation, a établi une famille de Punaises intermédiaire. Au point de vue de leurs mœurs, ces Hydrométrides se comportent vis-à-vis des Punaises aquatiques, comme les Gyrinides vis-à-vis des Dyticides, parmi les Coléoptères ; car on les rencontre non pas dans l'eau, mais sur l'eau. De même qu'en hiver une société de patineurs tourbillonne sur la glace, de même ces Punaises à pattes lon-
gues et minces glissent sur la surface ensoleillée des eaux dormantes, se dispersent, se rejoignent, se cioisent et se pourchassent en tous sens, pour se réunir ailleurs de nouveau. Au repos, elles demeurent comme enracinées à leur place ; elles semblent attendre une occasion de déployer leur adresse ; car dès qu'on s'approche d'elles, elles prennent la fuite sournoisement, et si la scène de leurs ébats se trouve être un ruisseau à courant faible; elles courent volontiers à l'encontre. Les Punaises pourvues d'ailes, qui ont terminé leur évolution, voltigent quelquefois, ainsi que le prouve l'apparition d'Hydrométrides isolées, sur les routes, dans les ornières remplies d'eau de pluie. Elles s'installent volontiers aussi dans les parties élargies des rigoles qui forment dans les montagnes l'origine des ruisseaux. Leurs résidences propres sont toutes les flaques d'eau un peu plus grandes, et tous les endroits calmes des eaux courantes; les Hydrométrides marines [Hylobates) vivent même à la surface des mers tropicales et s'éloignent considérablement des côtes. Les expéditions de ces Punaises n'ont pas pour but leur plaisir seul, mais aussi la capture de petits Insectes destinés à calmer leur faim. Elles saisissent généralement leur proie au moyen de leurs pattes antérieures qu'elles n'utilisent pas pour courir et qui cependant ne sont pas non plus organisées pour la préhension.
Les Femelles déposent leurs OEufs allongés en rangées sur les plantes aquatiques et les enveloppent d'un tissu.