‹ Merveilles de la natureChapitre 252 sur 412 · EUROPE · texte numérisé non relu

EUROPE

Europatscher Laternentràger.

Caractères. — LeFulgore d'Europe(fig. 1P>04) est une petite Cigale d'un vert de gazon, qui mesure 8mm 75 de long; ses élytres transparentes sont traversées par des nervures également vertes.

Distribution céographitiiie. — Le Pseildophane quihabitel'Curope méridionale se trouve dansleiMididelaFranceetçàetlàenAllemagne; on l'a rencontré isolément auprès de Leipsig, de Halle, à Naumbourg,sur la frontière septentrionale de la province de Saxe ; mais il est plus commun dans les pays plus méridionaux.

Hceursj habitudes, régime. — Ce Fulgoride se plaît notamment dans les prairies sèches qui renferment beaucoup d'Achillr es et de Chrysanthèmes et dans d'autres endroits herbeux.

LES CICADELLIDES — CICADELLID,£

Klein lirpen.

Caractères. — On groupe dans une famille spéciale les plus petites espèces, souvent très chétives, sous le nom de Cicadellides ou petites Cigales. Elles ont pour caractères communs : une tête qui proémine librement en avant, et dont le vertex se dirige en haut, tandis que le front, assez large, se dirige en avant ; des antennes formées de deux articles et d'une soie terminale insérées en avant des yeux, ce qui

les distingue nettement des Fulgorides; tantôt deux yeux accessoires, tantôt aucun. Le premier anneau thoracique, généralement simple, ne s'étend, en arrière, que jusqu'à l'écusson du second qu'il laisse ainsi à découvert. Les ailes antérieures sont coriaces; les pattes postérieures ont des jambes allongées disposées pour le saut.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Insectes

L'APHROPHORE ECUMEUSE.

sont fort agiles, et passent généralement du saut au vul. Elles ne justifient nullement leur nom de Cicadellides ou petites Cigales qu'on leur a attribué, car aucune d'elles ne fait entendre de bruit pendant sa courte existence.

Distribution géographique. — Répandues

par le monde entier, les Cicadellides sont représentées en Europe par des espèces nombreuses.

LES CERCOPINES — CERCOPWsE Ccrcopinen.

Caractère». — Ils ont la tête triangulaire, plus étroite que le prothorax.

LES APHROPHORES - APHROPHORA

Caractères. — Les Insectes de ce genre ont pour caractères : un vertex à trois faces, séparé du front, modérément bombé, par une crête aiguë ; un prothorax à sept angles ; des hancbes postérieures coniques et des jambes postérieures cylindriques armées de trois épines puissantes.

L'APHROPHOHE ECUMEUSE. — JPHItOPIIORA SPUMARIA.

Schaum Cikade.

Caractères. — Cette Cicadelle est en réalité plus effilée en arrière qu'elle ne le paraît sur notre figure (fig. 1607), où nous avons représenté les élytres entrebâillées, Elle est d'un gris cendré, à l'exception de deux raies claires vaguement délimitées sur chaque élytre.

lla-urs, habitudes, régime. — Les Larves de l'Apluophore écumeuse {Aphrophora spu-

Fig. 1007. — L'Aphrophore ncumeuse,

maria) présentent une particularité très intéressante ; car ce sont elles qui produisent les « larmes des Saules » ou qui forment sur certaines plantes des prairies, telles que le Lychnsi floscuculi et le Tragiqwgon pratense, ce qu'on nomme le crachat de Coucou, ou écume parasitaire, ou crachat de Grenouille.

Mais d'où vient cette singulière expression de crachai de Coucou ? Il y a à ce sujet une curieuse légende, l'histoire des Cigales qui naissent des crachats du Coucou, que nous a transmise Isidore, évêque de Séville.

« C'est une chose assez rare que de voir cracher un Oiseau et plus rare encore de voir sortir des Insectes de sa salive ; mais cela arrive par la permission toute spéciale de la Providence, qui veut qui l'ingratitude du Coucou ne reste pas impunie. Il a étranglé sa mère nourricière, il sera poignardé à son tour par les êtres qui lui doivent l'existence : A filiis exspecta ea quse patri feceris.

« En effet, les Cigales dont nous venons de parler ne sont pas plus tôt en état de se mouvoir qu'elles s'attachent sous l'aile de l'Oiseau, le percent de leur aiguillon et le font mourir par leurs piqûres répétées.

« Quelque ridicules que paraissent ces contes, il ne faut pas croire qu'on les ait inventés à plaisir ; chacun d'eux, au contraire, repose probablement sur quelque fait mal observé , le conte des Cigales paraît reposer sur une double erreur.

« On aura pu voir quelquefois, sur des buissons autour desquels un Coucou avait voltigé, une substance blancbe mousseuse qu'on connaît sous les noms de crachat de Grenouille, écume printanière, etc. On aura cru que c'était l'Oiseau qui l'avait laissée. Au centre de cette écume, si on l'examine de près, on trouve une Larve d'abord très petite, mais qui, grossissant peu à peu, se transforme en un Insecte de la famille des Cigales, l'Aplirophore écumeuse. Voilà donc les Cigales engendrées de la salive des Oiseaux (1). »

Voyons quelle est la véritable origine de cette écume.

A l'aide de la longue tarière cachée dans une fente de son abdomen, la Femelle a enfoncé, pendant l'automne, ses OEufs dans les sillons de l'écorce, probablement sur la souche des plantes mentionnées. 11 en éclot, au printemps suivant, une Larve verte, effilée en arrière et aplatie au niveau du ventre, qui pique la plante nourricière afin de se nourrir de sa sève. Les sucs que l'Animal excrète n'apparaissent pas, comme chez les Pucerons, sous la forme de gouttelettes petites et agglutinées, propres à attirer d'autres créatures ; mais ils

(l) Roulin, Histoire naturelle et Souvenirs de voyage. Paris, page 10.

LES MEMBRACINES.

forment une écume blanchâtre comme celle de la mousse de savon ou de la salive crachée, enveloppant toute la Larve. L'Insecte produit cette écume en la rejetant par l'anus, sous la forme d'une petite bulle qu'il fait glisser, en courbant le derrière au-dessous du corps. Les bulles sorlies successivement forment cette écume blanche et extrêmement fine dont la viscosité tient l'air renfermé et l'empêche de fuir. Cette écume est destinée à tenir à distance les autres Insectes ou les Oiseaux hostiles. Cependant de Geer raconte qu'il a vu de petites Guêpes fondre sur les masses d'écume, en tirer les Nymphes et s'envoler avec leur proie. Quand ces Larves sont réunies en grand nombre sur un vieux Saule, l'écume découle en gouttelettes mousseuses, qui tombent à terre ; le Saule a l'air de « pleurer » ; un ciel sans nuage, un temps chaud et sec, favorisent ce phénomène. Ce n'est qu'après avoir effectué plusieurs mues, immédiatement avant de subir la dernière, que la Larve sort de son enveloppe pour grimper sur les buissons ou sur les herbes environnantes ; le crachat protecteur, abandonné, disparaît en se desséchant.

Une espèce plus étirée, d'un gris jaune uniforme, l'Aphrophore du Sau\e{A//hro/>/wra Saticisde Geer, oMacrymnns d'Eversmann) donne aux Saules d'Ohrenburg le même aspect que la précédente aux Saules d'Allemagne.

A Madagascar, une espèce encore différente s'installe sur les Mûriers, d'où les Larves, rassemblée-; en amas arrondi?, font tomber sous les rayons brûlants du soleil une sorte de pluie rafraîchissante.

LES CERCOP1S — CERCOPIS

Caractères. — Ces Cicadelles ont un front renflé qui dépasse le bord antérieur du vertex où les yeux accessoires se trouvent dissimulés dans une fossette médiane. Le prothorax, qui se distingue par deux empreintes antérieures, ne présente que six angles parce qu'il ne s'allonge pas, en forme de coin. En raison de leurs élytres bariolées et assez larges, ces Cicadelles paraissent moins étirées que bien d'autres. Leurs hanches postérieures font une courte saillie conique ; toutes les jambes sont pourvues de crêtes, et les postérieures sont entourées de soies à l'extrémité.

Distribution géographique. — De nombreuses espèces sont répandues sur toutes les

parties du monde ; les plus grandes se trouvent dans la zone torride.

LK CERCOPIS SANGUINOLENT. — CEKCOI'IS SJK- GUWOLEPtTA.

Blûtfleckige Stirnzirpe.

Caractères. — Comme ce genre comprend bien d'autres espèces analogues, nous caractériserons nettement l'espèce en question : la tache sanguine antérieure occupe la base

lig. 1608. — Le Cercopis sanguinolent.

de l'élylre ; la tache suivante, la plus petite et lapins ronde, se trouve au milieu, et la postérieure se prolonge en forme de bande sur toute la surface. Elle mesure à peine 10mm de long (fig. 1608).

Hcem, habitudes, régime. — 11 n'est pas

besoin d'accomplir un voyage dans les pays lointains pour observer cet élégant Cercopis ; on le trouve par places parmi les buissons, dans les endroits humides de nos bois ; cet Insecte repose paisiblement à la face supérieure des feuilles, et ses élytres portent chacune trois taches d'un rouge de sang qui reluisent au loin ; mais lorsqu'on s'approche un peu trop, l'Insecte s'éclipse d'un bond puissant ; sa disparition est d'autant plus prompte que son éclat était plus vif lorsqu'il se trouvait au soleil.

Dans notre PI. XXXI nous avons figuré comme type exotique sur une feuille d'oranger le Cercopis à double bande (Cerca/iis biviilaid) de Java. Il est d'un noir luisant, et chacune de ses élytres est ornée de bandes transversales blanches.

LES MEMBRACINES — MEMBRACLWE

Bùckel-Zh'pen.

Caractères. — On a réuni dans cette tribu des espèces qui ne sont guère plus grandes, en moyenne, que celle dont nous venons de parler, et dont le corps est d'une couleur verte ou

Ï8li

LES HETERONOTES.

Fig. 1609. — Le Cenlrote cornu, vu de dos et grossi. Fig. 1610. — Le même, vu de trois quarts et grossi.

Fig. 1611. — Le même, vu au vol et très grossi. Fig. 1612. — Le même, vu de face et grossi.

Fjg. îerm à 1612. — Les Membracines [pentrotus).

d'une teinte plus sombre, mais généralement uniforme. Leur prolhorax, qui affecte les formes les plus variées, empiète sur le reste du corps et constitue la partie la plus développée en raison des excroissances et des appendices souvent très bizarres qu'elle présente. Chez toutes ces espèces, la tête se trouve située assez bas; il n'y a plus ici de séparation tranchée entre le vertex et le front, qui paraissent confondus. Entre les yeux composés se trouvent deux ocelles, et les antennes, très courtes, se cachent sur le bord du front. Souvent les ailes antérieures restent aussi membraneuses et aussi transparentes que les postérieures ; c'est ce qu'on observe partout où un prolongement du prothorax les rend invisibles. Les hanches moyennes sont courtes et rapprochées; les postérieures sont élargies transversalement. Les Membracines sautent, mais comme les Cicadellides précédentes, elles ne chantent pas.

Distribution géographique. — Elles habitent presque exclusivement l'Amérique méridionale.

LES CENTROTES — CENTROTUS

Caractères. — Le prothorax, qui s'avance en forme de corne au-dessus de chaque épaule, se prolonge également en forme de corne ondulée au-dessus du dos jusqu'à l'extrémité de l'abdomen ; il recouvre ainsi les bords internes des ailes, et forme avec elles deux interstices visibles latéralement. Faisons remarquer encore que le prolongement du prothorax, tout en dépassant l'écusson, ne recouvre pas plus ce dernier que la base des élytres (fig. 1609, 1610 et 1611). Les Larves, de couleur bariolée, por-

lentde courtes épines sur la face dorsale de leur corps. Les quatre ailes sont troubles et membraneuses à cellules longitudinales (fig. 1611). Distribution géographique. — Ce genre se trouve répandu dans toutes les parties du monde.

Page 1