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LES COUSINS OU MOUSTIQUES

Quand une de ces Larves approche de trop près sa voisine, on les voit batailler à coups de têtes, mais la lutte n'est jamais grave ni de longue durée. Pour peu que l'eau soit troublée, on les voit quitter la surface et gagner le Tond en imprimant à leurs corps une sorte de tortillement; mais ils n'y restent pas longtemps. Par des mouvements analogues à ceux qu'ils ont effectués pour descendre, ils remontent l'un après l'autre vers la surface où viennent émerger leurs trachées extérieures. Parfois aussi, sans qu'on les effraie, ils plongent isolément, pour aller gratter le fond et se soulager de leurs excréments. Dans cette existence commune, ces colonies déploient plus d'activité dans leurs jeux pendant les jours ensoleillés. Celui qui veut étudier leurs mœurs, par lui-même et mieux qu'on ne peut le faire à l'aide d'une simple description, n'a qu'à puiser un verre d'eau dans une auge, un baquet, un récipient quelconque peuplé de ces Insectes.

L'heure venue, on les voit flotter, recroquevillés en points d'interrogation, à la surface; une fente longitudinale s'ouvre en arrière de la tête et livre passage au même Insecte, dont le corps a simplement grandi un peu : c'est là la première mue, qui vient de s'accomplir. Les dépouilles anciennes flottent tout autour de l'Insecte, et se détachent peu à peu; elles seront dévorées par les Larves elles-mêmes et par les autres habitantes de ces séjours malpropres. Chaque Larve a trois mues semblables à subir avant d'atteindre sa taille définitive qui mesure 8m,77 en moyenne. A la quatrième mue, c'en est fait non seulement de la peau de la Larve, mais encore de toute la forme antérieure; la forme grêle a disparu pour faire place à une forme plus compacte, un peu aplatie latéralement.

La Nymphe (fig. 1714, 1715, 1716 et 1717) se trouve suspendue à la surface de l'eau par les deux trachées qui émergent de derrière la tête ; elle passe son temps à plonger et à remonter, en poussant la partie antérieure du corps à l'aide des mouvements de sa queue. A ce moment les Larves et les Nymphes tourbillonnent et tournoient dans le petit aquarium où on les tient captives ; le nombre des Larves diminue et celui des pupes augmenterait juste d'autant si ces dernières n'achevaient l'une après l'autre leur évolution, mettant fin, par leur Métamorphose dernière, à cette mascarade. L'heure a sonné pour elle aussi : une crevasse de la peau délivre de son masque le petit

Moustique. On voit s'échapper d'abord les six longues pattes; le corps sort bientôt, grêle et muni de deux ailes. L'Insecte nouveau prend pied tout d'abord sur la dépouille flottante dans laquelle il s'était caché jusqu'alors; marin improvisé, il vogue au caprice du moindre souffle sur sa petite nacelle, sur laquelle il peut faire naufrage sous un coup de vent inopiné. Malheur à lui s'il chavire, il est perdu à tout jamais ; ses membres mouillés ne répondront plus à l'appel des muscles, ses ailes resteront frappées et il périra misérablement. Le temps est-il calme, ses ailes se déplissent entièrement et se sèchent ; il s'envole alors dans les airs, entreprendre sa vie de Moustique, abandonnant son ancienne patrie humide dont les flots ne lui sont plus propices.

L;i Femelle seule, après avoir fait la conquête d'un Mâle parses danses, retourne surl'eau peu de temps avant sa mort, pour y pondre ses Œufs. Dans ce but, elle se pose sur une plante, qui lui permet d'atteindre l'onde avec l'extrémité de son abdomen, ou bien elle s'abat sur quelque objet flottant; elle croise l'une audessus de l'autre ses pattes postérieures, en forme d'X, et dépose dans l'angle supérieur ainsi formé, qui s'ouvre au-dessous de son extrémité abdominale, ses Œufs allongés, effilés vers le haut, élargis vers le bas ; ces OEufs, fixés l'un à l'autre verticalement par leurs surfaces gluantes, remplissent peu à peu cet angle. Une fois l'opération ainsi Lmise en train, il n'est plus besoin de soutien- pour les aligner, car ces OEufs peuvent alors flotter. La Femelle relève maintenant ses pattes postérieures en l'air, position qu'elle affecte volontiers au repos. Finalement on constate une petite flottille, effilée en avant, composée de 250 à 350 OEufs réunis. Les Larves éclosent bientôt à l'extrémité inférieure de chaque OEuf, et les coques se dispersent sur l'eau qui finit par les détruire.

Si l'on songe qu'une seule Femelle pond en moyenne 300 OEufs, qui fournissent au bout de quatre à cinq semaines autant de Moustiques aptes à procréer à leur tour, on peut se faire une idée des essaims innombrables qui voltigent pendant les années humides; car les marais et les flaques d'eau leur servent de lieu de naissance et favorisent leur développement et leur multiplication. Les Femelles fécondées provenant de la dernière ponte passent l'hiver en différents coins, notamment dans les caves, et se chargent de perpétuer l'espèce au printemps suivant.

Biieiim, Insectes.

T. VIII, PI. XXXIII, p. 559.

LES DIPTÈRES

Fig. i et 2. — Tipules gigantesques au vol et posées.

Fig. 3 et 20. — Cténophores noirs au vol.

Fig. 4. — Taons des Bœufs sur une plaie d'arbre.

Fig. 5, 8 et 23. — Melithreptus posés.

Fig. 6 et 9. — Volucelles transparentes posées et au vol.

Fig. 7 et 15. — Chrysops aveuglant posés.

Fig. 10 et 17. — Sarcophages carnivores posées.

Fig. 11. — Laphrie changeante posée.

Fig. 13 et 14. — Stratiomes caméléons poses.

Fig. 13 et 2t. — Syrphe Dams) orné posé.

Fig. 16 et 19. — Eristale brouillée.

Fig. 18. 22 et 23. — Conops au vol et posés.

Fig. 24 et 26. — Eristales des fleurs posées et au vol.

Fig. 27 et 28. — Eehinomycs géantes au vol et posées.

Fig. 29. — Hélophiles au "vol et posés.

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