LES MOUCHES — MUSC A
Caractères. — L'épistome est peu saillant; les antennes atteignent presque l'épistome ; leur troisième article est trois fois plus long que le second, il reste un style plumeux.
LA MOUCHE DOMESTIQUE. — MUSCJ DOMESTlCâ-
Stuben/liege.
Caractères. — La Mouche domestique porte des soies antennales empennées de chaque côté jusqu'à leur pointe; les quatre anneaux de l'abdomen ne portent point de grandes soies sur leur face dorsale; la quatrième nervure longitudinale, anguleuse, s'infléchit vers la troisième ; il n'y a point de soies isolées à la face interne des jambes médianes.
Mœurs, habitudes, régime. — La Mouche
domestique, sans exagérer, est, entre toutes les bêtes, la compagne la plus assidue, la plus importune, et la plus intolérable de l'Homme. Elle s'entend à pénétrer dans les demeures des pays froids de la Laponie aussi bien qu'à profiter des avantages des régions situées dans la zone torride. Nous connaissons tous ses vices, son importunité, sa gourmandise, et sa manie de salir toute chose ; personne ne saurait lui reconnaître quelque vertu. C'est surtout vers la fin de l'été, lorsque les nuits et les matinées plus fraîches les refoulent en masses dans les maisons, que leur importunité dans nos chambres ne connaît aucune borne; mais les habitants du Nord et du centre de l'Europe sont loin d'en pâlir autant que les méridionaux. « Je fus frappé à la fois de l'abondance de mûres et de la multitude de Mouches que je trouvai entre Pradelles et Thuylz, dit A. Young dans le récit de son intéressant Voyage en France; et sous le nom de « Mouches » j'entends ces myriades d'Insectes qui constituent l'inconvénient le plus désagréable des climats du Midi. C'est là le sujet de plaintes continuelles en Espagne, en Italie et dans la zone des Oliviers en France ; ce n'est pas qu'elles
mordent, qu'elles piquent ou qu'elles fassent mal, mais elles bourdonnent et harcèlent d'une manière extrêmement agaçante. On en a plein la bouche, le nez, les yeux et les oreilles; elles voltigent sur tout ce qui est comestible, les fruits, le sucre, le lait, etc. Elles se jettent sur toutes choses en foules innombrables, et il est impossible de prendre un repas sans avoir auprès de soi quelqu'un qui n'a pas d'autre tâche que de les disperser sans relâche. On les prend avec tant de facilité et en telles masses à l'aide d'un papier préparé ou de tout autre procédé (1), que c'est la pure négligence des indigènes qui leur permet de croître dans ces proportions inouïes. Si j'avais dans ces contrées une propriété à gérer, je fumerais chaque année une étendue de quatre à cinq « matinées » avec des cadavres de Mouches. »
Bien qu'elles disparaissent à une époque avancée de l'année, quelques-unes se conservent pourtant dans nos chambres, plus encore dans les étables chaudes; il suffit de quelques beanx jours dans les commencements de l'année pour les voir paraître à l'air libre au premier soleil prinlanier. On peut diminuer tant soit peu le nombre de ces hôtes incommodes. On constate, plus ou moins souvent, chez elles, un genre de mort particulier : on les trouve fixées, les pattes largement étendues, à quelque paroi dans la chambre, à quelqu'un de leurs sièges favoris au dehors; leur abdomen est gonflé et leur tégument fait saillie entre les jointures des anneaux sous forme de crêtes couvertes de moisissures, en sorte que l'abdomen paraît être cerclé de brun et de blanc. En l'ouvrant on le trouve vide et moisi également; la place même que ces Mouches occupaient est recouverte d'une couche de Champignons identiques à ceux que renferme leur cadavre. Ces Champignons ont reçu le nom d'Empusa Muscx.
La Mouche domestique dépose, dans l'espace d'un quart d'heure, un amas de soixante à soixante-dix Œufs, de forme cylindrique, un peu effilés en avant, où leur membrane plus mince indique par ses reflets nacrés la place où percera la Larve.
La Mouche domestique pond surtout sur les excréments, mais les Femelles ne sont pas toujours exclusives dans leur choix. Sans dédaigner nullement la viande, la Mouche domestique
(I) Voyez p. 606.