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STOMOXYS

Caractères. — Ces Muscides ressemblent extrêmement, par leur conformation générale et leurcoloration, à la Mouche domestique, qui esta peine plus grande, mais elles s'en distinguent néanmoins aisément par leur trompe piquante qui est disposée horizontalement. Elles portent, en outre, une soie antennaire pectinée ou pour mieux dire empennée à sa face supérieure seulement.

LA MOUCHE PIQUANTE. — STOMOXYS CALCl- TIIANS.

Stech/liege. — Wadenfliege.

Caractère». — Cette Mouche grise a sur l'écusson dorsal trois marques larges et blanchâtres interrompues au niveau de la suture. 11 est à remarquer qu'au repos elle s'installe la tête en haut, tandis que la Mouche domestique affecte la position inverse ; c'e>t là une circonstance que mettent à profit les paysans russes pour discerner ces deux espèces aisément, dans leurs chambres.

Nous devons redouter sa piqûre, car c'est elle qui est l'agent par excellence de la propagation et de l'inoculation du charbon, plus encore peut-être que les Simulies dont nous avons parlé précédemment page 370, quoique

Fig. 1792. — Stomoxys piquant.

ces dernières aient causé de véritables épidémies charbonneuses, notamment à Lyon en 1863(1).

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Mouches

qui harcèlent sans relâche les Chevaux et les bestiaux s'introduisent souvent dans les chambres à la fin de l'été, surtout lorsqu'il existe des étables dans le voisinage. C'est leur aptitude à se gorger de sang qui leur a valu leurs noms de Mouches piquantes.

La Larve, conique et arrondie en arrière, est d'un blanc laiteux, lisse et luisante; sa partie antérieure est divisée en deux. La bouche, dont les cannelures sont disposées en rayons, porte deux crochets inégaux qui semblent n'en former qu'un seul en raison de leur proximité étroite. Sur le piolhorax, le bord antérieur, relevé et circulaire, paraît tranchant ; les pièces sligmalifères, en forme de coquilles, se subdivisent chacun en six éléments claviformes ; ceux du dernier article, hémisphériques, représentent des surfaces circulaires assez grandes, encadrées d'une bordure brun-noire, sur chacune desquelles on remarque trois stigmates aériens disposés en triangles.

La Larve, qui a Smm, 75 de long, vit en compagnie de celles des Mouches domestiques, dans les excréments frais du Cheval, pendant l'été et pendant l'automne ; mais son développement est plus lent. La Pupe, d'un brun rouge assez pâle, est flnementrayée en travers; comme pour toutes les Muscides, l'emplacement des stigmates aériens antérieurs de la Mouche future est marqué au bord postérieur du quatrième anneau par de petites cornes

(1) Mégnin, La question du transport et de l'inoculation du virus parles Mouches (Journ. d'anatomie, 187^.

LA MOUCHE TSÉTSE.

hy

Fig. 1796

Fig. I79.r..

Fig. 1793.

grossie.

Fig. 1794.

Fig. 1795.

Fig. 1734.

La Tsêtsé (Glossina morsitans), un peu

La même, 1res grossie.

Antenne, très grossie.

Fig. 1797. — Tête et pièces buccales, vues de profil et très grossies. — li, lèvre inférieure ou gaine cachant ordinairement les stylets ep et hy ; ep, épipliarynx ; hy, hypopharynx.

Fig. 1793 à 179G. — Les Muscides (Tsétsé ou Glossina morsitans).

coniques qui se dirigent en avant ; les postérieurs conservent la place qu'ils occupent sur la Larve. Le repos de la Pupe dure quatre à six semaines.

LES GLOSSINES

GLOSSINA

Caractères. — L'antenne (fig. 1795), aplatie, présente à la base de son article terminal, très allongéen formede couteau, une soie peclinée; la trompe (fig. 1796) une fois plus longue que la tête est grêle, filiforme; constituée sur le même plan que celle des Stomoxys, la lèvre inférieure (li) formant gaine renferme un épipharynx (ep) el un hypopharynx (hy) constituant des stylets bien acérés.

LA MOUCHE TSÉTSÉ. — GLOSSINA MOItSITANS.

Tsetse Fliege.

Caractères. — Celte Mouche Isétsé (fig. 1793 et 1794), très voisine de la précédente et beaucoup plus belle, dont l'action est encore si

énigmatique, offre à peu près la taille de nos Mouches domestiques; l'écusson dorsal, d'un brun marron saupoudré de gris, porle quatre marques noires longitudinales écourtées chaque côté; l'écusson, d'un jaune sale et marqué de deux taches sombres radiculaires, est fortement hérissé de poils. L'abdomen, d'un blanc jaunâtre et composé de cinq segments, porte sur les quatre derniers anneaux des bandes radiculaires d'un brun foncé qui sont rélrécies au milieu, de sorte que la teinte fondamentale ne reparaît sur chacun d'eux que sous la forme d'une tache médiane plus ou moins triangulaire. Les pattes, d'un blanc jaunâtre, ont une face exlerne quelque peu brunie, et les ailes paraissent enfumées.

Mœurs, habitudes, régime, — Les Mouches

Isétsé (Glossina morsilans), dont nous devons la connaissance à MM. Livingstone el Oswald (1849), sont extrêmement redoutées dans la zone torride de l'Afrique australe en raison des piqûres mortelles qu'elles font aux Animaux domestiques; à la suite de leurs attaques,

LES ANTHOMYES.

M. Green, lors de son voyage au nord du lac Nyansi, perdit en peu de temps ses bêtes de somme et de trait; Livingstone vit périr en quelques jours quarante-trois Bœufs magnifiques.La terreur qu'elles causent est si grande, que la région assez limitée et encore incomplètement explorée, où elles se rencontrent, est évitée comme la peste, et qu'on ne la traverse avec des animaux de pacage que pendant la nuit tout au plus. Ainsi que nos Mouches piquantes, ces Mouches se nourrissent du sang de l'Homme et des Animaux à sang chaud ; c'est dans les jours de chaleur accablante et d'orage qu'elles sont le plus avides de sang et qu'elles poursuivent leurs victimes avec le même acharnement que les Mouches de nos climats. D'après les récits des voyageurs, et surtout de Livingstone, leur piqûre ne fait aucun mal à l'Homme, ni aux Chèvres, aux Anes, et aux Veaux à la mamelle, parmi les Animaux domestiques ; mais elle condamne tous les autres à une mort certaine au bout d'un temps plus ou moins long, généralement avant le début des pluies ou pendant le cours de cette période. Le gonflement des yeux qui laissent écouler une sécrétion aqueuse et la tuméfaction des glandes linguales sont les premières manifestations extérieures delà maladie. On trouve, après la mort, une chair aqueuse, un cœur très mou, un sang appauvri et épaissi par la fibrine ; outre le cœur, le foie et les poumons, ou l'un de ces organes seulement, se trouvent affectés ; l'estomac et les intestins ne présentent pas trace de lésions. Un Chien qui boirait le lait d'une Vache infectée devrait être considéré comme perdu, tandis qu'un Veau l'absorberait sans inconvénient.

D'après le grand voyageur africain, il y aurait empoisonnement du sang par le venin que sécréterait une glande placée à la base de la trompe de la Tsétsé ; mais en lisant attentivement ses récits, en faisant la part de la légende, on peut être certain que la Tsétsé ne possède aucun venin, mais qu'elle est l'agent inconscient de la propagation d'une infection de nature charbonneuse au même titre que nos Stomoxys. C'est l'avis de M. Mégnin ; c'est aussi le nôtre.

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