‹ Merveilles de la natureChapitre 326 sur 412 · LES OESTRES PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

LES OESTRES PROPREMENT DITS

Mœurs, habitudes, régime. — Elle choisit,

pour soulever l'opercule de sa Pupe, une belle joui née et une heure matinale ; elle porte alors sur la tête une grande vésicule, tantôt distendue et tantôt affaissée, qui recouvre tout le front jusqu'à la nuque et qui est transparente. On pense que cette vésicule, qu'on peut observer, ainsi que nous l'avons vu, dansle jeuneâgechez les Tachinines et chez d'autres Muscides, rend à l'Insecte de grands services au moment de soulever l'opercule. Elle disparaît à mesure que les ailes du nouveau-né achèvent de se sécher entièrement, et l'OEstre s'envole ensuite en bourdonnant pour s'accoupler. Cette Mouche vit au voisinage de l'Homme là où se trouvent des Chevaux ; elle voltige autour de vous, et se pose même sur les habits et se laisse prendre. La Femelle fécondée vaque à ses occupations par les temps limpides et chauds. Elle voltige, inconstante et fugace, autour du Cheval qu'elle rencontre dans un pré, un champ ou sur une route; elle réunit quelques poib, pendant le temps qui lui est nécessaire pour y agglutiner un ou plusieurs de ses Œufs (flg. 1809), puis s'envole. Elle recommence bientôt après, et poursuit ainsi son œuvre tant que les conditions atmosphériques, le moment de la journée et le séjour à l'air libre d'un Cheval, d'un Ane ou d'un Mulet lui en fournissent le loisir; elle ne les suit jamais, ni à l'étable, ni au bain.

L'abdomen de la Femelle renferme environ sept cents œufs bizarres, blancs d'abord, jaunâtres ensuite. Il en sort, peu de jours après la ponte, des Larves qui soulèvent l'opercule, et dont le développement se trouve favorisé par la chaleur et par la transpiration du Cheval. La jeune Larve (fig. 1810 et 1811) détermine un léger prurit sur sa peau, le quadrupède lèche, et déglutit l'Insecte. La difficulté que ces Larves ont à atteindre leur destination est telle que beaucoup d'entre elles sont anéanties ; la nature y supplée par la quantité d'OEufs dont elle garnit l'ovaire des Femelles. Après avoir mué deux fois, la Larve prend une forme un peu aplatie (fig. 1814), et une teinte rouge chair; ses anneaux, à l'exception du dernier, sont rugueux à cause d'une double couronne de piquants qui sont dirigés en arrière. En avant, on distingue à la face supérieure deux verrucosités extensibles et rétractiles qui représentent les antennes, et à la face inférieure deux robustes crochets (fig. 1814 et 1815) qui servent à fixer l'Insecte à la paroi de l'Estomac (fig. 1815) : ce

sont les mandibules; entre elles se trouve, dans le premier âge, une pièce simple lancéolci', qui se dédouble après la première mue, pour constituer une paire de mâchoires en cisailles qui peut entamer la muqueuse; la bouche s'ouvre, entre elles, dans une fente longitudinale. On trouve, à l'extrémité anale qui est mousse, abrités dans des sillons transversaux, les stigmates aériens qu'on distingue difficilement. Les Larves s'accrochent solidement dans l'estomac, quelques-unes se fixent dans l'œsophage; on les trouve dans des excavations ou dans des loges produites par elles. Chez les Chevaux au pâturage notamment, on trouve assez souvent de véritables nids où elles sont réunies au nombre de cinquante à cent, petites et grandes. Elles sucent la muqueuse comme feraient des Sangsues; elles produisent ainsi de petites excavations qui s'accroissent peu à peu et qui sécrètent un liquide puriforme dont elles se nourrissent. Ces plaies, du reste, se cicatrisent quand les Larves les ont quittées. Au début, les Larves croissent très vite, et changent de place de temps en temps. Après avoir accompli, pendant dix à quinze mois en moyenne, leurs méfaits dans un estomac, elles quittent l'Animal tourmenté ; elles sortent avec ses excréments, dans le cours du mois de mai, de juin ou de juillet. C'est pendant ce long trajet à travers l'intestin, accompli dans un temps relativement court et facilité grâce aux mouvements péristaltiques, qu'elles paraissent compléter leur développement; car on n'a encore réussi que très rarement à obtenir des Mouches de Larves vivantes prises dans l'estomac des Chevaux morts. Une fois à terre, la Larve s'enfonce verticalement dans le sol jusqu'à ce que l'extrémité du corps soit recouverte ; elle se retourne alors et se recroqueville pour se transformer en unePupe résistante (fig. 1816), dont les organes respiratoires antérieurs émergent à la façon de deux oreilles. Six semaines suffisent, en moyenne, pour constituer définitivement la Mouche (fig. 1817), dans des conditions atmosphériques favorables.

LES OESTRES PROPREMENT DITS — OESTBUS

Nasenbremen.

Caractères. — Les ailes ont une nervure transversale terminale appendiculée et oblique avec le bord postérieur des ailes, une troisième

LES HYPODERMES.

Fig. 1818.

Kg. 1819.

Fig. 1820.

Fig. 1818. — L'Œstre du Mouton, très grossi.

Fig. 1819. — Larve à son maximum de développement,

vue par sa face dorsale et très grossie. Fig. 1820. — Pupe vu en dessous, très grossi.

Fig. 1818 à 1820. — Les OEstrides {OEstrus).

et une quatrième nervures longitudinales courtes ; la première cellule postérieure est longuement pédiculée ; le front bombé porte des antennes à style nu, les jambes courtes et grêles.

aii-triliul ion géographique. — Les quatre

espèces décrites par Bauërontété rencontrées en Europe, dans le sud de l'Afrique et au Caucase, ordinairement dans les Moutons.

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