CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES ARACHNIDES. — ORGANISATION
Les Arachnides sont des Arthropodes, c'est-à-dire Animaux à pattes articulées, dont la tète est atrophiée, dont le céphalothorax porte des antennes en l'orme de pinces, dont les yeux sont simples, dont les pattes Ihoraciques, sont au nombre de huit au plus, et dont la respiration est pulmonaire, trachéale ou cutanée ; dont le développement ne s'accompagne d'aucun changement de forme comparable aux Métamorphoses complètes des Insectes.
SlfSTÊHE TÊGUMENTAIRE ET APPENDICULAIRE.
Nous avons vu que chez les Insectes le corps était
< , céphalo-thorax ; a. abdomen ; pa, post-abdomen ; l, chélicères ou autennes pinces; y, yeux ; pm, pattes-mâchoires.
divisé en trois parties distinctes: la tôte, le thorax et l'abdomen, la tète étant pourvue d'yeux à facettes et d'ocelles, d'antennes de formes variées et de pièces buccales ordinairement très développées: le thorax portant six pattes et généralement des ailes. Nous avons appris que chez les Myriopodes le corps est constitué par une tête nettement dislincte, munie d'yeux simples, ou ocelles, disséminés, rarement agrégés, d'antennes, de nombreux anneaux semblables entre eux, et pourvus d'un nombre de pattes correspondant. Chez les Animaux à membres articulés ou Arthropodes que les Naturalistes comprennent sous la dénomination d'Arachnides Lrachnidx), nous observerons une conformation absolument différente. Leur corps se compose seule-
LES ARACHNIDES
ment de deux parties : l'une, constituée par la fusion de la tète et du thorax, appelée pour cette raison céphalothorax (fig. 1909 et 1910, c); l'autre, comprenant un grand nombre ou un très petit nombre d'anneaux, estl'abdomenVt. Si dans quelques cas exceptionnels le céphalothorax peut être formé de quatre anneaux identiques (Galeodes), généralement il paraît constituer une seule masse indivise dont la face dorsale ou tergale figure une sorte de carapace, assez vaste et plus ou moins bombée, nommée le bouclier céphalothoracique, qui recouvre la base de tous les membres; tandis que sa face inférieure, ou sternale, limitée circulairement pâlies hanches de tous les membres, offre un périmètre assez court.
Chez les Arachnides, la région correspondante à la léte est fort peu développée, ainsi qu'en témoignent la disposition des yeux et celle des antennes. Sous le bord antérieur libre du céphalothorax s'articule une paire d'appendices dont la conformation varie suivant les espèces, et qui, d'après leur aspect extérieur et leur fonctionnement paraissent constituer une mâchoire ; il n'en est rien toutefois en réalité: cet appareil, en effet, est situé au-dessus de l'orifice buccal et reçoit ses nerfs du ganglion supérieur, comme les antennes des Articulés que nous avons étudiés jusqu'ici, ainsi que Fa démontré M. le professeur Emile Blanchard. Aussi a-t-on accepté avec raison la dénomination de Chêlkères ou celle &' antennes-pinces créée par Latreille, et abandonné l'ancienne appellation de forcipules. La présence de ces organes constitue un caractère propre aux Arachnides, qui n'offrent d'ailleurs point d'antennes articulées comparables à celles que nous avons vues jusqu'à présent.
Outre les antennes-pinces, nous remarquerons cinq paires de membres articulés dont les quatre
Fig. 1911. — Extrémité d'une patte d'Aranéide (Epeira diademala) avec ses trois crochets en forme de peignes.
premières offrent absolument l'aspect des pattes ambulatoires, et dont les trois dernières représentent exactement celles des Insectes. Mais comme la première paire occupe la place de la mâchoire inférieure, et offre une conformation variable suivant les Ordres, nous y reviendrons à propos de
chacun d'eux. Les crochets terminaux des pattes ambulatoires des Aranéides peuvent présenter des différences de structure 1res grandes, en rapport avec la constitution des toiles; ils ont souvent l'aspect de peignes admirablement disposés pour venir en aide à l'édification des toiles (fig. 191 1).
L'abdomen est quelquefois articulé et prolongé en une sorte de queue nommée post-abdomen (fig. 1909 pa) ; le plus souvent il est formé d'une seule pièce, et n'a jamais ces nombreux appendices comparables aux pattes, comme on le voit fréquemment chez les Crustacés; mais cependant il porte des appendices articulés, qui renferment les conduits déférents des glandes soyeuses.