MOIS TAN A
Caractères. — L'espèce en question offre à peu près la même conformation générale que le Tétragnathe représenté plus haut (fig. 1971); mais elle est plus petite et ne mesure que 5 à 7 millimètres de long; au repos, elle ne dispose pas ses pattes de la même manière.
Sonprolhorax, brun, est foncé sur les bords; l'abdomen, blanchâtre, est orné d'un écusson
allongé, brun, et relevé au niveau de ses bords plus foncés ; la face ventrale, d'un brun foncé, présente quatre taches blanches. Les pattes jaunâtres portent au niveau des cuisses, des jambes et des tarses postérieurs, deux anneaux d'un brun noir; les extrémités des genoux et des autres articles des tarses présentent un seul anneau. D'égale grandeur, les yeux frontaux et les yeux latéraux, rapprochés deux à deux, forment une ligne doucement infléchie en avant, tandis que les yeux du rertex, un peu plus grands et plus écartés que les yeux frontaux, se liouvent à peu près en ligne droite avec les yeux latéraux postérieurs.
Mœurs, habitudes, régime. — Cette Linyphie ou Araignée à baldaquin vit aussi bien dans les plaines que dans les montagnes; elle installe son Nid dans les jardins parmi les palissades, les vieilles maisons, dans les Saules creux, dans les bois, surtoutparmi les Bruyères ou parmi d'autres broussailles peu élevées plutôt que dans les buissons proprement dits. Ce Nid est formé d une toile horizontale très large, au-dessus et au-dessous de laquelle sont tendus des fils nombreux dirigés en tous sens; l'Araignée se tient habituellement au dessous, et se suspend par les pattes, le dos tourné en bas; lorsqu'on la trouble elle se retire dans l'angle de quelques planches ou sur les branches d'une plante.
Lorsqu'un Insecte se trouve pris dans les fils et parvient sur la toiture plus ferme du Nid, l'Araignée s'élance au-dessous de lui et le saisit ; mais elle ne le poursuit jamais audelà des limites de sa toile lorsqu'il parvient à s'en tirer. Elle suce la proie qu'elle a pu tuer, mais elle ne la mâchonne jamais. Dans les endroits favorables s'accumulent souvent des Nids très nombreux sur un espace peu étendu; parfois ils sont disposés en étages et présentent un aspect merveilleux lorsqu'ils sont couverts, le matin, par les perles de rosée.
C'est chez cette espèce que l'accouplement a été observé le plus souvent par les Naturalistes anciens et modernes ; Menge décrit les manœuvres préliminaires du Mâle. Le 14 mai 1856, un de ces Animaux confectionna au-dessus de sa toile un petit lissu de forme triangulaire suspendu comme une passerelle. Il s'y coucha sur le ventre qu'il agita jusqu'à ce que l'on vît apparaître sur le bord de cette passerelle une goutte de liquide fécondateur plus petite que la fête d'une épingle. Il se transporta ensuite au-dessous, et appliqua alternativement les deux
LES LATRODECTES.
crosses de ses palpes spermalophores sur cette gouttelette jusqu'à ce qu'elle lût saisie entre leurs crochets. Il est surprenant de voir avec quelle précision il saisit ainsi la gouttelette bien que, dans cette posture, il ne puisse l'apercevoir; pendant toute cette préparation son abdomen est sans cesse en mouvement; il manifeste néanmoins une excitation bien moindre qu'au moment où, accolé à sa Femelle ventre à ventre, il introduit ses palpes dans sa vulve. Mais, avant d'en arriver là, il y a souvent une lulle à mort entre deux Mâles.
En juin, la Femelle pond une centaine d'( Eufs dans un Nid légèrement bombé, sous des écorces d'arbre ou dans quelque autre coin abrité ; elle tisse par dessus quelques fils lâchement unis et surveille sa progéniture avec ia tendresse maternelle propre aux Araignées. Les petits éclosent en juillet.
LES THÉR1D10NS
THERIDIUM
Caractères. — Les quatre yeux médians sont disposés en quadrilatère : les yeux latéraux antérieursetpostérieurs sont rapprochés ou accolés; les pattes sont grêles, allongées : les première et quatrième paires plus longues que les autres.
Distribution géographique, — Ce genre innombrable est répandu dans le monde entier.
Lli TIlKltlDIOjV RAYÉ. — THERIDIUM LINEATUM.
Beki'ànzte Webgpinne.
Caractères. — Cette Araignée (fig. 1974) délicate compte parmi les Araignées les plus petites, car elle mesure omm,16 de long; elle présente de grandesvariétés dans sa coloration et dan s ses marques ; aussi a-t-elle reçu plusieurs noms. Lorsqu'elleest très jeune, elle est presque blanche et transparente, sauf au niveau des taches noires de la face dorsale de son abdomen ; mais à la fin de juin, en juillet, et en août, on trouve à sa place une Araignée entièrement jaune-pâle (Theridium lineatum), ou ornée d'un cercle rouge-rosé sur l'abdomen [Theridium redimitum), ou décorée de taches ovalaires à la place du cercle précédent [T/uridiuin ovalum), ou enfin une Araignée chez laquelle les marques, au lieu d'être entièrement rouges, sont complétées par un reflet verdàtre ; un voit aussi des Mâles dont l'abdomen porte sur sa face dorsale des taches elliptiques rouges divisées par deux lignes transversales jaunes. De toute façon, la teinte, fondamentale du
corps est d'un blanc jaunâtre; les bords du prothorax au voisinage de la ligne médiane sont noirs ainsi que six paires de points ronds situés sur l'abdomen et ainsi que les extrémités des palpes et des jambes; sur la face inférieure du thorax ainsi que sur sa face dorsale s'étendent trois raies noires, et autour de l'anus se trouvent quatre petits points blancs sur un fond noir.
l'ig. 1974. Fig. 1915.
Tig. 1974. — Le Tliéridion l Fig. 1975,.— Son sac reurayé. fermant les Œufs.
Fig. 1074 et 1 07Ô. — Les Tliéridides (Theridium).
BSœurs, habitudes, régime. — Ce Théridion se tient parmi toutes sortes de plantes basses ou de buissons ; il réunit des feuilles deux par deux à l'aide de fils irréguliers et c'est dans cette cachette qu'il massacre tousles petits Animaux qui viennent s'y empêtrer. Comme toutes les espèces de Theridium, il témoigne dans ses mouvements d'une indolence plus grande que la plupart des autres Araignées; aussi se laisse-t-il plus facilement saisir. La Femelle fixe à quelque feuille le sac ovigère bleuâtre et hémisphérique (fig. 1975), sur lequel elle veille jusqu'à réclusion des OEufs et pendant les quelques jours suivants que les petits passent ensemble dans ce Nid. A l'époque de l'accouplement, le Mâle habite paisiblement avec sa Femelle un Nid commun.
Il est un Théridion minuscule qu'il importe de signaler, c'est le Theridium civilii qui s'établit dans une cavité des pierres de taille employées aux constructions de Paris et tend des fils rayonnants qui, en se croisant de mille façons et en s'imprégnant de poussière, forment une tache qui ressemble aune plaque de boue desséchée. Souvent des milliers de ces toiles salissent tous les monuments.
LES LATRODECTES — LATRODECTUS
Caractères.— Les yeux d'égale grandeur sont disposés sur deux lignes droites ; les yeux fron-
LES AGELENIDES.
taux sont plus rapprochés les uns des autres que les yeux du vertex; les yeux latéraux plus ou moins rapprochés ne se touchent jamais.
Distribution géographique. — > Oïl les rencontre dans toutes les parlies du monde.
LE LATHODECTE MALMIGNATHE. — LATRODECTUS MALMIGN ITIH SEU TRF.DECIMGUTTATUS.
iialmignatte,
Caractères. — Parmi les nombreuses espèces de cette famille nous signalerons encore la cé-
Fig. 1970. — Le Latrodecte malmignathe.
lèbre Malmignathe, du moins celle que les Naturalistes désignent sous ce nom ; elle mesure 13 millimètres de long ; d'un noir de poix, son abdomen sphéroïdal, un peu affilé en arrière, est orné de 13 taches d'un rouge sanguin de forme et de grandeur variées, dont deux se trouvent situées sur le ventre.
Distribution géographique. — Elle Se
trouve dans toute l'Europe méridionale.
Mœurs, habitudes, régime. — La Malmignathe se tient parmi les pierres ou parmi les creux de terre au-dessus desquels elle étend
des fils isolés en guise de pièges ; elle se jette hardiment sur tous les Insectes qui viennent s'y empêtrer et dont elle s'empare aisément grâce à l'action rapide de son venin, fussentils beaucoup plus grands que l'Araignée ellemême. Ceci s'applique surtout aux Sauterelles dont elle fait un véritable carnage.
La Femelle tisse autour de ses OEufs une enveloppe sphérique, un peu effilée d'un côté, très résistante, d'une teinte brun-clair couleur café, et mesurant 13 millimètres de diamètre. Les Œufs ne sont pas accolés les uns aux autres ; ils ne sont pas non plus indépendants, mais se trouvent reliés par des fibres invisibles ; lorsqu'on en tire un, les autres le suivent ainsi que les perles d'un chapelet. Totti pense qu'une Femelle confectionne trois de ces coques dont elle remplit la première avec 400 Œufs et la dernière avec une centaine d'OEufs ; le chiffre total de ses OEufs s'élève donc à plus de 700 ; cette fécondité prodigieuse n'a pas lieu de surprendre si l'on songe au nombre de Sauterelles qu'elles doivent dévorer.
Cette Araignée délicate est connue de tout le monde en Toscane depuis l'année 1786 ; on la redoute, en raison de sa morsure venimeuse, principalement au mois d'août. En Espagne elle n'est apparue qu'en 1830 ; on l'a vue en Catalogne se présenter par masses considérables en 1833, puis en 1841 ; il est à remarquer que ce sont précisément ces annéeslà qui se trouvent signalées par les dévastations des Sauterelles.
La peur qu'inspirent les Malmignalhes paraît reposer sur la superstition et sur l'ignorance plutôt que sur des observations authentiques ; au bout de trois à quatre jours les accidents que leur piqûre détermine chez l'Homme, sur les systèmes musculaire et nerveux, imposants par leur apparence, mais en réalité peu dangereux, sont prévenus par une transpiration abondante.
LES AGELENIDES — AGE LE NI DM
Trichterspinnen.
Caractères. — Ces Araignées possèdent 8 yeux égaux ou presque égaux (rarement 6), généralement disposés sur deux rangs en ligne droite ou courbe, et ont trois griffes aux
pattes, mais pas de griffes auxiliaires. Elles ont six filières, dont les quatre latérales sont plus longues que les autres ; la respiration s'effectue par deux ou quatre stigmates.