LES AGÉLÈNES — AGE LENA
Caractère*. — Elles se distinguent des Tégénaires parleurs yeux disposés sur des lignes fortement courbées, et par leur quatrième paire de pattes qui est plus longue que les autres. Le groupement des yeux, d'égales dimensions, est le même que dans legenre précédent; seulement les yeux du vertex sont plus reculés et plus près les uns des autres; ils sont presque aussi rapprochés que les yeux frontaux. L'article terminal des filières supérieures, presque deux fois plus long que l'article précédent et dirigé en haut, figure une sorte de queue très développée. L'article terminal des palpes du Mâle est court et épais; il n'est pas plus long que le troisième article, tandis que chez les Tegenaria il atteint presque une fois et demie cette longueur.
L'AGE LEMÏ A LABYRINTHE. — AGELEN A LJVyillI\TIIlCJ.
Gcmeiiw Labyrinthspinne.
Caractères. — Cette Agélène est d'une structure plus puissante que la Tégénaire domestique et mesure 13 à 22 millimètres de long ; elle présente la même conformation ; son prothorax, jaune grisâtre, est marqué de deux raies longitudinales d'un brun noirâtre qui se terminent en pointe auprès des yeux latéraux. Sur l'abdomen, mélangé de gris et de noir, s'étend une bande médiane de poils gris-rougeâtres qui se terminent dans une tache orangée située au delà des verrues Blouses saillantes ; à cette bande se rattachent latéralement 5 à 6 raies obliques contournées et dirigées en avant, qui portent également des poils gris-rougeâtres. Les hanches et les cuisses sont jaunes; les autres articles des pattes sont d'un jaune rougeâtre et leurs extrémités sont d'un brun rougeâtre; on n'y observe aucune tache.
Distribution géographique. — Cette espèce
est très répandue: on la trouve en Angleterre, en Suède, en Allemagne, en France, en Hongrie, et certainement encore en Russie.
Mœurs, habitudes, régime. — Cette Agélène s'établit dans les clairières, dans les prairies, sur les coteaux ensoleillés garnis de plantes basses et de broussailles. Elle installe
Fig. 1980. — Coque ovigèrc de l'Agélène il labyrinthe qui n'est point encore entourée de grains de sable.
parmi les herbages et les broussailles, dans les endroits ensoleillés, une toile horizontale en forme de hamac, à laquelle se rattache un tube cylindrique contourné et ouvert aux deux bouts, dans lequel elle se tient à l'affût. Elle recouvre son Nid de feuilles sèches pour l'abriter contre la pluie et contre l'ardeur du soleil. Pendant les beaux jours, elle dépasse souvent les limites de sa toile dont le bord se trouve relié avec l'espace avoisinant par plusieurs fils de plus de 30 centimètres de long.
L'ARAIGNÉE AijUATIQUE COMMUNE
Elle est extrêmement agile dans ses mouvements, et se jette sur sa proie avec avidité. Elle n'abandonne pas son Nid aisément, mais elle le répare sans cesse lorsqu'il se trouve endommagé; rien n'égale d'ailleurs la rapidité avec laquelle elle file. En juillet et en août l'accouplement, précédé de combats acharnés, a lieu dans le tube où réside la Femelle. Celle-ci pond 60 à 70 Œufs assez grands, disposés sur une ou sur plusieurs couches dans une sorte de bouteille (fig. 1980) dont la face externe est recouverte de grumeaux de terre et de débris végétaux recueillis dans le voisinage. Ce sac, suspendu auprès du Nid, est surveillé avec soin par la mère; d'après les observations faites en France et en Allemagne, cette progéniture passerait l'hiver à l'état d'OEufs.
La plupart des Agélènes succombent auxpremières atteintes du froid, cependant quelquesunes, plus heureuses, soigneusement abritées, sous une couche épaisse de (ils passent l'hiver dans des creux de murs ou sous des écorces.
LES ARGVRONÈTES — ARGYRONËTA
Caractères. — Les huit yeux sont presque égaux entre eux; les quatre antérieurs sont disposés suivant une courbe dirigée en avant ; les autres forment une courbe à convexité postérieure. Les yeux médians plus resserrés sont situés sur une éminence en forme de coussinet, et les yeux latéraux disjoints sont situés sur une petite saillie abrupte. Les deux articles cylindriques qui précèdent les petites crosses des palpes du Mâle sont deux fois plus longs que larges. Les griffes antérieures des tarses pré-
Fig. 1981. — Disposition des yeux des Argyronètes.
sentent de nombreuses denticulations (9 à 11) très longues, droites et serrées ; les griffes inférieures n'ont que trois dents; la partie antérieure du thorax très bombée, que l'on prenait jadis pour la tête, est séparée du reste de la face dorsale par un sillon transversal.
L'AnAIG-NÉE AQUATIQUE COMMUXE. — ARGYIiOtSETA AQUATICA-
Gemeine Wasserspinne.
Caractères. — Son aspect extérieur ne suffit euére à la faire reconnaître. Chez les deux
sexes le thorax, nu et de couleur rouillée, devient brunûtre en arrière et sur les côtés, brunnoiràtre au niveau du front; il présente en avant trois lignes noires longitudinales et des rayons de môme couleur sur le dus. L'abdomen, d'un brun olivâtre, est revêtu d'un cercle de poils blanc-grisâtres et veloutés ; il offre deux rangées de points déprimés. Un en trouve de semblables chez beaucoup d'autres Araignées; ils marquent les insertions d'autant de fibres musculaires qui traversent le corps en son milieu et s'étendent jusque sur la face ventrale. Les pattes sont d'un brun-olivâtre, à l'exception des cuisses et des hanches qui sont d'une teinte plus claire. Contrairement à ce qui se passe généralement chez les autres Araignées, le Mâle, plus fort, mesure quinze millimètres tandis que la Femelle n'en mesure que douze (fig. 198:2, 1983 et 1984).
Habitant presque constamment dans l'eau, elle respire à la fois au moyen de sacs pulmonaires et de trachées; ces dernières se trouvent à la partie antérieure du corps, les premiers dans la moitié postérieure. Les trachées émanent de plusieurs troncs courts situés derrière les poumons et terminés en pinceaux; elles ne se ramifient pas davantage.
Distribution giograplii<|tie. — Cette espèce parait appartenir surtout à l'Europe centrale et septentrionale; elle n'est pas rare dans le nord de la France ; on ne la rencontre jamais dans le sud.
Mœurs, habitudes, régime. — Aucune espèce de cette famille n'offre dans son mode d'existence autant de particularités intéressantes que l'Argyronète, particularités qui ont été admirablement observées au siècle dernier (17-48) par l'abbé de Lignac, et plus récemment (1867) par M. Félix Plateau.
L'Argyronète, que son aspect extérieur peut faire confondre aisément avec d'autres espèces [Clubiona atrox, Drassus brunneus, sericeus, et d'autres), se distingue entre toutes par son mode d'existence. Elle choisit les eaux stagnantes ou à courant faible, riches en Hydrachnes, en petits Insectes, en Lentilles d'eau et en différentes plantes aquatiques; c'est là qu'elle s'installe pour nager, pourbàtirson Nid, et pour effectuer l'accouplement. Elle peut d'ailleurs vivre quelque temps hors de cet élément; Geoffroy l'a vue en effet sortir à la poursuite de sa proie et rentrer avec son butin ; Walckenaera observé une fois sa mue hors de l'eau. Ces petites Araignées nagent avec ai-