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LES PROGTOTRUPES DES OEUFS

LES PROCTOTRUPIDES

PBOCTOTRUPIDM

Die Proclotrupier.

Caractères. — Sous le nom de Proctotrupides (Codrines, Oxyures des anciens Naturalistes) les auteurs modernes réunissent un nombre assez considérable de petits Parasites, qui forment des groupes de transition, mais qui dans leur ensemble peuvent à peine fournir des caractères qui permettent de constituer une famille distincte.

La conformation des nervures alaires, analogue parfois à celle des Cynips, ne suffit pas pour les y rattacher, car le ptérostigma marginal ne fait pas défaut ici comme chez ces derniers; le port général ne permettrait pas non plus ce rapprochement.

D'un autre côté, il existe des formes qui se rapprochent de la famille suivante, par leurs antennes brisées, par l'absence de toutes les cellules et de toutes les nervures alaires, y compris les cellules sous-marginales de l'aile antérieure; mais sans parler de quelques différences moins importantes, ce rapprochement perd toute valeur par ce fait que chez la Femelle la tarière fait saillie hors de l'extrémité abdominale.

Les Proctolrupides sont en général de petits Hyménoptères noirs qui, sans être élancés ni élégants, ont une configuration assez allongée, et qui, sans mériter la qualification d'indolents, témoignent cependant d'une certaine lenteur et d'une certaine lourdeur.

Mœurs, habitudes, régime. — Le contraste quiexisteéntrelesBourdons, pesants, laborieux et infatigables, etlesAndrènesouaulres Abeilles plus farouches, plus fugaces et plus souples, existe aussi entre les Proctotrupides et les Chalcidides. Les Proctotrupides ne remarquent pas de loin leurs ennemis, et ne cherchent pas à leur échapper par une fuite rapide. lisse tiennent volontiers dans les endroits humides, sous les feuilles tombées, dans les parties inférieures des haies, tandisqueles Chalcidides, toujours en mouvement, agitant sans cesse leurs antennes, constamment en quête d'une place où déposer leurs OEufs, aiment le soleil ou l'ombre des feuillages verdoyants, et ne s'établissent dans les coins poussiéreux que quand l'approche de l'hiver les force à prévenir son action funeste sur leurs frêles téguments.

On pourrait indiquer une série de formes très élégantes, mais on n'en finirait jamais. Nous préférons emprunter à Ratzeburg la figure 1092, et signaler en même temps une forme qui se rapproche beaucoup de la famille suivante et qui sert de transition pour y arriver.

LUS PBOCTOT11UPES DES OEUFS. — TELEAS L/EVnrSCULVS ET tereiiiians.

Eierwespe.

Caractères. — Nous représentons, avec un fort grossissement (fig. 1092), la Femelle d'une Guêpe des Œufs (Teleas lœviusculus de Ratzeburg, ou Phalenarum de Hartig), dont les ailes sont étendues; à côté (fig. 1093) nous représentons une Teleas tercbrnjis, posée, qui ne diffère de la précédente que par l'extrémité de son abdomen.

Ces deux minuscules Hyménoptères, et deux autres espèces encore que Ratzeburg voudrait en distraire, ont une teinte d'un noir luisant; leurs hanches et leurs jambes sont d'un brun noirâtre, et leur configuration est représentée sur la gravure. Nous laissons de côté les dissemblances, que l'œil d'un Naturaliste distingue à peine, pour placer ici les observations sur les mœurs de ces petits Hyménoptères habitants des Œufs.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Femelles pondent leurs OEufs dans ceux des Bombycides (fig. 1094); la première dans les OEufs du Bombyx du Pin (Gastropacha Pini)\ le Teleas lerebrans dans ceux du Bombyx-livrée (Gastropacha Neustria), dont nous ferons connaissance plus tard. Dans ces petits OEufs ne se développe pas toujours un Œuf unique d'Hyménoptère; il y en a parfois deux, trois, jusqu'à treize. Stollwerk raconte qu'il a vu sortir de 60 OEufs du Bombyx de la Ronce (Gastropacha Rub'ùlQÙAu Teleas phalenarum. L'éclosion survient au bout de quatre à six semaines. Bouché en retira un Insecte adulte au bout de quatorze jours, dans le mois d'août, en sorte qu'on peut admettre plusieurs générations par an, lorsqu'il existe assez d'Œufs deBombycides pour les nourrir.

Ratzeburg observa le Teleas tereb?,ans pendant la ponte. S'étayant sur les pattes posté-

LES CHALCIDIDES OU PTEROMALIDES.

ru. 1092.

Fis. 1093

Fis. 109*.

Fïg. 1092. — Le Proctotrupe des QEufa (Teleas Ixviuscu- i Fig. 1094. — OKuCs d'un Bombycida pi<iuc par ce Tclcas,

lus), très grossi. très grossis.

Fig. 1098. — Le Teleas terebrans vu do profil, très grossi. I

Fig. 109'2 ;\ 101M. — Les Proctotrupides des OEufs.

rieures, il remue lentement les pattes antérieures et les antennes, en enfonçant sa tarière

et en les retirant à intervalles très réguliers,

suivant le rythme d'un pouls un peu lent. L'abdomen ne s'ouvre pas pendant ce mouvement, mais la partie antérieure du corps bat, pour ainsi dire, la mesure, d'arrière en avant et d'avant en arrière. Les ailes s'étendent parfois, mais s'aplatissent bientôt sur le corps. Ce manège dure près d'un quart d'heure; et pendant ce temps ses compagnes se promènent nonchalamment sur le cercle d'œufs, en tâtonnant sans cesse à l'aide de leurs délicates antennes.

Nous figurons encore comme type de Proctotrupide le Diapria elegans (fig. 1095).

LES CHALCIDIDES OU PTEROMALIDES OU PTEROMALWM

CHALCIDIDM

Die 7.1 ■hrwespen.

Caractères. — La nombreuse famille des C/ialciilifJes ou des Ptéromalides , comme on l'appelait jadis d'après Dalman, forme un tout bien distinct, et se sépare de tous les autres Hyménoptères bien plus nettement que les Proctotrupides, grâce à l'exiguité de la plupart de ses membres.

Les antennes sont constamment brisées; les ailes antérieures sont larges et dépourvues de nervures; le corps, massif et trapu, ou bien grêle et élégant quand il s'agit des formes élancées, brille d'un éclat métallique; chez les Femelles, la tarière fait saillie à la face ventrale en avant de l'extrémité abdominale. La réunion de tous ces caractères ne se présente que dans cette famille et distingue les Ghalcidides de leurs plus proches apparentés.

Les yeux composés, longs, ovales, et relativement gros, ne sont jamaiséchancrés; les ocelles existent sur le vertex. Les antennes, nettement brisées, ont un fouet qui présente les formes les plus variées; il y a même des différences à cet égard entre les deux sexes d'une même espèce ; souvent, entre la scape et le fouet s'insinuent quelques articles courts, bien distincts des autres, et qui ont reçu le nom A'annelets, Les ailes ne sont pas assez développées pour posséder des cellules ; le ptérostigma manque sur les ailes antérieures; en fait de nervures, la sous-marginale est seule développée d'une façon appréciable et ne fournit pas de bons caractères distinctifs. Elle prend naissance à la base de l'aile ; elle suit un moment le voisinage du bord antérieur, puis vient brusquement

LES PTEtlOMALES.

la toucher comme l'indique la figure 109G. Après y être restée accolée quelque peu, elle se dirige comme un rameau vers la surface de l'aile et se termine en une sorte de nœud plus ou moins développé; ou bien, après avoir détaché un rameau comme dans le cas précédent

Fig. 1096. — Aile île Chrysolampus solitarius.

elle suit le bord de l'aile pour se diriger vers la pointe. Les tarses, le plus souvent composés de cinq articles, sont quelquefois formés de quatre ou de trois pièces en tout.

On tient compte de toutes ces circonstances pour distinguer les genres et les espèces; on considère en outre la conformation de la cage thoracique, et surtout du mésothorax qui tantôt présente une surface continue, tantôt se trouve divisé, par deux sillons longitudinaux, en trois bandelettes.

Tel est, dans ses traits généraux, l'uniforme dont la mère-nature a revêtu la nombreuse armée de ces petits Insectes; nous essaierons d'esquisser à grands traits le portrait de quelques espèces, sous peine de ne pouvoir éluder de fastidieuses descriptions.

LES TORYMINES — TORYMIN.E

Die Toryminen.

LE TOUYME ROYAL. — TOHYMUS IIEGIUS.

Mœurs, habitudes, régime. — NOUS avons

représenté sur une Noix de Galle la Femelle du Torymus rei/ius en train de doter d'un Œuf la Larve vivante qui l'hubile (1) ; le Ver qui doit éclore va se nourrir des sucs de l'habitant de la Galle et ne l'abandonnera que quand il n'aura plus besoin de lui. Pendant sa ponte, cette Femelle reste immobile, dans la position indiquée, l'extrémité abdominale entr'ouverle, et la première écaille dorsale enlevée. Par un orifice de sortie, plus petit que celui que percerait l'habitant régulier de cette Galle, on verra apparaître notre petite Ghalcidide dorée, au dos à reflet bleu, aux pattes d'une jolie teinte rouge-jaune.

(1) Voyez plus loin les Cynipicles.

LES PTEROMALINES — l'TERO- MALIN.E

Die Pteromalinen.

LES PTEROMALES — PTEROMALUS (1)

Caractère». — Le genre très riche des Pteromalus, qui se rapproche beaucoup des Teleas, en diffère essentiellement par laface dorsale de son abdomen qui est criblée de fossettes. Les antennes de treize articles sont situées au milieu delà face qui est à peine ponctuée et portent deux annelets très petits à la base du fouet légèrement renflé en massue. Tout au plus peut-on dire que l'abdomen estappendu, car on ne saurait reconnaître un pédicule appréciable; chez la Femelle la tarière ne fait pas saillie. Les pattes ni les ailes ne fournissent de nouveaux caractères ; on n'en pourrait trouver un que dans le rameau assez long de la nervure sous-marginale, sur le nœud de laquelle on peut distinguer au moins une dent.

Chez toutes les espèces (lig. 1099 à H07), l'abdomen brille d'un éclat vert métallique, parfois avec un reflet bleuâtre; des cinq articles des tarses, qui sont le plus souvent clairs, seul l'article portant les griffes paraît noir. En dernier lieu, ce sont les taches foncées des ailes, la ponctuation plus ou moins accentuée du mésothorax, la couleur des antennes et des pattes, qui doivent aider à distinguer les espèces.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Ptero-

malus vivent dans les Coléoptères qui rongent le bois et les écorces, dans les Cynips, quelquesuns dans les Cochenilles et les Pucerons, et dans les Larves de Mouches : le Pleromalus {biplolepis) puparum (fig. 1098) vit dans les Chrysalides de plusieurs Papillons diurnes, telles que celles de cerlaines Piérides. Sitôt que la Chenille a mué pour la dernière fois, plusieurs de ces Hyménoptères viennent se promener sur la surface de sa peau encore tendre pour faire pénétrer une quantité d'Œufs; la victime aura beau se tendre, agiter ses anneaux antérieurs, seul moyen de protection de cet Animal sans défense, les Ptéromales n'en auront cure. Avec le temps, la Chrysalide perd complètement sa mobilité, prend une vilaine couleur, et se trouve enfin transpercée comme un crible par les Hyménoptères nouvellement nés qui

(I) IIxÉpov, aile; [ia>6;, veiu.

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