LE CHALCIS AUX LARGES CUISSES TACHÉES DE JAUNE. — SMICRA S1SPES
Caractères. — Le C/ialcis aux larges cuisses tachées de jaune (Smicra sispes) (fig. 1107) est aisé à reconnaître à celte courte diagnose.
Fig. 1H9. — Le Chalcis aux larges cuisses tacliées de jaune.
Mœurs, habitudes, régime. — Il se rencontre souventen grand nombre surles feuilles des Chênes et se déplace plutôt en sautillant qu'en volant; la, du reste, il s'occupe beaucoup plus de rechercher les matières sapides des Pucerons, que de soigner sa couvée.
• Les espèces trapues, qu'on remarque dans le feuillage des Chênes, qui sont d'un bleu d'acier superbe et qui brillent d'un éclat vert métallique, vivent dans les Galles.
LES LEUCOSP1NES — LEUCOSP1S.E LES LËUCOSPIS — LËUCOSPIS (1)
Caractères. — Le genre Leucospis renferme tous les représentants de cette tribu et se distingue entre tous les Hyménoptères par une particularité des plus étranges : la tarière presque aussi longue que l'abdomen se recourbe sur la face dorsale. Un autre caractère leur donne une physionomie propre : leurs ailes au repos sont pliées dans toute leur longueur, comme chez les Vespides. Ils sont de
(1) Aeuxô;, blanc; û'|/, œil.
taille moyenne; le fond noir de leur coloration est agrémentée de taches jaunes ou rouges.
Distribution géographique. — Ces Insectes
habitent de préférence les régions chaudes, l'Europe méridionale, l'Afrique, l'Asie.
Mœurs, habitudes, régime. — Les espèces
connues seraient parasites des Guêpes et des Osmia.
LE LËUCOSPIS GÉANT. — LËUCOSPIS G1GAS.
Caractères. — Ce géant, parmi les Chalcidides indigènes (fig. 1110), est noir avec lepro- Ihorax orné de deux ceintures jaunes, le thorax marqué de six taches jaunes, l'écusson et l'abdomen revêtu de bandes jaunes; les pâlies
Fig. II 10. — Le Leucospis géant.
sont jaunes, les cuisses postérieures seules sont tachées de noir; les ailes sont enfumées.
Mœurs, habitudes, régime. — Cet Insecte
passerait les premières phases de son existence dans les Guêpiers.
Nous nous bornerons là. En étudiant ainsi le Parasitisme, qui, de l'avis de tout le monde, ne se manifeste dans aucun ordre d'Insectes d'une façon plus complèle que chez les Hyménoptères, nous avons acquis une connaissance suffisante des mœurs intimes de ces Insectes qui présentent tant d'intérêt. Puisse cet aperçu provoquer de nouvelles recherches, qui permettent de pénétrer plus avant dans le domaine de l'inconnu.
Passons, à présent, à l'étude des dernières familles, dont la vie est bien différente de celle des Parasites, et qui, à ce point de vue et à d'autres, encore se séparent très nettement de tous les autres représentants de l'ordre des Hyménoptères.
LES HYMENOPTKHES PHYTOPHAGES.
Fig. un.
Fig. un.
Fig. 1112.
Fig. 1113.
pondre.
». 1114. Fig. 1115.
— Le Sirex géant, Femelle.
— Le Sirex géant, Mâle.
— Le Sirex commun, Femelle en train de
ig. 1113. Fig. 1110.
Fig. 1114. — Sa Larve, vue do dos.
Fig. 11 15. — Sa Larve rongeant le bois, vue de profil.
Fig. 1116. — Sa Nyuiplic vue par sa face ventrale.
Fig. 1111 à 1UC. — Les Sirex à tous les âges, de grandeur naturelle.
LES HYMÉNOPTÈRES PHYTOPHAGES OU GUÊPES DES PLANTES — PHYTOPHAGA OU PHYTOSPHECES
Die Pflunzcnwespen.
Caractères. — Les membres de ce grand groupe Hyménoptères phytophages ou Guêpesdes-plantes [Hymenoplera Phytophaga ou Phylospheces), diffèrent à l'état parfait de tous les autres représentants de l'ordre, les uns par leur abdomen adhérent, par leurs ailes antérieures qui possèdent un plus grand nombre de cellules, et par la présence delà cellule dite lancéolée (fig. 1117 et 1118] ; les autres par leur abdomen adhérent ou pédicule, par leurs Brehm. — VIII.
ailes presque dépourvues de nervures, ce qui les prive de toutes les cellules médianes et ne leur laisse qu'une cellule marginale close, deux cellules sous-marginales et deux sca pulaires, le ptérosligma manquant complètement.
Les nervures des ailes, surtout de l'aile
antérieure qui seront décrites en temps et
lieu minutieusement, méritent une attention
toute spéciale, parce qu'elles tiennent le pie-
Insectes. — 115
LES HYMENOPTERES PHYTOPHAGES.
mier rang parmi les caractères distinctifs des genres si nombreux.
Leurs Larves se distinguent par leur indépendance plus grande ; la plupart vivent à l'état libre sur les plantes, quelque-unes pourtant s'enfouissent dans l'intérieur; elles ne se nourrissent en général que de matières végétales vivantes. C'est ce régime alimentaire des Larves qui a valu son nom à cette famille; car
Fig. 1117. — Aile de Teitthredo scalaris.
nous avons déjà dit plus haut que tous les Hyménoptères à l'état parfait sont friands sur-
Fig. 1118.— Aile de VAthalia spinarum.
tout de matières sucrées et ne mangent ni les feuilles, ni le bois.
La tête est généralement serrée contre le thorax; elle est pourvue d'ocelles; les palpes maxillaires ont quatre, cinq, six ou sept articles; les palpes labiaux, deux. La fig. 1119) re-
Fig. 1119. — Bouche du C imbex variabilis .
présente la disposition typique de leur bouche à l'exclusion des mâchoires que rien ne distingue. Les antennes, non brisées, dans la plupart des cas filiformes ou sétiformes, prédominent dans cet ordre ; mais elles peuvent présenter toutes sortes de modifications légères, chez les Mâles surtout, à titre d'ornements. Elles sont formées tantôt de trois articles, tantôt de neuf à onze, et ces chiffres jouent un rôle important dans la distinction des espèces; quand le nombre en est plus grand, il n'est plus besoin de les compter.
Le thorax occupe en étendue le tiers environ de la longueur du corps, sans tenir compte de la tête, et, comme chez tous les Hyménoptères, c'est l'anneau médiaire qui est le plus développé ; le métathorax l'est moins que dans les autres familles, parce que sa portion « déclive » fait ici complètement défaut, attendu que l'abdomen adhérent occupe pour son insertion toute sa paroi postérieure; la partie antérieure du métathorax, bien distincte de la partie déclive, dans toutes les autres familles, ne se distingue pas ici par des aires, mais par deux petites callosités ayant l'apparence de deux taches tégumentaires, le plus souvent de couleur claire, et situées latéralement de part et d'autre du scutum, au voisinage du mesonotrum, auxquelles Hartig a donné le nom de « granula » et Thomson le nom de cenchri.
Comme tous les Hyménoptères sans aiguillons, ces Insectes ont deux trochanters. Les deux épines terminales des jambes, parfois uniques sur les jambes antérieures, n'ont pas toujours la forme habituelle des épines ; elles sont quelquefois aplaties, plus membraneuses. Chez beaucoup d'espèces aussi, la base des tarses est pourvue de prolongements assez larges, en forme d'écuelles, qu'on désigne sous le nom de patelles; les griffes sont bidentées.
L'abdomen est un peu aplati chez les Mâles; chez la plupart des Femelles il est cylindrique, quelquefois comprimé, et laisse voir à sa face inférieure, la gaîne de la tarière, quand celleci n'émerge pas de la pointe abdominale sous forme de queue. Elle ne prend jamais, ici, la forme d'un aiguillon, mais celle d'une lame de couteau, d'une scie, d'une lime, d'une râpe ou d'une fine aiguille.
Distribution géographique. — On Connaît,
jusqu'à présent, au moins un millier de membres divers de cette famille répartis sur toute la surface du globe, mais abondants surtout dans les régions tempérées et froides, plutôt que dans les régions chaudes.
Itlti'urs, habitudes, régime. — Entre tous les Hyménoptères, les Larves des Phytospheces véritables sont les seules destinées à consommer une alimentation végétale qu'elles se procurent elles-mêmes ; la majorité des Larves de cette grande division vit à l'état libre sur les feuilles.
Un certain nombre de Larves vivent cependant à l'abri de la lumière, et sont perforantes.
Les unes jouissent d'une liberté assez grande,
LES HYMÉNOPTÈRES PHYTOPHAGES.
puisqu'elles peuvent creuser leurs conduits dans la direction qui leur plaît; ces Larves, d'une teinte jaunâtre, appartiennent soit aux Siricides et possèdent six pattes thoraciqucs apparentes ou atrophiées, soit à quelques Ten- Ihrédonides et possèdent alors des pattes plus nombreuses.
Les autres, c'est-à-dire celles des Cynipides, également d'un blanc jaunâtre et apodes, ont leur indépendance toutefois très limitée, puisqu'elles ont leur logement assigné dans les Galles, et qu'elles ne peuvent, pour changer de place, sortir de leur chambre.
Les Larves des Tenthrédonides, par leur coloration, ressemblent aux Chenilles avec lesquelles les ignorants les confondent assez souvent, et jouissent d'une indépendance que ne possèdent pas les autres Larves d'Hyménoptères. Ces Fausses-Chenil/es, comme on les appelle, vivent volontiers en sociétés, et se tiennent rassemblées au repos, roulées en spirale à la face inférieure ou supérieure des feuilles de leur plantenourricière. Lorsqu'elles sont en train de manger, elles chevauchent sur le bord des feuilles et leur forment une bordure toute particulière. Pendant cette occupation elles ont la singulière habitude de tenir en l'air la partie de leur corps comprise entre les pattes thoraciques et les suivantes, en lui imprimant la forme d'un point d'interrogation, et de le mouvoir en mesure de haut en bas, sitôt que l'une d'elles en a donné le signal. 11 est intéressant d'observer le mouvement de bascule de ces points d'interrogation vivants, car on reconnaît que ce n'est pas là une manifestation de leur plaisir, mais une gymnastique destinée à les préserver de quelque danger. Il suffit, pour provoquer ces mouvements, d'approcher d'une de ces colonies assez près pour qu'elle perçoive le souffle de la respiration ; les Larves se laisseront même choir si l'on persiste à les importuner. Cette tactique est destinée tout spécialement à les soustraire aux attaques des Ichneumonides.
Chaque article du corps, à l'exception du quatrième et souvent aussi de l'avant-dernier, porte une paire de pattes courtes, dont les trois antérieures fixées aux anneaux thoraciques sont seules de nature cornée, articulées et pourvues de griffes; les autres ressemblent à des bourgeons charnus ou à des excroissances verruqueuses. Par leur genre de vie et par leurs pattes, au nombre de 20 à 22, les Fausses-Chenilles se distinguent des Chenilles
qui possèdent 1G pattes tout au plus. Leur tégument paraît nu au premier abord, mais un examen plus attentif permet de découvrir des poils minces, parfois de petites épines, mais elles n'ont jamais l'épaisse fourrure de quelques Chenilles véritables. Les couleurs sont vives, sans être variées, et les marques habituelles consistent en taches foncées sur un fond clair. Les Fausses-Chenilles sont pourvues d'yeux simples et de petites antennes; elles muent plusieurs fois, et quelques-unes d'entre elles changent, à cette occasion, non seulement de couleurs, mais aussi de forme et d'aspect.
Les Larves de la troisième tribu de ces Tenthrédonides, celle des Lydines, diffèrent essentiellement des fausses Chenilles au point de vue des formes et des mœurs; nous en parlerons en traitant de cette tribu.
Une fois adultes, la plupart des Tenthrédonides quittent leur plante nourricière pour tisser à terre, sous terre, sous les feuilles sèches, sous la mousse, parfois sur la tige d'une autre plante, une coque en barillet d'aspect parcheminé, mais plus tendre, dans laquelle, raccourcies et immobiles, elles passent l'hiver. Ce n'est que peu de temps avant de sortir de leurs coques, qu'elles deviennent Nymphes.
Chez quelques espèces, deux couvées se développent chaque année ; il n'y a entre elles qu'un court intervalle, en été. Chez d'autres espèces, la couvée met un an à se développer, et même davantage. Mais il y a à cet égard de singulières exceptions.
Les Larves d'une espèce brésilienne à'Hylofoma (Dielocerw Elliasi) vivent en sociétés Leur Nid, qui a la forme d'un Œuf allongé de 10cm,o à 13cm de long, est suspendu verticalement à une branche. Chaque Larve possède sa cellule, et ces cellules sont accolées, en plusieurs couches, les unes au-dessus ou à côté des autres, à peu peu près comme des cellules d'Abeilles, mais de telle sorte que leur axe transversal coïncide avec l'axe longitudinal de la branche, et que leurs deux extrémités se trouvent libres. L'ensemble est enfermé dans une enveloppe commune, soyeuse à l'intérieur et gluante à l'extérieur. Citons, en passant, un autre cas exceptionnel, fourni par une espèce de la Nouvelle-Hollande, la l'erga Lewisii : en avril, la Femelle dépose ses OEufs d'un jaune pâle sur deux rangées dans la côte médiane des feuilles d'une espèce d'Eucalyptus. Au bout de peu de jours apparaissent
LE SIREX COMMUN OU DES SAPINS
les petites Larves, d'un vert sombre, qui dévorent de compagnie, paraît-il, pendant la nuit. La mère s'installe au-dessus des Œufs et de la jeune couvée, afin de les protéger; généralement, au contraire, la mère a cessé d'exister quand les Larves s'éveillent à la vie.
Classification. — Ces Hyménoptères, dont nous avons esquissé rapidement les caractères généraux, sont parfois divisés en trois familles :
1° Celle des Sirici-les, dont la tarière est saillante et dont les Larves, apodes ou pourvues de six pattes au plus, sont perforantes ;
2° Celle des Tenthrédonides, dont la tarière est cachée et dont les Larves polypodes se nourrissent exclusivement de végétaux. Parmi ces dernières, on range, toutefois, des Insectes qui par leur aspect, leur développement et leurs mœurs, diffèrent tellement des autres qu'on devrait en faire une famille à part ;
3° Celle des Cynipides, dont les ailes sont presque dépourvues de nervures, dont la tarière a la forme d'une longue soie recourbée dans l'intérieur du corps et dont les Larves apodes vivent à l'intérieur d'excroissances végétales nommées Galles.
Nous réunissons tous ces Phytophages en une famille unique, mais il nous semble que leur répartition en trois tribus est un minimum.
LES SIR1CIDES — SIIUCID/E
Caractères. — La tête est armée de mandibules tridentées, les palpes maxillaires comptent de 1 à 5 articles, les labiaux 2 à 4. Les antennes allongées ont de 11 à 22 articles, le premier grand, le deuxième court.
Un caractère spécial consiste en ce que le prothorax se divise nettement en deux demianneaux opposés et distincts, dont le supérieur est le pronotum et l'inférieur le prosternum ; on observe, en outre, sur le métathorax deux fentes analogues à des stigmates aériens; les tibias antérieurs sont munis d'un seul éperon. L'abdomen sessile et cylindrique se termine chez les Femelles par une pointe anale, dont la forme varie peu dans les diverses espèces, et qui se trouve déjà indiquée chez les Larves; aiguë et spatuliforme, elle rend de grands services à l'Insecte au moment où il sort du bois. Au-dessous d'elle s'adaptent assez étroitement les valves de la gaine de la tarière ; la scie est une puissante râpe (fig. 1120 et 1121).
■Hstribution géographique. — Indépendamment des quelques espèces qui vivent en Europe, l'Amérique du Nord en possède encore d'autres, qui ont avec elles de grands rapports.