LE CYNIPS DES FEUILLES
Fi», il sn. Fia. 1191.
Fig. 1180. — Le Dryophanta scutellaris, de grand, nat. Fig. 1190. — Les Galles en Cerise des feuilles du Chêne
habitées par ce Cynips, mais produites par la piqûre du
Spat/tegnster Taschenbergi.
Fig. 1191. — La plus grosse est surmontée d'un Clialcidide, le Torymus regius, Parasite de Cynipides.
Fig. 1102. — Galle en Artichaut, habitée par l'ApJiilotrix gemmai, mais produite par VAndricus pilosus.
Fig. 1189 il 11!)?. — Les Cynipides : leurs Galles et leurs Parasites.
présence qtiand on regarde leur face supérieure. C'est récemment qu'on a reconnu qu'elles n'étaient pas dues aux Cynips foin, comme on l'avait cru jusque-là.
A l'époque où les bourgeons de tous les arbres sont encore endormis (on sait que parmi nos arbres forestiers le Chêne reverdit le dernier), l'Hyménoptère grimpe lentement autour des bourgeons avant leur développement complet, pour faire une piqûre à chacun, en y déposant un ÛEuf. Son œuvre terminée, elle meurt, et si l'on attend le mois de mai et sa fraîche verdure pour visiter la forêt, on ne pourra voir l'Insecte en liberté; mais on trouvera les bourgeons transformés en de très jolies petites Galles pyriformes veloutées, de 2 à 3 millim., d'une belle couleur violet foncé. Si l'on recueille alors ces Galles, on en verra sortir à la fin du mois ou au commencement de juin les Mâles et les Femelles du Sput/tegaster Taschenbergi, qui ne tardent pas à s'accoupler. Bientôt après les Femelles visitent activement les feuilles des Chênes et implantent leur tarière dans les nervures de la face inférieure des feuilles les plus tendres pour y déposer leurs OEufs. Ce sont les Feuilles touchées par elle qui offrent à nos regards, en été et surtout en automne, ces Galles vermeilles, nommées Galles en cerise (fig. 1183). Elles sont
nées avec la Larve qui occupe leur centre, et mûrissent avec elle. En automne, on peut, en les. ouvrant, y trouver l'Hyménoptère parfait, c'est-à-dire le Dryophanta scutellaris, aui d'habitude ne sort que l'année suivante et constitue la génération ne renfermant que des Femelles et qu'on nomme génération agame.
Ces Galles ratatinées, suspendues encore aux buissons, sont habitées par des Parasites, parmi lesquels on range une Ptéromaline, d'un vert doré, qui vit en Parasite dans bien d'autres Galles, le Torymus regius. Il perce, à l'aide de sa longue tarière, la Galle déjà à moitié formée ; pendant cette opération, l'Animal relève son abdomen en formant une bosse très accentuée, et ouvre largement sa dernière écaille ventrale. Les Galles du Dryophanta scutellaris peuvent héberger trois espèces de locataires, Syneryus pallicornis, Synergus Tsc/wki, et Sapholytus connatus.