LU 1'APILLON GRAND PORTE-QUEUE. — PAPILIO MACHAON
Schwalbenschwanz.
Caractères. — Les ailes antérieures de ce beau Papillon que nous représentons (fig. 1259 et pi. XX), possèdent des ailes tachetées de noir, traversées par des nervures, et saupoudrées d'écaillés jaunes sur l'aire radiculaire ainsi que sur la bande noire au devant
des taches jaunes marginales. Sur l'aile postérieure, cette même bande paraît bleue et se prolonge jusque sur un oeil rouge dont la teinte se perd insensiblement dans une coloration bleue. C'est là pour ainsi dire le cordon porté par l'ordre des Chevaliers. La face inférieure présente à peu près les mêmes marques; leur teinte est seulement plus mate, et le jaune y domine.
Distribution géographique. — Le Grand
porte-queue (Papilio Machaon) ne s'étend pas seulement sur toute l'Europe, mais il voltige aussi en Syrie, en Egypte, sur les côtes barbaresques, en Sibérie, sur les montagnes de l'Himalaya, et au Japon.
Blœui-g, habitudes, régime. — En juillet et
en août, ce beau Papillon voltige assez lentement parmi les champs de Trèfle et de Luzerne, ou recherche les fleurs des prairies, des jardins, et des bois; et lorsqu'il se pose prenant mille attitudes variées, il étend ses ailes ou les relève à demi closes. Il peut, à son gré, voguer d'un vol rapide, et se trouve parfaitement apte à franchir en peu de temps de grandes distances.
Un connaisseur peut constater qu'à cette époque il a sous ses yeux la seconde couvée, qui est nombreuse; en mai, les Machaons apparaissent déjà, mais ils sont alors isolés et proviennent des Chrysalides qui ont passé l'hiver.
La Femelle fécondée se préoccupe des soins de sa postérité, et recherche les Ombellifères, notamment les Fenouils (Feniculum Anethum), les Cumins (Cuminum cyminwn), les Carottes (Daucus carota), les Peucedanum (Peucedanum parisiense) et après avoir déposé un OEuf, quelquefois plusieurs, sur chaque plante, elle meurt.
La jeune Chenille est noire, tachetée deblanc sur la face dorsale, et pourvue d'épines rougeâtres ; mais bientôt elle change d'aspect, et à peine s'est-elle accrue, qu'on l'observe assez haut sur les fruits de sa plante nourricière dont elle recherche les graines. Elle constitue alors une forte et belle Chenille (fig. 1260) annelée de vert tendre et de noir-velouté, quelque peu plissée, alternativement ponctuée de rouge fauve, car ses épines ont disparu. Lorsqu'on la saisit, elle fait surgir de son premier anneau derrière la nuque ses deux tubercules charnus qui exhalent une odeur très prononcée d'acide butyrique dans le but d'effrayer l'agresseur, et frappe l'air autour d'elle de son corps (fig. 1260, p. 252).