UN PORTRAIT A REFAIRE
Pourquoi donc te peindre si laide, Sur tes os n'ayant point d'habit?
mort! infaillible remède A tous les maux que l'on subit.
Devrais-tu porter l'épouvante Au cœur d'un fidèle chrétien, Lorsque des repos qu'on nous vante Aucun n'est plus grand que le tien ;
Alors qu'en face, à droite, à gauche.
Nos jours amers sont pleins de fiel, Ton bras libérateur nous fauche.
Pâles épis, mûrs pour le ciel ;
Quand ta nuit au talent propice Le fait briller comme un flambeau, Et qu'avec toi vient la justice, De lauriers verdir son tombeau ;
Lorsque tu fais que Ton oublie Nos défauts ainsi que nos torts, Que par toi notre ombre embellie Semble plus pure que nos corps.
Âh ! si j'avais une palette.
Si j'étais un peintre savant.
Comme je ferais ta toilette Moins lugubre que ci-devant î
Tu serais une noble femme, Au port rempli de majesté.
Dont l'aspect donnerait à l'âme Confiance et sérénité.
De riches vêtements couverte.
Je ne t*en ferais point de noir, Mais ta tunique serait verte, Emblème d'un céleste espoir.
Sur ton front je mettrais des roses, Leur reflet te colorerait, Et ta bouche aux lèvres mi-closes Avec calme nous sourirait.
Et pour raffermir qui succombe A tes appels mystérieux, Ta main montrerait une tombe.
Ton regard tourné vers les cieux !