‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 36 sur 61 · UN PORTRAIT A REFAIRE · texte numérisé non relu

UN PORTRAIT A REFAIRE

Pourquoi donc te peindre si laide, Sur tes os n'ayant point d'habit?

mort! infaillible remède A tous les maux que l'on subit.

Devrais-tu porter l'épouvante Au cœur d'un fidèle chrétien, Lorsque des repos qu'on nous vante Aucun n'est plus grand que le tien ;

Alors qu'en face, à droite, à gauche.

Nos jours amers sont pleins de fiel, Ton bras libérateur nous fauche.

Pâles épis, mûrs pour le ciel ;

Quand ta nuit au talent propice Le fait briller comme un flambeau, Et qu'avec toi vient la justice, De lauriers verdir son tombeau ;

Lorsque tu fais que Ton oublie Nos défauts ainsi que nos torts, Que par toi notre ombre embellie Semble plus pure que nos corps.

Âh ! si j'avais une palette.

Si j'étais un peintre savant.

Comme je ferais ta toilette Moins lugubre que ci-devant î

Tu serais une noble femme, Au port rempli de majesté.

Dont l'aspect donnerait à l'âme Confiance et sérénité.

De riches vêtements couverte.

Je ne t*en ferais point de noir, Mais ta tunique serait verte, Emblème d'un céleste espoir.

Sur ton front je mettrais des roses, Leur reflet te colorerait, Et ta bouche aux lèvres mi-closes Avec calme nous sourirait.

Et pour raffermir qui succombe A tes appels mystérieux, Ta main montrerait une tombe.

Ton regard tourné vers les cieux !

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