‹ Mes confidencesChapitre 10 sur 44 · KS · texte numérisé non relu

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.le m’arrôtai à Fisc pendant quelques jours pour y admirer les beautés de la cathédrale et du Campo Sanlo, ce monument de marbre du xiii* siècle, et les (juais magniliques et solitaires, témoins aujourd’hui muets d’une grandeur évanouie. J’y fis connaissance avec un ami de madame de .Staël, l’aimable professeur Rosini, auteur do la Monaca de Monza, avec lequel j’entretins depuis une amitié qui ne s’éteignit qu’à sa mort.

De là, je me rendis à Lucques par une route entrecoupée de riants villages où les pampres déjà jaunissants, suspendus en guirlandes, semaient les bords des fossés de feuilles de vigne et d’oliviers.

Je ne fis que traverser la ville, et je descendis à SaUochio, superbe villa antique qu’habitait le marquis de La Maisonfort , de l’autre coté de la plaine, sur la route des bains. J’y pris possession d’un appartement que voulut bien m’olfrir le ministre de France. Nous y limes ensemble jilus de poésie (jue

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de diplomatie. La sérénité limpide de ce beau ciel au commencement de l’automne m’inspira ces mélancolies qui se répandent sur le bonheur même , comme le clair de lune de ces climats sur la nuit d’un beau jour.

En voici une que j’écrivis dès les premiers jours de mon arrivée à Sallochio; je la donne ici avec le commentaire qu’on retrouve dans mes œuvres complètes :

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Voilà les feuilles sans sève Qui tombent sur le gazon :

Voilà le vent qui s’élève Lt gémit dans le vallon ;

Voilà l’cn antc hirondelle Qui rase du liout de l'aile l.’eau dormante des marais; Voilà l’enfant des chaumières Qui glane sur les bruyères Le bois tombé des forêts.

L’onde n’a plus le murmure Dont elle enchantait les liois; Sous des raineauv sans verdure la^ oiseaux n'ont plus de voix;

Ix* soir est près île l’iiiirorc ;

L’astre à peine vient d’éclore,

(Ju’il va terminer son tour;

11 jette jwr intervalle line lueur, clarté [lâlo Qu’on appelle encore un jour.

L’aube n’a plus de zéphire Sous ses nuages dorés;

La iKJurpre du soii’ expire Sous les Ilots décolorés ;

mer solitaire et vide N’cst plus qu’un désert aride Où l’adl clicrche en vain l’esquit ;

Et sur la grève plus sourde l>a vague oiageuse et lourde N’a qu’un inuiinure plaintil.

l a brebis sur les collines Ne trouve plus le gazon,

Son agneau laisse aux épines Ixs débris de sa toison, lai flûte aux accords cliampètres Ne réjouit plus les hêtres Des airs de joie on d'amoni-s,

Toute herbe aux champs est glanée Ainsi linit une année.

Ainsi linissent nos jours !

(’.’est la saison oii tout tombe Aux coups ledoublés des vents;

Un vent qui vient de la tombe Moissonne aussi les vivants ;

Ils tombent alors par mille.

Comme la plume inutile Que l’aigle abandonne aux airs, Ix>rsque des plumes nouvelles Viennent réchaufler ses ailes A l’approche des hivers.

C’est alors que ma paupière Vous vit pâlir et mourir, Tendres fruits qu’à la lumière Dieu n’a pas laissé mûrir !

Quoique jeune sur la terre.

Je suis déjà solitaire Parmi ceux de ma saison ;

Kt quand je dis en moi-même :

Oti sont ceux que Ion coMir aime Je regarde le gazon .

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