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Mes estampes, 1872-1884

n beau jour , on se dit que ce serait un agréable passe -temps de s'amuser à réunir quelques-unes des meilleures gravures de More au.

A peine les recherches sont-elles commencées qu'on étend son programme : il s'agit maintenant de former un œuvre complet du Maître.

Six mois ne se sont pas écoulés que le programme est reconnu irréalisable. Il est certaines pièces qui sont introuvables et qti' il faut renoncer à se procurer.

Puis , il y a , même dans l'œuvre de Moreau , des productions de second ordre, qui ne méritent point une chasse aussi passionnée. Enfin , le champ nest plus assez vaste pour l'activité d'un collectionneur dans le premier feu du début.

On a d'ailleurs visité les collections et reçu les conseils d amateurs expérimentés ; l'horizon s élargit, on ne résiste pas au désir de joindre aux chefsd'œuvre de Moreau ceux de Cochin , de Gravelot , d'Eisen, de Choffard, de Mar illier. Mais ces chefsd'œuvre se trouvent dans des livres : il faut former une bibliothèque.

On suit les ventes publiques , on se laisse entraîner dans la lutte. Moitié goût , moitié amour - propre , on devient exigeant; on n'accepte plus que les épreuves avant la lettre.

Et comme si cela n'était pas assez , on donne dans le raffinement des eaux-fortes , manie singulière qui corisiste à se priver du repos et du plaisir que devrait procurer la possession d'épreuves terminées , parfaites et rares , en s imposant F obligation de rechercher les mêmes pièces dans un état plus rare encore et presque impossible à rencontrer !

Pourquoi négliger de recueillir , quand l'occasion

s'en présente , un titre , un ornement ou un fleuron bien graves, ou bien une de ces petites curiosités, adresses , cartes de visite , billets de bal ? — L'on commence une collection de vignettes.

Et pourquoi se confiner dans les petites pièces , dans les merveilles de la vigfîette ? — L'on s'attaque aux estampes de l'Ecole française.

Un beau jour aussi , l'on s'est mis à réunir quelques portraits pour illustrer les Œuvres de Boileau ou les Lettres de Madame de Sévigné.

Ces livres sont prêts à aller chez le relieur, lorsqu'on est pris d'un scrupide: doit-on employer à un tel usage des portraits précieux ? — On recule , on retire les Ficquet avant la lettre, les Savart en premier état , les Saint- Aubin à la tablette blanche , pour les mettre dans des portefeuilles. Ainsi expurgés de ce qu'ils contenaient de meilleur, les infortunés livres ont bientôt radie alemeiit «cessé de plaire». On s'en défait.

Revenant aux portraits , on se dit qu'il n'y aurait qii^un pas à faire pour compléter l'œuvre de Ficquet, de Savart, de Saint- Aubin. Et Von fait ce pas.... et bien d'autres. Chaque jour voit s'ouvrir une série nouvelle ou l'œuvre d'un graveur , Edelinck ,

Nanteiiil , les Drevet, IFille, Bervic ou Hcnriquel , le Siècle de Louis XIV, le XVIIÎ' Siècle , la Révolution , les Moder7îes. . .

E?2 i8j2 , 071 a mis le doigt dans t engrenage. Douze ans après , l'on veut savoir jusqu'où l'on a ètè entraiyiè , et voici ce que l'on trouve :

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