‹ Mes estampes, 1872-1884Chapitre 40 sur 51 · Livre coté 375 fr. sur le Catalogue de la librairie Fontaine , pour · texte numérisé non relu

Livre coté 375 fr. sur le Catalogue de la librairie Fontaine , pour

Bien curieux à revoir aujourd'hui , ce catalogue ! Il comprenait une foule d'articles de premier ordre , provenant en grande partie de la bibliothèque d'un riche industriel , voisin de la librairie Fontaine. Les prix qui y sont indiqués semblent dérisoires aujourd'hui, mais alors on les trouvait presque excessifs. Q.uel changement en dix ans , dans le domaine du livre a figures ! L'aurore des gros prix , puis le développement de quelques grandes bibliothèques , puis la passion effrénée , et maintenant , après la disparition des amateurs les plus vigoureux , le calme relatif !

Auguste Fontaine , qui avait créé , passage des Panoramas , une des

plus importantes librairies de luxe du monde entier, était un type original, présent encore a la mémoire de tous les bibliophiles, qui en conservent le meilleur souvenir. Petit , rond , plus vif que la poudre, agité , relançant de sa voix perçante commis et teneur de livres ; ce qu'il aimait par dessus tout , c'était vendre des livres d'étrennes. Il avait pour cet objet la plus belle clientèle féminine de Paris , et sa plus grande joie était de la servir lui-même. Ceci ne l'empêcha pas d'opérer une révolution dans la haute bibliophilie.

C'était , en somme , jusqu'à lui , un commerce assez timide. Les libraires assistaient aux ventes . achetaient ce que les amateurs dédaignaient de pousser directement. Q,uanr aux achats « bourgeois » , c'est-a-dire effectués en dehors de la salle des ventes , de la main à la main , le principe invariable . le vieux jeu par excellence consistait dans je dénigrement systématique du livre offert ; on prenait des airs dégoûtés, on allait jusqu'à simuler la nausée, et l'on n'achetait qu'a vil prix. Le grand espoir , c'était toujours de « faire le coup » , d'acheter une bibliothèque entière a quelque héritier ignorant. Et encore, après un « coup » , les livres étaient-ils revendus sans bénéfice sérieux par le libraire angoissé de rentrer dans son capital déboursé.

Fontaine, a l'instigation de son commis Morgand , changea de principe. L'idée nouvelle était simple , et par conséquent frisait le génie. Payer les livres ce qu'ils valent , voila. On attire ainsi les vendeurs au lieu de les rebuter par des grimaces , on « fait sortir » les livres et l'on multiplie les occasions de transactions. Et puis , il y a plus a gagner sur les livres chers que sur les livres bon marché. Mieux vaut , par exemple, payer un livre cinq mille francs pour le vendre six mille , que l'acheter cent francs pour le vendre deux cents. Q.uant aux ventes publiques , y lutter a outrance contre les amateurs , pour les amener a renoncer a l'achat direct et a subir l'intermédiaire du libraire. « J'achèterai ce livre a la salle des ventes quinze cents francs , et vous viendrez dans mon magasin où je vous le vendrai deux mille. Q.ue si vous voulez lutter, je le pousserai jusqu'à quatre mille , et s'il vous reste, vous saurez ce qu'il vous en coûte. »

Ce système a eu , pour le commerce des livres , des conséquences énormes , comme chacun sait.

172. La Sainte Bible^ contenant l'Ancien et le Nouveau Testament , traduite en françois sur la Vulgate , par M. Le Maistre de Sacy. Nouvelle édition, ornée de 300 figures gravées d'après les dessins de M. Marillier [et Monsiau]. Paris, Defer de Maisonneuve, ^1^9, an XII; 12 vol. in-4, veau fauve, filets, dos orné, tranche dorée {Ancienne reliure).

Figures avant la lettre.

173. Œuvres de P. J. Bernard, ornées de gravures d'après les dessins de Prud'hon; la dernière estampe est gravée par lui-même. Paris, Didot l'aîné , \']9'] , in-4, "on rogné.

Figures avant la lettre.

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