‹ Mes estampes, 1872-1884Chapitre 51 sur 51 · Divers portraits de Voltaire , etc · texte numérisé non relu

Divers portraits de Voltaire , etc

219. LA HENRIADE , poème de Voltaire. De l'imprimerie de la Société litiér aire-typographique, 1789, in-4, demi-reL, mar. bleu, dos orné, non rogné {Allô).

Portraits de Voltaire par Barbie, par Cathelin, in-4; par Langlois, in-4, AVANT LA lettre ; de Henri IV par Moitte, deux états avant la lettre, par Ridé en couleur, par Tardieu, par Dupin.

Suite des onze figures de Gravelot.

Trois eaux-fortes de cette suite.

Suite in-4 ^^ Moreau, comprenant dix figures et le portrait du Prince de Prusse, épreuves avant la lettre.

Sept eaux-fortes de la même suite, très-rares. Six de ces eaux-fortes, provenant de lexemplaire de Renouard, m'ont été cédées par M. Paillet; ajouté la septième, celle du Chant IX qui est la plus belle

enri IV aux pieds de Gabrielle d'Estrées).

Suite des douze figures de Q^uéverdo, avant la lettre, plus un double état du frontispice après la curieuse retouche et la suppression des médaillons des rois.

Les eaux-fortes complètes de la même suite.

Dans les Notes et Variantes sont placées :

La suite des figures et de l'édition in-4 de 1770.

La suite des fleurons d'Eisen, gravés par Longueil, pour l'édition de 1770, en tirage hors texte. La jolie figure de la même édition pour le Chant IX, avant la lettre. Quant aux autres figures de cette édition, elles sont très-mauvaises et passablement grotesques.

Le volume se termine par VEssai sur les Guerres civiles de France, dans lequel sont placés quelques portraits, épreuves d'état.

220. LA PUCELLE D'ORLÉANS, poëme en vingt -et -un chants par Voltaire, édition ornée de figures gravées par les meilleurs artistes de Paris. P^m, Didot jeune, Van troisième, 2 vol. in-4; demi-rel., mar. rouge, dos orné , entièrement non rogné (Allô).

Portraits de Voltaire : 1° par Alix, d'après Garneray, en couleur ;

2'' par J.-B. Michel ; 3'' par Saint-Aubin, in-4 ; 4" par Huber de Genève {)} tètes) ; 5" par M. B...; 6" par Ficquet ; 7" par Miger ; S" par Saint- Aubin, in-8;9" par Langlois, in-4, avant la lettre.

Suite des vingt-et-une figures de Moreau, de la première suite de

Kehl, AVANT LA LETTRE, épreUVeS TIRÉES IN-4.

Suite des figures de Marillier et Monsiau, épreuves avant la lettre, avec toutes les eaux-fortes.

221. LA PUCELLE D'ORLÉANS, par Voltaire. Suite des figures de Duplessi-Bertaux (un front., et 21 têtes de page)

Épreuves tirées hors texte, à toutes marges, in-8. avec la figure du Chant XIX indiquée Chant XVIII.

222. LA CHRONIQUE DE CHARLES IX. Imprimé pour les Amis des Livres, 1879, i voL en 2 parties, fig.

J'ai été, en 1875, l'un des fondateurs de la Société des Amis des Livres, dont le but est de publier des ouvrages où le luxe typographique s'unisse au mérite artistique des illustrations.

La Chronique est notre première publication. Elle a eu, auprès des curieux, un très-grand succès, car ce livre, distribué au prix de 100 fr. aux membres de la Société, se vend actuellement 800 fr. L'impression, très-belle, est de Chamerot ; l'illustration comprend une série de têtes de pages du regretté Edmond Morin, artiste aimable et modeste, d'un talent très-élégant, que j'ai eu l'occasion de voir plusieurs fois chez notre président Paillet. Nul ne savait mieux que lui jeter un frontispice en tète d'un numéro de la Vie Parisienne.

Notre seconde publication fut la Vie de Bohême. Il est regrettable que l'imprimeur ait appliqué des fleurons renaissance a un livre aussi XIX^ siècle que le roman de Murger.

La troisième, Fortunio de Théophile Gautier, a été bien exécutée, comme typographie, par Motteroz.

223. LES ORIENTALES , par Victor Hugo. Imprimé pour les Amis des Livres, 1883, in-4, ^g-

Quatrième publication de la Société, qui a pris l'excellente résolution d'abandonner désormais les types antiques et elzéviriens, dont on a trop abusé pendant quelque temps, pour revenir aux caractères de Didot, les plus beaux qui soient.

Les Orientales font nonneur a notre Président, qui en a dirigé la publication. Le texte, imprimé par Chamerot, qui n'a pas de supérieur pour ces sortes de travaux de grand luxe, est parfaitement beau, f Le volume des Œuvres de Bernard, publié par Didot, a servi de modèle).

Les illustrations comprennent un frontispice, aimablement offert a la Société parGérôme, et très-bien gravé par M. de Los Rios, et sept sujets de M. Benjamin Constant, traduits par le même graveur, qui a tiré tout le parti possible de ces compositions, que le peintre n'avait pas exécutées dans le format et avec la précision que comporte l'illustration d'un livre. C'étaient de grandes études qu'il a fallu réduire, ce qui est toujours regrettable. Leur dimension n'a pas permis de placer les fusains originaux dans un exemplaire : ils ornent présentement la librairie de Rouquette.

224- EUGÉNIE GRANDET, par Balzac. Imprime pour les Amis des Livres, 1883, in-8, fig.

Cinquième publication de la Société. Elle a encore été dirigée par M. Paillet.

Le texte, imprimé par Motteroz, est élégant. L'attraction, le clou du livre, c'est l'illustration : huit compositions de M. Dagnan, le peintre bien connu de la Noce chc^ le photographe. Dessins d'une saveur originale, composés avec un vrai talent d'illustrateur, et exécutés avec le soin méticuleux, la précision des détails, qui caractérisent M. Dagnan, et qui facilitent d'une façon si heureuse le travail du graveur.

L'artiste nous permettra d'exprimer un regret. De ses compositions, les unes sont en hauteur, les autres en largeur. Cela n'est pas admissible. Un livre doit être illustré en hauteur. C'est a l'illustrateur a éviter de choisir les scènes dont il ne saurait concevoir la réalisation que dans un cadre plus large que haut. Les Cochin, les Gravelot, les Moreau n'ont jamais éludé cette loi: les peintres de notre temps peuvent bien s'y soumettre.

On ne saurait trop louer M. Le Rat, qui a gravé les illustrations d'Eugénie Grandet : ses planches, remarquables de fidélité, sont exécutées d'une main d'artiste ; elles peuvent compter parmi les meilleures qui aient paru dans ces dernières années.

225. JACQUES LE FATALISTE, par Diderot. Imprinu pour les Amis des Livres, 188^, in-8, fig.

Dernier ouvrage édité par la Société.

Quelques-uns d'entre nous ont semblé craindre que la publication àt Jacques le Fataliste ne parût être, de la part des Amis des Livres, une profession de foi d'athéisme et de grivoiserie.

La Société publie ce livre, non pas parce que athée, mais quoi que : parce que très-amusant et d'une merveilleuse rapidité de style. Elle n'a aucune profession de foi a faire dans aucun sens ; son règlement revêtu de l'approbation du Gouvernement, lui interdit les discussions politiques et religieuses, et notre président a toujours fermement tenu la main a ce que cet article fût respecté.

De même, nous ne publions point Jacques pour l'épisode de dame Suzanne et de dame Marguerite, qui le déshonore, mais pour l'histoire du marquis des Arcis et de madame de La Pommeraye, un pur chefd'œuvre, dont il serait bien dur de se priver.

Enfin, il ne s'agit pas ici d'une publication populaire, tirée a grand nombre et a bon marché. Un livre de grand luxe, cher, destiné a cent vingt-cinq bibliothèques d'amateurs (qui renferment déjà toutes, on peut le parier, les Contes de La Fontaine, Candide, voire Mademoiselle de Maupin), n'offre aucun danger.

Le texte est imprimé par Chamerot.

Nul n'était plus apte a illustrer un livre du XVIIF siècle que M. Maurice Leloir, a qui ont été demandés un fleuron, un cul-de-lampe, huit figures, un frontispice, et une pièce en tout semblable à un frontispice, sauf qu'elle se place a la fin du volume. Un culispice, quoi ! — CVous verrez que l'Académie qui ne bronche point devant ...de-lampe, refusera d'admettre ...ispue.)

M. Leloir se rend parfaitement compte des conditions matérielles d'une illustration. Ses compositions, toutes en hauteur, sont de la dimension des gravures et très-finies, pour que le graveur n'ait qu'a traduire exactement. Exécutées sur de grandes feuilles de papier vélin, elles pourront facilement être placées dans l'exemplaire de celui d'entre nous qui en deviendra l'heureux acquéreur.

MM. Mongin, Courtry, Teysonnières, de Los Rios, se sont partagé

les travaux a exécuter pour Jacques le Fataliste. Toutes les planches n'étant pas encore terminées (juin 1884), on ne peut juger de leur valeur d'ensemble ; quelques-unes, présentement exécutées, sont d'une fidélité et d'une perfection de travail extrêmement remarquables.

Ainsi donc, dessins d'une exécution précieuse et qui ont obtenu un succès incontesté à la dernière exposition des aquarellistes ; gravures d'artistes choisis parmi les plus réputés, texte d'une des meilleures imprimeries parisiennes, papier du japon, tirage des illustrations a deux états très-différents, tout semble réuni pour faire un livre incontestablement beau. Sera-t-il sans défaut ? C'est un résultat qu'on ne peut jamais prédire a l'avance, malgré la valeur des éléments mis en œuvre. En tout cas, il m'est défendu de me prononcer, puisque c'est moi que les Amis des Livres ont bien voulu charger de la confection de Jacques le Fataliste. Ils rendront leur verdict ; je leur livre ma tète.

226. SERVITUDE ET GRANDEUR MILITAIRES, par Alfred de Vigny. Un vol. illustrations de Dupray (Sous presse).

Prochaine publication des Amis des Livres , qui en ont confié la direction a M. Henry Houssaye. Cet ouvrage est de nature a remettre le calme dans toutes les consciences que Jacques le Fataliste aurait effarouchées.

Tout en déambulant sur le boulevard, après nos dîners mensuels chez Durand, notre aimable collègue Houssaye m'a dit quelques mots du plan sur lequel il concevait l'exécution de ce volume. Il y a gros à parier que le livre lui fera honneur, ainsi qu'a la Société; les Amis des Livres viennent, en outre, de voter la publication des Mariages de Paris, d'Edmond About. MM. Cherrier et Paillet en dirigeront l'exécution.

227. L'Œuvre de Moreau le Jeune, notice et catalogue par Henri Draibel (Beraldi). Paris, Rouquette , 1874, in-8 , portrait de Moreau, gravé d'après Cochin.

Un péché de jeunesse. «Ce n'est pas le Catalogue de l'œuvre de Moreau , disait justement M. Roth , c'est la table des matières d un Catalogue de Moreau v. Malgré ses proportions écourtees , ce cataloguscule a rendu quelques services , lors de son apparition , parce qu il n'y en avait pas d'autre , et qu'il donnait une notion générale et juste de l'ensemble de l'œuvre. Tiré a 200 exemplaires, il a été immédiatement épuisé. . 1 ♦ ♦

Aujourd'hui , nous possédons un catalogue vraiment complet et raisonné de l'œuvre de Moreau , et tel que le méritait l'illustre artiste. Il est à\x a M. Emmanuel Bocher, qui a bien voulu associer mon nom, sur la dédicace , a celui du plus ardent des admirateurs de Moreau , M. Mahérault. Q.u'il me permette de lui adresser ici mes remerciements.

228. Charles-Etienne Gaucher, graveur, notice et catalogue, par MM. le baron Roger Portalis et Henri Beraldi. Paris, Morgandet Fatout, 1879. Un vol.

Trois exemplaires : grand papier vélin , grand papier de ghine

et PAPIER DE hollande.

J'avais depuis longtemps formé le projet de publier un travail d'ensemble sur les graveurs d'illustrations au XVIII* siècle : c6 travail fut même annoncé dans les Dessinateurs d'Illustrations , de M. Portails, livre auquel il devait faire suite.

Mais de l'idée a l'exécution, il y a loin, et j'hésitais avant de plonger dans cette œuvre assez vaste , lorsque Morgand et Fatout me proposèrent de l'entreprendre en collaboration.

L'idée était séduisante pour moi : elle ne déplut pas a R. Portails. Nous commençâmes par nous essayer sur un de nos graveurs de prédilection . et c'est ainsi que fut publiée cette monographie de Gaucher.

229. LES GRAVEURS DU XVIII« SIÈCLE, par MM le baron Roger Portails et Henri Beraldi. Paris, Morgand et Fatout, 1880-1882, 6 vol. in-8.

Trois exemplaires en grand papier vélin , grand papier de chine , et papier ordinaire.

Mon collaborateur, qui est aussi modeste qu'aimable, m'en voudrait

feut-étre de parler ici longuement de sa remarquable facilité et de agrément qu'il sait donner a ce qu'il raconte , de dire qu'il possède la faculté , précieuse et rare , de faire amusant. Il ne pourra cependant m'empécher de lui témoigner ici combien m'ont été agréables mes rapports suivis avec lui pendant les quatre années de notre travail commun. ( Sans parler des dîners, où il offrait a ses convives les mets les plus luculleux , notamment un certain chaudfroid de perdreaux absolument inoubliable ).

On sera peut-être curieux de savoir ce que je pense du livre. C'est bien simple.

Si l'on veut le juger avec rigueur, sur ce qui ne s'y trouve pas , sur les omissions et les erreurs inévitables , la critique peut facilement s'exercer.

Mais si l'on veut être bienveillant et l'apprécier sur ce qu'il contient, on admettra qu'il s'y trouve une quantité considérable de faits intéressants et de renseignements utiles. Les biographies des artistes de premier rang sont tres-détaillées, et les catalogues de leurs œuvres , complets. Les artistes de moindre importance sont traités plus sommairement , chacun selon son œuvre; mais l'ensemble des notices qui concernent ces graveurs jusqu'ici peu connus constitue un travail, sinon original , au moins nouveau.

En voilà assez sur ce sujet.

230. LES GRAVEURS DU XIX*' SIÈCLE , Guide de l'Amateur d'Estampes modernes, par Henri Beraldi (Sous presse.)

C'est un livre à faire. Notre siècle devient vieux, il est temps de penser à établir un commencement d'inventaire pour ses gravures.

Je sais que le seul mot de gravures ou de livres modernes me fera conspuer par les fanatiques de XVII I*" siècle. C'est déjà fait.

— Est-ce qu'il y a des graveurs, au XIX*" siècle?

— Et Desnoyers ? Et Henriquel ? Et Mercuri, Calamatta, Flameng, Gaillard ? Et Méryon, Jacquemart, Jacque, Bracquemond ? Et. . .

— Vous n'avez pas cTéléments amusants qui . . .

— Et Charlet? Et Raffet ? Et Gavarni ? EtDaumier? Et Cham ? Et Grévin ?

— Mais les illustrateurs, c'est la ce qui nous intéresse particulièrement, et vous ne pourriez pas citer. . .

— Pourtant Gigoux, Johannot, Doré, et un certain Meissonier. . .

— Il ne s'agit pas des hommes, il s'agit des livres, et vous avouerez que, sous ce rapport, notre siècle n'a produit que d'affreuses. . .

— Gare les gros mots ! Même le Béranger de Perrotin ? même le Paul et Virginie de Curmer? même la Pleïade? les Contes rémois ? les Portes de Fer ? les Contes drolatiques ?

— Ce sont des livres déjà anciens ; mais actuellement, aujourd'hui, l'art spécial de l'illustration est. . .

— Très-vivàce.

— Ah ! C'est trop fort ! Comment ! vous oseriez dire que les livres publiés par. . .

— Malheureux, pas de noms propres ! Vous êtes sur un terrain brûlant, vous piétinez sur la dynamite des personnalités, des rivalités, des jalousies ..

— Pourtant, nous voudrions bien savoir. . .

— Vous voyez bien qu'il faut reparler de cela. A bientôt, j'espère.

231. Mes Estampes, (1872-1884), Lille, Imp. L. Danel, 1884, in-i2.

C'est le présent petit livre , tiré à un très-petit nombre d'exemplaires destinés a être offerts à quelques bibliophiles et iconophiles , mes confrères et amis. Puisse-t-il leur suggérer la pensée de publier le catalogue de leurs trésçrs.

Ses dimensions exiguës empêcheront, je l'espère, qu'on ne le qualifie de prétentieux. C'est simplement une sorte de tribut de reconnaissance

f)ayé a une Collection. Livres et estampes sont non-seulement, comme e dit la devise de Pixérécourt , des amis qui ne changent jamais , mais ils donnent encore à leur possesseur, indépendamment de jouissances intellectuelles de tous les jours, l'heureuse occasion d'établir, dans le rnonde éclairé des amateurs , les relations les plus cordiales et les plus sures.

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