TOTAL GÉNÉRAL : 704 PIÈCES
•• — L'ai't do roconuaîtro sûrement une i)iste. — Les espèces. — Ti'aces diverses : sur le sol, sur la végétation basse, sur les hautes herbes, sur les arbres. — Animaux blessés. — Konseiguements tournis par le sang. — Traces de nourriture. — Déchaussures de lion et de loup. — Les fumées; leurs apparences; leurs différences. — Laissées de félins.
II. — Les parties vitales. — Conformation des félins, des ruminants et des paeh\-dermes. — Où il faut frapper selon l'endroit où on est placé, — Conseils aux chasseurs sur les différents projectiles à emi)loyer.
Il lie laul ])a.s croire, après avoir lu loul ce qui précède, (pi'il n'y ail pour tuer des animaux (pi'à se rendre dans les forèls de rAIVicpic cl à avoir beaucoup de cartouches : comme je l'ai déjà dit, au contraire, celui ({ui se promène dans la jungle pourra y rester des années et des années beaucoup de ^-cns sont dans ce cas) sans y voir autre chose cpie des arjjres, de la terre et du l'euillage. T^es aninuuix dé|)loient autant de luse pour échapper au chasseur que celui-ci doit inventer de stratagèmes pour les tuer. Il faut une existence continuelle dans les bois; on doit y passer chaque minute de sa journée, pour que tous les détails concernant les animaux et les végétaux vous deviennent familiers. En général, toutes les bêtes de ces régions sont très difficiles à chasser : il n'est pas une pièce de gibier, petite ou grande, ([ui ne m'ait cMÙté des heures de fatigue, et si, dans ces récils, pour épargner au lecteur des détails ennuyeux, je ne lui ai parlé que des résultats oblemis, cpi'il n'aille pas s'imaginer qu'ils l'ont été sans peine.
CHASSES DANS I.'.VFninlT, CEMliALE. -H
La eliaiite ne consislo, pour le eliasseur. (|ii"à se Irouvei' dans la même région que le gibier qu'il désire rencontrer. Si elle lui est favorable, tout le reste dépend de lui. C'est à son expérience, à sa sagacité, à sa patience qu'il devra la victoire : sans ces qualités, le meilleur tireur reviendra bredouille et exténué.
Il serait trop long de décrire en détail loul ce qui constitue cette expérience du chasseur; mais comme la première connaissance à posséder est celle des pistes 1 . j'en dirai rapidement quelques mots.
L'art de reconnaître sûrement une piste au premier coup d'œil est indispensable pour la poursuite du gibier dans des pays comme ceux dont il s'agit, ovi on est privé du chien, ce puissant auxiliaire que l'homme possède partout ailleurs et qui éviterait par son odorat et son instinct tant de travail et de fatigues. Malheureusement, il ne vit pas dans ces régions, non que le climat lui soit défavorable, mais parce qu'il y rencontre la tsétsé. l'eimemi commun de tous les animaux domestiques. Il y a bien des chiens indigènes qui ressemblent beaucoup à ceux que les Kabyles et les Bédouins possèdent pour garder leurs gourbis, mais ils ne sont bons qu'à attraper les gros rongeurs ou parfois les petites antilopes, quand ils les voient : ils chassent à vue. Pourtant, M. Selous, dans les dernières chasses qu'il a faites dans l'Afrique du Sud, parle de quelques chiens indigènes auxquels il tenait beaucoup et qu'il avait dressés à tous les genres de poursuite. Je n'ai jamais pu en faire autant.
Il faut donc, en général, se priver de chiens, et une grande pratique est nécessaire pour se passer de leurs services.
L'animal écrit ce qu'il est sur le sol et sur les objets qui l'environnent : il y écrit son sexe, sa taille, son allure, ce qu'il fait, le chemin qu'il suit, le moment où il passe. Il faut pouvoir lire sans hésitation tous ces renseignements cjuels que soient la nature du sol, sa résistance et le genre de végétation.
On reconnaît quel est l'animal par l'empreinte de son pied ou de sa patte. Les différents genres sont faciles à distinguer les uns des autres :
(1) Los antilopes ont teUement de ressemblance avec le cerf que je ne puis mieux faire que d'employer, dans les explications qui vont suivre, les termes adoptés en vénerie pour les signes extérieurs auxquels on reconnaît ce qui a trait au passage d'une bête en un certain endi-oit. Le lecteur qui s'occupe de vénerie me comprendra mieux, et celui qui y est étranger se familiarisera avec le vocabulaire de la grande chasse. A moins d'inventer de nouveaux termes, je n'en ai d'ailleurs pas d'autres à ma disposition.
APPENDICE. 3v»:5
les Félins, les Runiiiirtiils, les Pachydermes, les Quadrumanes, les (".aiii- (lées, les Porcins, les Rongeurs, etc. Mais dans chacmie de ces ramilles il l'aul savoir l'aire des distinctions, recomiaître si on a alTaii-e au sanulier ordinaire du au phacochcre, ;i tel ou ti'l genrcd'anlildix's parmi ci'lles ([ui ont la même taille, etc. Si on examine plus en détail les empreintes des mend)res d'une même famille et d'une même espèce, qui sendjlent identiipu^s ;i première vue. on reccuiiuiîl (piil n'y en a pas deux ([ui soient sem- Idables. Ceci est très important, car, si on n'est pas expert, on s'expose à |)rendre le change et à suivre tous les animaux au lieu de celui dont on avait vu la piste au début.
On ne lit pas seiilenieiil les traces sur le sol, mais encore sur la végétalion (jui le couvre et sur ceHe qui s'élève au dessus. Sur le std, couvert ou non de végétation, on voit les mar<pies des pieds ; sur la végétation élevée, relies du corps. L'animal sème aussi sur son chemin des indices révélaliMirs tels qu'excréments fumées, feuilles en })artie man<;'(''es, jjranches ])risées, etc.
Commençons par nous rendre exactement compte de la fornu' du pied chez les antilopes, qui forment la famille la plus importante parmi les habitants des forêts.
^'u en dessous, leur sabot se compose de ([uatre parties disliiu-les : la pointe fourchue ou pince, la partie postérieure de forme plus carrée ou talon, et les côtés qui. reliant la pince au talon, forment la ligne extérieure. Ces trois parties sont au même niveau. Au milieu des trois est la sole ou centre, qui est plus enfoncée quand le pied est en l)on étal. La sole n'est pas plate : elle aune arête au milieu plus enfoncée. Cette conformation fait alors bien ressortir les côtés, et owiei^ùxitranchants. Si, au contraire, l'animal est très vieux ou qu'il habite les régions montagneuses, le terrain rocailleux ébrèche les côtés, les lime et les fait disparaître; on les dit alors usés, parce qu'ils se confondent avec la sole.
Immédiatement au dessus et en arrière du pied se trouvent deux os saillants que l'on nomme les ergots. Ils sont assez élevés au dessus de terre chez les jeunes animaux qui sont presque toujours long jointes. .Mais, avec l'âge et la fatigue, la clieville s'affaisse, les ergots finissent par toucher terre et par conséquent laissent des marques : on dit aloi-s que l'animal a la jambe ravalée. Néanmoins, il est des jeunes animaux qui sont court jointes et marquent des ergots comme les vieux.
La marque du pied sur la terre offre donc : deux rainures en pointe plus ou moins écartées pour les pinces, une bosse avec une arête longitu-
dinalo pour la .sole cl deux iiuu'{|ucs rondes ou carréos selon l'espèce pour le talon. Un peu plus loin, derrière, se trouvent deux trous plus ou moins niar«piés provenant des erj>'ols. Les (piatre ])ie(ls sont à peu près de même taille ,1 .
Chez les Félins, la patte se compose des tloio-ls v[ du talon ou paume. Ils sont séparés ^n\v une r;timii-c prdfonde cpii s'appelle \d fossette. Les ])attes postérieures sont plus petites (pie celles de devant.
(]liez les Canidées, au bout des doig-ts et selon l'ào-e de l'animal, on aperçoit plus ou moins profondes les marrjucs des ongles. On nomme empreinte l'impression de ces dilTérenles formes sur le sol. Chez les sangliers, la pince est seule bien visible sur le sol ; elle varie de grosseur, de longueur, de pointe, selon l'âge de la bête. Le talon se voit moins bien, sauf sur un terrain meuble; les erg-ots éo-alemenl. Ou appelle traces les mai'ques du sanglier, et même quelquefois ses pieds, mais je leur laisserai le nom d'« empreintes >> pour éviter la confusion.
Les empreintes se voient naturellement plus ou moins ])ien selon la nature du sol. S'il y a de la végétation, des herbes piétinées, on leur donne le nom de foulées. Sur un terrain dur, rocailleux ou non, les empreintes sont presque nulles ; on les appelle alors des êgratigniires. Il est très difficile et très long de suivre une antilope sur un lit de cailloux. Dans la terre molle, au contraire, elles sont piquées et faciles à suivre : on dit alors f|u'il fait « beau revoir ». Dans le premier cas, il fait « mauvais revoir ».
La première chose à chercher dans une empreinte, après qu'on l'a reconnue, est sa date : les herbes froissées sont plus ou moins fanées, suivant que l'animal est passé depuis plus ou moins longtemps, la coupe du sol si petite qu'elle soit) est de même fraîche ou sèche; contient-elle de la poussière, on recherchera quand il y a eu du vent : on fait avec son pied une empreinte à côté pour juger de la différence de fraîcheur. Les fumées et autres indices ([ue nous étudierons ;i part viennent encore aider f2i.
.)e suppose que la date soit satisfaisante, (pi'il y ait à peine un inslani (pie ranimai a passé : il l'aiil savoir (pielle était son allure pour juger de la distance fju'il a ])u parcourir depuis. Au pas, la pince est fermée, le
(1) La sole est gcncralcnifiit rayce, veinée de inaniues qu'on aiipollo aran/cles, mais on ne peut les voir sur le sol qu'exceptionnellement.
(2) S'il a plu depuis le passage de la bète. la jikiie dénaturant beaucoup les empreintes, il faut rediiublcr d'attention; on dit alors que les voies sont surpluées.
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pied bien à plal I . le lùpèdc est diag'onal, le pied de dcnit''i'e est oxacloniont sur !«■ lahm di' celui d(> devant, loi-stpic ranimai nunrhc bien, c'eslà-dire de la l'aboli particulière à son espèce 2t.
Au trot, les cpialre marques sont espacées l'une de l'autre sur deux lig-nes parallèles, l'empreinte est plus profonde, le pied plus penché en avant, la pince un peu plus écartée, surtout derrière. Au galop, ou dans la fuite, les battues sont plus éloignées, le talon invisible, les pinces très (luvertes i selon les espèces^, surtout si l'animal est effrayé. Elles marcpient profondément sur le sol. la terre est projetée en arrière, et les membres postérieurs glissent souvent en chassant trop vivejnent.
Le plus difficile est la connaissance du sexe. Le mâle adulte se distingue d'abord par la taille: il marche généralement bien, tandis que les femelles et les faons ont souvent de l'irrégulai-ité dans l'allure. Chez certaines espèces, la forme du pied diffère totalement selon les sexes : chez l'éland , par exemple , le pied du mâle adulte se rapproche de celui du bufile (femelle), mais on l'en distingue aisément, surtout si on examine la piste à contre-ongle ou contre-pied c'est-à-dire en allant eji sens inverse du chemin parcouru par l'animal. Le pied de la vieille femelle ressemble assez à celui du mâle, lorsqu'elle atteint la taille de ce dernier, mais on le distingue assez aisément par le talon; en outre, elle tarde généralement dans son allure. Le tableau de la page précédente donne une idée des différentes empreintes d'animaux.
En général, les antilopes marchent plutôt sur la pince que sur le talon; les petites espèces ne posent presque pas le talon à terre, sauf à l'arrêt. iL'arrêt se reconnaît à ce que les empreintes sont à plat et j)lus profondes.) Les endroits piétines son! générah'ment ceux où l'animal a mangé. Sur un sol terreux, sans cailloux, où l'herbe est clairsemée ou par boucpiets, il faut examiner non seulement le sol nu, mais les touffes d'herbe où le pied a pu poser.
Les Félins ont de grosses pattes molles (pii s'aplatissent encore davantage en posant sur la terre et n'y laissent des empreintes que si elle est ramollie. Les gros Pachydermes sont lourds, mais ont les pieds de largeur proportionnée et très plats en dessous: ils n'cnloncent guère dans le sol que s'il est gras. Les antilopes, au contraire, ont les extré-
(1) Il faut nôaumoins se souvenir que la conformatiim du jjied de l'antilopo veut • lue la pince soit un peu plus basse et i)ar conséquent i)Uis onfuncée que le talon.
(2) Certains individus de la même famille ?rtr(/en<, c'est-à-dire impriment les pieds postérieurs en arrière de ceux de devant. On les reconnaît alors l'acilemont.
miles pelilos en propurlimi de leur (■(n-|)s. d leur poids pdilc siu- une surface relalivemeiit étroiie. ilure el anguleuse : c'est p()iir([U()i leurs empreintes sont bien marcpiées v[ visibles, alors ([ue celles des g-ros animaux qui précèdeni ('cliapitcnl ;i l'obserN alion.
Examinons uuiinlciiaiil les indices qui viennent compléter les informa lions fournies par une empreinte. Us son! de plusieurs sortes , mais je les diviserai en trois calé<>'ories : les traces sur les végétaux, les traces sur la terre (autres que les euqircintes el les fumées.
Les traces sur les végétaux sont d'ahoi-d les empreintes faites en terrain complètement couvert de végétal ion cl ipii se déforment considérablement parce que ces végétaux, après avoir cédé sous le |)ied. se relèvent plus ou moins complètement: ici. l'animal iie marche plus fpie sur l'herbe, des petites plantes, des lianes, des feuilles, de petites branches, etc. Si ces végétaux sont lendres et que l'aninial soit lourd, ils restent aplatis et pour ainsi dire incrustés dans son empreinte; mais, en général, après avoir été froissés un instant, ils se relèvent ([uoique meurtris. Ces meurtrissures sont un précieux indice de temps: par eUcs. on peut connaître le passage d'un animal à un quarl d'heure près, en en faisant de nouvelles, comme je l'ai dit, auxquelles on coiupai-e leur degré de fraîcheur; l'herbe fanée peut avoir une journée, nuiis lorsqu'elle est jaunie, elle a toujcuirs au moins vingt-quatre heures. « une rosée et ini soleil >'. conmie disent les indigènes. Ce qui précède ne concerne que des foulées dans de la végétation très basse. Dans les grandes herbes, au contraire, il est rarement nécessaire d'y avoir recours, car l'animal couche ces herbes sur son passage et quelques unes d'entre elles restent dans cette position : c'est ce que l'on appelle des abattues. Elles donnent clairement la direction et indiquent une piste du jour, car la fraîcheur de la nuit les relève (1).
Les bêtes à grandes cornes, comme le koudou, le bufile, laissent aussi des traces dans les branches à la hauteur de leur, tète : ce sont des rameaux couchés dans le sens de la marche de l'animal ou bien brisés et pendants; ils indiquent la taille de l'animal et. par le degré de fraîcheur de la brisure, le temps qui s'est écoulé depuis son passage ; on les nomme des portées.
Les félins, lions, léopards, chats-tigres, etc., aiguisent leurs griffes sur le tronc des arbres, ce qui laisse des maniues, des essais.
(Ij .V moins qu'elles ne soient couchées par de lourds animaux comme l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, ou bien par des troupcau.x, ce qui les bi-ise elles tue.
Les animaux .(|ui pcM-tleiU du san^- on niaculonl les rouilles à haulour do lour blossuro et. selon la façon dont les tacli(>s sonl laites et leur hauli'ur. on ju^'o de la taille do l'animal ot de l'ondroil où il est alloiul. Des (gouttes de sang- projetées eonnne par un arrosoir indi(|uenl qu'il esl rendu par les naseaux et (pie la bête est louoliéo aux poumons. Un gros jet de sang, do grandes taches sur toute la haulour de hi lièlo, indiquent que la grosse veine du bras est ouverte et (pie le sang coule tout le long du membre. Si la jambe est cassée, elle traîne à terre laissant un sillage ou elle fait des dégâts à droite ou à gauche. Une mare de sang inilicpio un arrêt: des gouttes espacées, une marche au pas, ou au trot selon leurs intervalles il). Les chutes de la bête, ses oIToi'ts pour se relever, la trace du membre brisé, se lisent clairement sur la V(''gétation. Une goutte de sang tous les trois ou fiuatre mètres est (ptehpiol'ois le seul indice que possède le chasseur : par exemple, sur les rochers ou bien les hautes herbes. Les animaux atteints aux intestins, au haut du foie ou de la rate, vomissent et laissent des traces de nourriture. Un gros jet de sang, une course au galop, des demi-chutes, indi([uoul une Idossnre au cœur; l'animal gît sûrement dans le voisinage (2i.
Autour d'un endroit piétiné, ou même sur une pisie au pas, on trouve des débris do feuilles et de végétaux, indiquant (|uo l'animal mangeait : ce sont des morceaux de feuilles, quelquefois mouillés de salive et échappés aux lèvres de la bêle, ou bien le reste de ce (pi'il a coupé avec les dents. L'éléphant laisse des traces jusque dans les hautes branches des arbres. Le sanglier fouille le sol de son gi-oin ou de ses Ijoutoirs. la terre est rayée, labourée; on appelle ces marques dos houlis ou eermillis. On peut domier le même nom à celles que fait le rhinocéros avec sa corne. Ces animaux ainianl à se vautrer dans la l'ange laissent leur souille (empreinte du corps) sur la boue au bord des mares oîi ils ]trennent leurs ébats; ([uand ils en sortent, ils maculent de vase les feuilles ([ui les touchent ot font ce (pi'on appelle des /loitz/ircs : ces doux sortes d'indices renseignent sur leur taille et sur le moment de leur passage.
Le lion, lorsqu'il a fait ses laissées, les enterre comme le chat, en les couvrant de terre avec la patte de devant : le lou]), avec les [»altos de dor-
(1) 11 faut nMiiar(|ucr qiio (|iiolquefois le sang cosse tout à coiip: lu blossuro pont s'être fermée nalin-elloriiout i)ar suite d'un caillot de sang, (;tc.
(2) La couleur et l'état du sang indiquent exactement le temps écoulé. Voici à peu j)rés comment on peut faire les différoucos : un quart d'heure, l'ose; luio domi-hoiiro, plus foncé; trois (piarts d'heure, coagulé; une Ikhuv, soc et foncé: le londomain, noir.
i-i("'i'i' cl vinlciniiiciil. I.'liyriic cl le léopard les laissi-iil sans s'en (iccu[)t'r (lavaiilap>: r'i'sl |)(mf(nu»i on liH)nvc lonjonrs les laissées de ei'S derniers animaux et jamais celles des antres, f.es mai'(|iies faites sur la terre [)ar le lion e| le loiip s"a|i|iellent <li's (li'clui tissures e| se disl in^iieiil l'or! Iiieii Tune de l'autre : elles in(li([nent la taille el le temps.
J'arrive aux iiidiees (pii eomplèli'ut Ions ceux ijui préeèdeul.
Les fumées sont d'une li'rande iililih' |)our contirnier les autres doimées sui' la date, riieiiie. l'espèce, ralliirc cl nitMue la réi;'ion liahilt'c ou ])arcouriic.
Les antilopes laissent des fumées nH-néralemenl l'oruK'cs de petites olives verl-foncé séparées et liicn faites. T.e idiasscur [)eul reconnaître n'importe quelle es})èce par ces indices . cai il n'y a pas deux ^-enres dont les fumées se ressend)leul.
f. es fumées dilTèrt'nl suivant la saison. Ainsi, lorscpic l'animal se nourrit de véo-élaux ni trop secs ni trop aqueux et cpie l'eau ne lui manque pas, il les l'ait déliées et bien formées; nn peu plus molles, elles se déforment légèrement, s'aplalisseid et sont alors martelées. Chez les animaux très gras et bien portants, elles sont reliées par une matière onctueuse, jaune et glaireuse . elles sont alors en chapelets. Pendant les trois ou (puifre mois de la saison des pluies, les antilopes étant pour ainsi dire an vert, leurs fumées sont conq)lclement liquides: elles se nomment en ce cas des hoiizards^ à cause de leur ressemblance avec celles du bétail; un peu plus consistantes, elles ne sont que molles ou en plateau 1 . Pendant la saison sèche, au contraire, où il n'y a pas un lirin d'iierbe vert, les fumées sont jaunes ou dorées.
Les laissées des félins sont noirâtres et mélangés de poils [)rovenanl du |telag-e des animaux qu'ils dévorent.;, elles blanchissent en vieillissant. connue nu chocolat ])ien connu! Celles de l'hyène sont d'abord jaune clair: après ([uelques jours, elles deviennent d'un blanc éclatant, à cause des os dont ces animaux foid l(Mir nnicpie nourriture. Les crottins du /èbre. du phacochère, de l'hippopolame , du rhinocéros et de l'élépliant ne dilfèrenl que par la taille; les trois grands pacliydermes ont néanmoins les marrons moins bien formés.
(]hez tous les animaux, le degré de consistance e! d'onctiutsité des fnnii''es. ainsi (pie leur couleur, indirpieiit à coiq) sûr le monu-nl où elles
(Ij Ce dcruier signe est caractéi'isliiiiio dans les t'uuiéos du hubalr: il iir les a jaiiiais autrement quolle que soit la saison.
CHASSES DANS l.'.VKIilQL F, CF.NTKVLK. '«2
ont été déposées. En las, elles indicjuent l'arrêt; semées, la marelie au pas ou au Irot. i Aucun animal ne les sème au galop, sauf peut-être le singe, mais alors f"est la IVaycur (lui les lui... inspircîl
Comme on vient de le voir, nous avons sur vnie piste d'animal de nombreux indices :
1° empreinte sur le sol,
2° emjireinte sur les végétaux,
3" marques sur les végétaux bas,
4° marcpies sur les végétaux élevés,
5° traces ou marques sur la terre (non produites par les pieds) ,
6° traces de sang ,
7° fumées.
Tout cela semble demander un long examen, mais le chasseur arrive à tout voir d'un seul coup d'œil. Sans ralentir son allure, peut-être avec une légère hésitation de temps à autre, il suit un animal pas à pas, apprenant de lui son histoire, voyant où il s'est reposé, ce (pi'il a mangé, s'il est ou non sans soiq)çon du danger, où il va et le moment auquel on va le rencontrer.
Voilà Tart de la chasse dans les pays sauvages; tirer juste n'est que le complément indispensable de cette suite d'efforts où la sagacité, l'intelligence et la réflexion font encore plus que le coup d'œil et la fermeté de main.
Une fois que, à laide des moyens que je viens de résumer, on est arrivé à s'approcher d'un animal, il est très inq)ortant de savoir comment on va l'attaquer. Dans les pays comme l'Afrique Centrale, où on peut être appelé à en rencontrer de nombreuses espèces (au moins pour quelques années encore), il est indispensable de connaître la façon de les mettre hors de combat sans perdre de temps.
Ce n'est pas au hasard, mais bien à un calcul ralsomié, (pie doit être dû le coup qui abat une bête ou la met tout au moins dans l'impossibilité soit de fuir, soit de mettre en péril le chasseur ou ceux (jui racconq)agnent. Mieux (pu' personne je sais (jue l'on n'a pas toujours ce (|ue l'on
veut; mais, supposé (pio les (.•ircttiishuiccs soient lavoraMes. il faut savdir ce que Ion va [\ùvo et j)oui'(puti ou le lait.
examinons (.l'alxii'il les projectiles ddiil ikmis disposons 1) : A'oiei d'abord la balle express, doul l'eU'et deslrueli'ui' est considérable. Relalivi'uienl légvre et poussée par luie charge de poiulre proportictnnelleinent très élevée, elle est aninii'e d'une vitesse inouïe, doù son nom. De plus elle <»sl évidi'e intérieurement sur les deux tiers de sa longueur et sur mi tiers do son diamètr{\ laissant une cavité que rem[)lit exactement un tube en cuivre creux et l'ernié, dont lextrémité vient allleui'er la surface supérieure de son vone. Que se produil-il lors(pi'elle frappe ou même touche légèrement un cor[)s résistant? Est-ce l'air enfermé dans le tube rpii est compriuK'' par r(''crasement et la fait éclalerV
Est-ce simplement lévidement (pii l'ait épanouir et émielter le projecliley On n'en sait rien. Toujours est-il que Ton n'en retrouve que de petits morceaux, que les tissus sont hachés dans un rayon de huit à dix centimètres et, que, si la balle a rencontré des os, ils sont littéralement en compote. Dans les parties molles, comme les intestins, les poumons, si elle a touché auparavant un corps dur. comme une omoplate, une cote, la balle express fait d'énormes dég-âts; tout est tuméfié, coupé, haché. Si elle sort du corps, c'est par un trou de la grosseur d'un chapeau (je parle du calibre 577, le plus gros qui ait été fait et qui é({uivaut à peu près il notre calibre 20). Si, au contraire, cette balle entre dans les chairs fermes, profondes et résistantes, et qu'elle rencontre de gros os, elle devient insutlisante vu son peu de poids et, par conséquent, son manque relatif de force vive, quelle que soit sa vitesse dans l'air. Elle s'arrête alors sans beaucoup d'effet. C'est pourquoi, chez les gros animaux, elle ne cause que des blessures insignifiantes. Aussi, en ce cas, augmente-t-elle à la fois le danger et la fatigue pour le chasseur.
Pour remédier à cet inconvénient, on fait des balles express pleines, cest-à-dire sans évidement ni tube de cuivre, et on accroît aussi leur
(1) .J'admets, bien ontcudii, que le cliasseur est fait à ses armes et qu'il tiiv juste.
résistance en ajoutant un peu Jétain au })l(»ni]j tendre qui les coniposi' un quart d'étain, trois quarts de i)lonibj. On obtient ainsi un projectile tout aussi rapide (la charg-e de poudre restant toujours proportionnellement très forte malgré la légère augmentation de poids du projectile), plus dur, plus lourd, (pii brise tout devant lui, même les plus gros os. 11 a moins d'cfTct cxitlosif: mais, clicz les gros animaux, cela a moins d"im[)()ilance <pie cliez les petits.
Après la balle express, nous n'avons plus (pie des projectiles qui nécessitent des armes de très gros calibre, tels que le 12 et le 8. Ils sont faits |)our donner à l'animal qui les reçoit un choc si formidable qu'il sutlit ([uelquefois pour les renverser. D'après les expériences que j'ai faites, j'ai acquis la conviction que ces armes étaient de peu d'utilité et que l'express muni des deux espèces de balles doiil j'ai parlé, et manié par un chasseur adroit, était suilisant pour nimporlc ([uelle chasse (1). Je n'insisterai donc pas davantage sur ces gros projectiles qui sont une souffrance pour le tireur, nu poids inutile à porter et un embarras.
Je ne m'occuj>erai donc que de la balle express expansive (à tube) et de la balle pleine. La première est excellente pour toutes les chasses aux félins (de jour) et pour les antilopes jusqu'à l'éland inclus; la seconde, pour le buffle et les grands animaux. Il y aune condition à remplir toutefois : c'est de la mettre au jjon endroit.
Voici, pour servir à ma démonstration, le dessin d'un scpielette de buflle: mais comme j'ai (h'jà dil cpi'il suffit de casser une jambe aux gros animaux pour les arrêter, nous considérerons celle conformation simplement comme étant celle des ruminants en particulier et des quadrupèdes en général; j'y ajcuile le cœur, les poumons et le foie. Nous possédons maintenant toutes les parties vitales dont la détérioration peut arrêter l'animal quel qu'il soit.
Le cœur d'abord, naturellement. Son emplacement est à peu près toujours au même endroit cliez tous les quadrupèdes; sa hauteur diffère pourtant jibis ou moins au dessus du point A ou limite inférieure de la poitrine.
C'est ionjoiirs là (|u"il l'aiil viscM', quelles (pie soient les circonstances. .V sa partie supérieure et antérieure, le cœur est enveloppé partiellement par les poumons, l'animal étant vu comme dans mon exemple. Or voici
(1) Dans les uouvolles chasses que je compte l'aire prochainement, je ne prendrai ipie deux express-rifles et je laisserai en Fi-ance les armes (5noi-mes dont j'ai parlij dans ce livre.
la lij^iiL' AB ([iii iiidi(|iu' le ((iiliuMlu (.nvur au poiiil (). Si (Ui loiu'lic un 1)011 plus liaul cl sur la lurnu' ]ij;n(> on niaïKjue le cœur, mais on allciul les i)oumons, autre partie vitale essentielle, mais qui, une fois perlbrée, l)eut laisser quelquefois une heure de vie enecn-e à l'animal. I^lus haut, (le V à G, c'est la colonne vertébrale que l'on touçli(>: coup fatal à n'importe (|uelle bcte et ipii la jette instantanément à Icrrt', la laissant désormais impuissante à se relever.
Si, au lieu d'aller tro]) haut, notn^ halle dévie lalcralcmcnl. nous suivons à peu ])rcs la lio-nc (ID et nous avons la chance de IoucIut, à droite.
Squelene de hiiHle.
les i)oumons, à gauche, l'aorte (plus sensible encore (pie le cœun, les poumons ou la pointe de l'épaule.
On voit qu'en visant au cœur on a, dans celle région de nondjreuses (hances: mais il arrive souvent que l'animal soit en partie caché par de la végétation et <pie l'on ne voie i)as le milieu du corps. iJans ce dernier cas, si l'animal est vu de i)rofil, les coups dangereux pour l'animal sont en H, I, .1 et K, toujours sur l'épine dorsale, ce qui le renver.se délinitivemenl. S'il est vu de tlci'i'iére et s'il ne montre (pie la crou|)e, les points L et M le font asseoir pour toujours. De face, il y a le cou cl le poiti'ail, (piand on les voit; mais on n'en est jamais sur.
Chez les gros animaux, je le répète, les atteintes en P et Q sont siiHisantes. Ceux dont la taille est inférieure à celle de l'éland l'aient tout aussi vite sur trois jambes (|ue sur (juatre.
Chez les félins, X est fatal : en cet endroit, une balle express [h tube immobilise le plus gros lion : il tombe comme une masse. Les omoplates ('t, par conséquent, les miMnbres antérieurs! sont brisées ainsi cpie Fé- ])ine dorsale. Chez les gros animaux, il faut une balle pleine, car leurs os sont très gros et la masse des chairs est considérable.
K est aussi très bon chez les félins, mais il est excessivement diflicile d'atteindre ce point : un pouce d'écart et on manque. Ce sont de ces coups comme P, Q, R, S, T, L', (jue l'on ne fait que par maladresse.
Le dernier, par exemple, U, égorge la bète et, s'il coupe la carotide, c'est comme s'il atteignait les poumons.
.le dois dire cependant ([ue, lorstpi'on ne peut voir le cœur, le cou est uno partie excellente chez toutes les antilopes jusqu'à la femelle de l'éland incluse (il. Celle-ci tombe raide morte, comme foudroyée, par une balle au milieu (mais bien au milieu) du cou.
Il est évident que l'on peut atteindre un animal dans cent antres parties du corps, mais c'est de la pondre perdue. Je n'ai signalé que celles qui rendent immédiatement, ou tout au moins à bref délai, le chasseur maiti^e de l'animal.
Ces quelques notes donnent une idée des connaissances que doit ac- (piérir un vrai chasseur; je souhaite qu'elles soient utiles au lecteur el je prends congé de lui pour m'en retourner à mes forêts, à mes broussailles et à mes vieux fusils (2).
(1) Le mâle a les chairs du cou trop volumineuses ainsi que le buffle. (■■i) Depuis que ces lignes ont été écrites, BL Foà est, comme on sait, retourné dans l'Afrique Centrale à la tète d'une nouvelle expédition. (Note de VédUeur.)
Mesures à poudre, Ijalles et liracclels iiitliséiics des chasseurs d'clciilianls.
.M. Edouard Foà Fioutisiiioc.
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Un campement au Traiisvnal 21
Tète de l)uslil)uck -ia
Tétc d'cland du Cap -2'
La fusec sillonna l'espace (runc liaiiici;
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