ACTE II, SCENE II
La noblesse encor passe! — Et puis c'est la noblesse...
Mais ne voilà-t-il pas aussi quo je me laisse
Aller à deviser ; or, tout on devisant,
On ne fait pas l'ouvrage, et, ma fine, à préseut
(Avec un soupir.) (A Isabeau.)
La misère est si grande !... Enfin ! — Voyons, la belle,
Approchez, mettez-vous là, sur cette escabelle ;
J'ai la vue un peu basse; — encor plus près. — Je veux
Examiner comment sont noués ces cheveux ; (A Agnès.)
C'est bien. — Et toi, là-bas ; voyons cette ceinture :
Qu'est-ce ? qui m'a baillé pareille créature ?
Qu'on aille incontinent me rattacher cela,
Et qu'on ne vienne plus dans ce costume-là. (A Geneviève, qu'elle a examinée ensuite.)
C'est bien. — Un mot pourtant. Vous êtes dans l'usage
De regarder toujours le monde en plein visage ;
Et vous louchez! Baissez donc les yeux, c'est moins laid,
Et cela donne un air d'innocence qui plaît.
(Apercevant une femme qui se cache derrière les autres.)
Mais que vois-je là-bas? Oses-tu bien, pécore,
Après un pareil trait, te présenter encore ?
(Se tournant vers les autres.) Il faut que vous sachiez qu'hier soir je reçois Un saint religieux du couvent Saint-François : Moi, croyant bien lui faire un cadeau, je présente Celle-ci, qui lui semble éveillée et plaisante ; Il la prend : moi, je sors. — Bon. — Mais quand le frocard Veut s'approcher un peu pour causer à l'écart, Est-ce que ma Toinon ne s'est point avisée De tomber en syncope et crier la nausée, Et, pour un capucin qui sent un peu son fruit, De remplir ma maison de scandale et de bruit?
150 LA MORT DE FRANÇOIS 1er
Si bien que de ce coup la pauvre Scholastique En a manqué la vente et perdu la pratique. Croyez-vous que cela peut se passer ainsi? Non, non, par tous les saints! — Allons, sortez d'ici.